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Spartakus ; gagner l'éternité sous l'emprise d'un gros braquet

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kristin armstrong rio

La main invisible des cieux est entrée en action ce mercredi de pluie à Rio. Elle a fait gagner des partants à la retraite. Des "anciens".

Le premier est un cyborg. Il se dit que tout a commencé à cause de lui. Ces contrôles bizarres du cadre des vélos avec un détecteur électromagnétique. Les vélos des cyclistes cacheraient des micros moteurs électriques. On n'en a, bien sur, jamais trouvé. Nulle part. Mais la légende est belle. Pourquoi lui ? Parce que tout le peloton le dit ; son sillage est un martyr. Une moto.

Fabian Cancellara est le plus grand rouleur de ces dix dernières années. Il peut emmener des braquets de bodybuilders sur des relais interminables. Cela a fini par lui valoir le sobriquet le plus populaire du cyclisme moderne : Spartakus. Plusieurs fois champions du monde et Médaille d'or du contre la montre (CLM) à Pékin, il rêvait reconquérir ce titre pour sa dernière grande course. Petit handicap, ses 35 ans.

Le chef charismatique de l'insurrection des gladiateurs esclaves a manqué ses deux premiers grands objectifs de sa saison terminale. Une grande classique du printemps et l'étape du tour de France qui finissait chez lui à Berne. Sur le tour, il a même été assez décevant dans son exercice favori de rouleur, le contre la montre (CLM). Il n'arrivait donc pas en favori sous les tropiques.

Rio se préparait à un duel entre le britannique Chris Froome et le néerlandais Tom Dumoulin, qui s'étaient partagés les deux CLM du Tour en juillet. Ils se sont livrés à un grand duel sur 54 km seuls face au chrono. Les deux meilleurs temps sur la ligne d'arrivée. Derrière Spartakus.

Le Suisse a fait parler sa puissance sur les grandes sections plates ou il faut enrouler du très lourd pour fondre l'air à plus de 45 km/heure de moyenne. Apothéose pour une carrière de forçats. Avec le petit coup de pouce de la main invisible.

A mi-parcours c'est l'australien Rohann Denis, outsider, qui était entrain de réaliser la sensation en réalisant le meilleur chrono à mi-parcours, précédant Cancellara de 24s. Il a ensuite cassé son guidon et a perdu un temps précieux à changer de vélo.

Tom Dumoulin, le dauphin de Spartakus, avait lui subit la manipulation céleste des gardiens de l'Olympe dès le 22 juillet dernier. Chute à 03 jours de l'arrivée du Tour de France et fracture au poignet gauche. Sa consolidation était inachevée au départ du CLM olympique. Les dieux de l'Olympe ont penché pour les anciens.

Un autre signe ? Le contre la montre dames, deux heures auparavant. La néerlandaise Ellen Van Dijk, 29 ans, aurait du le remporter. Elle est tombée sur la chaussée et a perdu un temps fatal au décompte final. 22 secondes au profit d'une retraitée de retour. Kistin Armstrong, maman de 42 ans. C'est la seconde protégée de la main invisible.

Elle est surtout la grande spécialiste du contre la montre, couronnée d'or à Pékin et à Londres. Spartakus en jupon. Sans grand repères chronométrés cette saison. Normal, elle ressortait, à nouveau de sa retraite. Effondrée en pleurs sur la ligne d'arrivée détrempée, son bonheur insoupçonné est l'image du jour. Elle est championne olympique pour une 3 e fois pour seulement 5 secondes.

C'était bien le jour des anciens sous ce ciel lourd des jeux. Pas de tous les anciens. De ceux qui, compacts sur leur ligne de vie, en fondent l'air jusqu'à suspendre le temps, les secondes. Le Dieu de l'Olympe les reconnaît. Il leur offre l'éternité.

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