Huffpost Algeria mg
LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Ihsane El Kadi Headshot

Koch, Isinbayeva ; la cosmologie du stade olympique de retour le vendredi

Publication: Mis à jour:
Imprimer

isinbayeva

J'ai débuté ma carrière de journaliste en interviewant Marita Koch à Alger. Une page entière sur Algérie Actualité. C'était au début de l'année 1984. Les Allemands de l'est (RDA) profitaient de l'hiver doux des pays amis pour peaufiner la préparation foncière de l'intersaison. Enjeu particulier cette année là. Les JO de Los Angeles.

Marita Koch était inaccessible à ce moment de sa carrière, la plus prestigieuse pour une athlète européenne à ce jour. Grande prêtresse du sprint long, championne olympique en 1980, quatre fois championne du monde, elle a trusté les records du monde du 200m et du 400 m préfigurant le modèle masculin de ce type de sprinter, l'américain Michael Johnson.

Profitant de la bonne traduction de mon frère, alors étudiant en Allemagne de l'ouest, j'ai cherché à comprendre les secrets de préparation des sportifs est-allemands et de leur figure de proue, Marita Koch. C'est alors que son entraîneur, et futur mari Wolfang Meier, nous a sorti une citation de Karl Marx « transformation dialectique de la quantité en qualité ». Explication de texte : c'est une quantité surhumaine d'entrainement qui permet de descendre sous les 48 secondes au 400 m (dames).

L'actualité de Marita Koch est tellement ressemblante à celle d'une autre étoile brillante de l'athlétisme mondial : Yelena Isinbayeva, la belle impératrice russe du saut à la perche. Elle est exclue des jeux de Rio de Janeiro.

Marita Koch n'a finalement pas profité de sa préparation algéroise (un mois) pour le rendez-vous olympique. Le bloc soviétique a décidé ; à LA 1984, de rendre la monnaie de la pièce aux Américains qui avaient organisé un boycott occidental des jeux de Moscou quatre ans auparavant (pour cause d'envahissement de l'Afghanistan). L'exclusion de la Russie par la fédération internationale de l'Athlétisme à Rio 2016 n'est pas politique. Moscou a été prise en flagrant délit de commerce organisé du dopage. Et le reconnaît.

Mais Yelena Isinbayeva, se préparant à l'étranger, n'était pas dans ce réseau. Elle a lancé le mouvement des athlètes russes propres. Trop tard. Elle ne sera pas à Rio malgré ses 4,90 m meilleure performance de l'année réalisée le 21 juin dernier. Tout comme pour Marita Koch, la machine des nations, et des blocs, a été impitoyable.

Il y a deux récits dans les jeux olympiques. Celui de la première semaine et celui de la semaine de l'Athlétisme. Qui s'est étendue à 9 jours. Expansionnisme souverainiste. L'imaginaire des jeux est ciselé en premier dans l'arène de l'athlétisme : le stade olympique. Une autre cosmologie débute donc ce vendredi. Hantée de chevauchées fantastiques et de lévitations étourdissantes. Le spectre du dopage ajoute un ton de couleur à cet univers.

Marita Koch était-elle comme Yelena Isinbayeva un contre-produit du système est-allemand du dopage ? Son record du monde du 400 m (47,60) est toujours une marque intouchable depuis le 6 octobre 1985. Le second plus vieux record du monde de l'athlétisme. Un mystère dans l'enceinte olympique ? Non. J'ai vu s'entraîner une matinée entière Marita à l'annexe du 05 juillet. Je comprends.

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.