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Rio 2016 est terminé, ne surtout pas tourner le dos à l'écran

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cameron spencer

Les jeux olympiques de Rio 2016 peuvent s'arrêter. Ils ont tout réussi. Vraiment. Éteindre la flamme et disperser la foule. Revenir en cycle diurne pour l'humanité de l'écran autour du GMT. Rien ne sera équivalent à Phelps et Bolt. Récit anthologique augmenté. Plus que la réalité du Pokemon Go. Personne ne pleure devant Pikatchu.



Quoi écrire de plus fort d'ici à dimanche prochain ? Le 3e titre olympique promis à Usain Bolt sur 200 m et sur le relais 4X100 m ? La revanche du Brésil sur l'Allemagne en probable finale du tournoi de football et la fin du sortilège de Maracana ? Rien. Tout est dit.

La faute pas seulement aux deux divinités incarnées du sprint et de la nage. Deux africains, une femme puis un homme, ont offert une dimension cosmique à ces jeux. Et ont contribué à épuiser le stock d'émotions de la planète. En renversant deux totems géants de la ruée de l'espèce vers la performance bio-motrice.

Le 100 m, le 400 m et le 10 000 m sont les critériums-marqueurs de la progression locomotrice de l'Homme. Vitesse pure (100m), résistance pure (400m), mixte absolu enduro-résistance (10 000m). Bolt ne pouvait plus approcher ses 9.58 irréels de Berlin 2009. Personne n'a, alors, pensé que les deux autres Everest de la course à pied était, en 2016 en terre païenne pour l'athlétisme, sous la menace d'une conquête du 3e type.

L'éthiopienne Almaz Ayana, 25 ans, a fini de détruire un archaïsme tenace sur la force-résistance des femmes dans les courses de fonds. Son chrono post-générique de 29m 17s réduit brutalement l'écart entre les genres.

Le sud-africain Wayde Niekerk, 24 ans, a évolué sur la même échelle de l'évolution. A 3 centièmes de passer sous les 43 s, il a reconfiguré la classification du tour de piste. Une course de vitesse ou l'avenir appartient à ceux qui, comme lui, peuvent passer sous les 10s au 100m et sous les 20s aux 200m. Mutation génétique. Qui efface des tablettes Michael Johnson, Dieu vénéré de la distance une décade durant. On ne s'y attendait à ces jeux de Rio.

Les deux africains qui ont fait progresser le genre humain cette semaine dans l'enceinte olympique n'étaient pas des stars avant les jeux. C'est le bonheur de Rio de les avoir offert à la postérité.


Il y'a quatre ans, le stade olympique de Londres n'a eu droit qu'a un seul record du monde in vivo. Le dernier jour au relais 4X100 dames, grâce aux américaines. Avec Ayana et Nierkek, Rio 2016 est comptablement au delà de Pékin 2008 et les 9s69 de Bolt sur 100m. Symboliquement aussi.

Alors faut il prendre au pied de la lettre ce blog et revenir à une activité normale ? Surtout pas. Ce sont les jeux olympiques. C'est à dire le continent du sublime. Perdu et retrouvé tous les quatre ans. Rio 2016 est réussi. Il peut encore y arriver quelque chose d'une autre nature. Que l'on ne sait pas.

A Rome en 1960, Abebe Bekila un éthiopien aux pieds nus a électrocuté le monde, en remportant dans la pénombre le marathon. L'Afrique est née aux jeux. A Mexico en 1968, deux étudiants noirs américains ont tutoyé le ciel de leurs poings noirs. Le monde a ouvert les yeux sur le racisme. Rio 2016 n'a pas encore inventé son choc supra-olympique. Ne surtout pas tourner le dos à l'écran.

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