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Attentats et interventions: La sacralité de la guerre au détriment de la sacralité de la vie

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Abdalrhman Ismail / Reuters
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Plusieurs attentats se sont réalisés à plusieurs endroits dans le monde et récemment en France et en Allemagne. Il n'est plus question de se limiter à des attentats à la bombe, dorénavant, un camion ou une hache peuvent être considérés comme tels surtout qu'ils sont revendiqués par la suite, par le groupe État Islamique.

Ces derniers nous imposent à différents endroits et moments, la mort de dizaines et même plus, de civils, mais aussi des centaines et des milliers de blessés, toujours des civils. Nous observons donc que c'est par le bas que les meurtres s'effectuent et au nom de la folie qui s'impose comme étant, depuis plus de dix ans, islamique.

Si pour les simplistes, l'islam et les musulmans sont le problème, force est de constater que la majorité des victimes sont des citoyens de confession musulmane, que cela soit à Bagdad ou même à Nice. De plus, il s'avère qu'en réalité, les problèmes sont bien plus liés à de la politique qu'à de la spiritualité, à de la violence qu'à une croyance.

Un exemple concret est la cohérence religieuse de l'État Islamique et de la monarchie saoudienne, mais qui n'empêcha pas les membres de l'EI d'attaquer sur le sol saoudien, qui plus est, dans la ville "sainte" de Médine, pour des raisons de divergences politiques.

Les revendications des meurtriers seraient à l'encontre des gouvernements impliqués dans une coalition de guerre contre le terrorisme, un terme qui ne se limite pas à un profil en particulier ni à des endroits précis, puisqu'à l'heure d'internet et des réseaux sociaux, il suffit à toute personne attirée par cette forme de violence de le faire au sein du pays et de la ville dans lequel elle vit.

Les morts de civils seraient donc pour atteindre les gouvernements impliqués dans des guerres. Il est également important de souligner que ces mêmes dirigeants qui dénoncent ces attentats font également partis de ceux qui tuent des innocents.

En effet, plusieurs associations humanitaires ont dénoncé le fait que lors de plusieurs interventions, en Syrie notamment, on se retrouve à, en réalité, tuer bien plus de civils que de terroristes, bien plus d'enfants que d'intolérants.

Lors d'une dernière intervention par la coalition en Syrie faisant au moins 56 morts de civils, l'AFP demandait des explications à ce propos, la coalition n'avait pas de commentaire à faire à ce sujet.

Il s'agirait d'une "erreur" de la part de ces militaires, mais il est consternant d'observer la multitude de ces erreurs lors d'interventions du "haut" sur, toujours, des citoyens qui subissent déjà, les attentats de groupes terroristes. A combien d'erreurs pouvons-nous penser qu'il s'agit d'une volonté délibérée de tuer des civils?

Le constat est réellement inquiétant: les civils se font attaquer par des terroristes mais aussi par les gouvernements.

Plus que cela, les attentats du bas impliquent des directives et restrictions politiques du haut qui concernent à nouveau les citoyens.

Il y a très clairement deux problèmes aux populations contemporaines: le terrorisme mais aussi, les décisions politiques. Il serait grand temps, que nous, citoyens sans défense, nous nous en rendons compte afin de trouver une alternative à cette sacralité de la guerre au détriment de la sacralité de la vie et pour, au moins, les prochaines élections.

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