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Le Darwinisme équitable des Jeux Olympiques va passer par Oran en 2021

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samba rio 2016

Tout est dans le symbole. Dans sa fête de clôture, Rio 2016 est revenu au tout début de l'Homme pour dire Adieu au monde. Un Kenyan sacré au Marathon. Vallée du Rift en réminiscence. Ce n'est plus la course mythique de l'Antiquité, c'est le long chemin de l'humanité depuis qu'elle s'est redressée vers la station debout.

L'institution des jeux olympiques est la plus forte du monde moderne. Elle fait semblant d'évaluer les Nations. Elle mesure l'Homme. Sa mutation. Son bond à la tête du règne animal. Aux Nations Unies, la Russie ne peut être sanctionnée de rien du tout. Au CIO, elle est privée d'athlétisme parce qu'elle a "souverainement" triché sur la mesure de la performance de l'Homme.

Isenbayeva, Bolt ou Phelps sont revendiqués par l'Espèce. Ils donnent aux jeux olympiques la teneur d'un rendez vous darwinien. Où la sélection est plus subtile que dans la jungle primitive. Il ne suffit pas d'être le plus rapide, le plus fort, ou le plus agile. Il faut être aussi cent autres qualités. Le plus intelligent, le mieux préparé, le plus collectif, le plus solidaire, le plus audacieux. Le plus olympien surtout.

Le tableau des médailles ne ment pas. Il décrit l'inflexion équitable du darwinisme olympien. 32 nations seulement figurent au palmarès des jeux de Tokyo de 1964. Les jeux y retournent en 2020 avec 78 nationalités différentes médaillées à Rio. Cela va bien plus loin que l'effet d'éclatement de l'ex URSS et ex Yougoslavie.

La performance olympique convient à la diversité des peuples. Bien sûr, elle consacre d'abord les plus riches. Mais seulement parce qu'ils sont attractifs pour les autres morphotypes humains. Mo Farah, le Somalien, fait triompher la Grande Bretagne qui termine devant l'Allemagne au tableau des médailles, parce que plus mélangée qu'elle.

La belle variété des disciplines donne une chance à tous. Sous toutes les latitudes. Aux vifs, aux coordonnés, aux cérébraux, aux explosifs, aux amphibies, aux montagnards. Même aux suicidaires du 50 kms marche sous 34 degrés.

Aux JO, la planète entière rencontre, au détour d'un zapping, son moment d'identification singulier. Un cousin générique. Sous les traits d'un boxeur cubain qui vole, d'un haltérophile Kazakhe qui danse, ou d'une gymnaste chinoise qui pleure.

42 records du monde ont été battus à Rio de Janeiro. Le genre humain a encore repoussé ses limites. Ces icônes sacrées, Bolt et Phelps, n'ont pas, eux, dépassé leurs marques. Mais elles ont délivré un autre message. La très haute performance peut être stabilisée au delà d'une décennie. C'est le progrès de la longévité qui est ainsi offert à la sélection Darwinienne.

A Rio, les riches ont délocalisé les JO chez un émergent pour la seconde fois depuis l'expérience de Mexico 1968. Leurs médias ont prédit le pire. Ils ont eu tort. Les brésiliens ont fait les jeux avec leur apport à la diversité. C'est à dire avec la passion du mélange, de la musique et de la joie. La séquence "habitée" de Samba qui a rallumé la flamme olympique aussitôt éteinte valait à elle seule le choix de Rio 2016.

La sélection des organisateurs est beaucoup moins équitable que celle des sportifs. Les jeux olympiques devront suivre le chemin du tableau des médailles. Entrés sur les nouveaux territoires du monde qui s'équilibre. Venir en Afrique du nord dans les 28 prochaines années. En attendant, Oran reçoit la Méditerranée en 2021. Les grands destins débutent ainsi.

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