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Un air de Split 79, ou je délire ?

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FOOTBALL ALGERIA RIO
Anadolu Agency via Getty Images
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Personne n'a parlé d'une médaille algérienne en football à Rio. Du bon sens. Cela se passe sur le continent le plus dingue du football. Le plus talentueux aussi.

Passé l'instant lyrique d'une qualification inattendue, la FAF a tôt fait de lâcher l'affaire : pas de renforts en pros U23 confirmés - style Nabil Bentaleb (Tottenham) ou Yazid Benzia (Lille) .Pas de joker star comme le Brésil qui a négocié, avec son employeur, la venue de Neymar. Elle a maintenu le suisse Schurmann au poste de sélectionneur malgré une série interminable de revers en matchs de préparation.

Cohérent. L'idée était de jouer, d'apprendre, et de perdre avec ses armes du moment. C'est fait. L'Algérie est éliminée au soir de son second match. Impossible de faire plus vite. C'était écrit. C'est peut être d'ailleurs cette absence de pression sur la sélection olympique qui explique l'autre partie de l'histoire.
Pas écrite celle là.

Les Algériens ont été bons. Ils ont dominé techniquement l'Argentine. Ce n'est pas rien. Ils avaient déjà fait le spectacle contre le Honduras. Ce n'était donc pas un hasard. Ils ont beaucoup tenté, ont marqué trois buts ; et se sont crées d'innombrables occasions. Ils auraient pu tout autant totaliser quatre ou six points après les deux journées que le zéro pointé qui solde leurs deux matchs.

Que s'est t'il donc passé ? Des défaillances individuelles bien sur. Celle du gardien Chaal face au Honduras fait encore le bonheur des réseaux sociaux. A nouveau pataud sur le 2e but argentin. Ou encore celle de l'axial Abdellaoui connu pour ne jamais couper son élan lorsqu'il est en retard sur le ballon. Deuxième carton jaune annoncé à 2 contre 1 par les bookmakers de Londres à un moment ou l'Argentine ; en infériorité numérique, vacillait après l'égalisation de Bendebka. Regrets inutiles. Les vestiaires de la planète en sont hantés.

Non ; ce qui s'est passé à Rio en ce mois d'août 2016 va bien au delà. Au delà d'un micro diagnostic de poste sur le thème de la sous-formation des gardiens qui ne se trouent pas, ou des arrières qui défendent sans faire de fautes grossières. Les Olympiques Algériens sont parus foncièrement capables de passer au second tour et de refaire le coup de la coupe du monde 2014 sur ces mêmes latitudes tropicales. Et cela change presque tout le film.

La FAF a t'elle eu tort de faire profil bas ? A t'elle fait une grosse erreur d'appréciation en manquant d'ambitions dans ce tournoi finalement très ouvert ?

Malgré le succès, Mohamed Raouraoua subit depuis 8 ans un reproche redondant. Celui d'avoir opté pour une équipe nationale A offshore. Moins de 20% de joueurs formés dans le championnat local. Le président de la FAF a choisit avec les olympiques de faire le pari inverse. Neuf rentrants sur onze face aux argentins jouent dans le championnat pro d'Algérie.

Il y avait, au plus fort de la domination des verts sur l'Argentine à la fin de la première mi-temps ; une fulgurante réminiscence au dessus du stade olympique de Rio de Janeiro. Split 1979. Ce moment fondateur d'une génération étincelante ou l'équipe algérienne a malmené la grande sélection Yougoslave hôte des Jeux méditerranéens. Avant de s'incliner 3 à 2.

Les jeunes Merzekane et Belloumi étaient sur le terrain. Trois ans plus tard ils battaient la RFA en coupe du monde. Que leur a t'il donc manqué à Split pour allez au bout du tournoi ? La même chose que ce qui a manqué à Benkhemassa , Bendebka et les autres, ce dimanche face à l'épouvantail argentin : la pleine conscience de leur talent. Ils ne se savaient pas aussi bons.

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