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Bouraada, Neymar : le stock des émotions des jeux est infini

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Dans la sensation, il y a toujours une Révolution. Elle n'a pas encore eu lieu à Rio. Les chinois remportent le tennis sur table. Usain Bolt les courses de sprint, et les Etats Unis sont injouables au Basket masculin. Pourtant depuis que les professionnels ont le droit de concourir sous la flamme olympique, la place émotive de la surprise absolue a grandit. En attente qu'elle survienne.

La plus grande surprise sportive de RIO 2016 est donc encore devant nous. Pour les brésiliens elle a sans doute déjà eu lieu avec le saut éternel de Thiago Braz Da Silva à la perche. Pour les Algériens elle pourrait prendre la forme simple d'une médaille olympique pour Larbi Bouraada, magnifique recordman d'Afrique du décathlon. Pour cela il devrait battre son record personnel sur les dix épreuves comme il l'a, semble t-il fait, ce mercredi matin sur le 100m.

La Révolution, renversement de l'ordre établi, est fille du rêve romantique. Elle ne se produira sans doute pas au décathlon. Mais elle va vivre dans l'air de Rio jusqu'à l'extinction des lumières. Pour le monde elle se cherche un lieu. Pour exploser son onde sismique fertile d'un nouveau monde. Un marathonien indien ? Une triathlète apatride ? Ou plus prosaïquement une défaite de la sélection NBA US qui confisque l'or du basket ? Le podium des surprises est impénétrable. Reste celui des émotions.

Les médaillés olympiques n'ont pas toujours pleuré en public. Vraiment pas. Jesse Owens aurait pu en 1936 dans le stade olympique de Berlin. Ses victoires avait de quoi soulever un continent de souffrances. Non. Les JO étaient importants. Pas plus. Aujourd'hui tous les vainqueurs où presque verse une larme. Les trémolos dans la voix et les yeux humides identifient le champion. Ou le médaillé surprise.

Les larmes du champion ne sont plus le moment rare de l'enfance face aux premières images des JO. Les premières larmes de joie que j'ai vu à la télévision dans le sport étaient en noir et blanc. Colette Besson lauréate improbable du 400m en athlétisme au bout d'une dernière ligne droite venue d'ailleurs. C'était à Mexico en 1968 et le début de la mondovision. Un conte de fée soixante-huitard. L'activité lacrymale s'est débridée depuis. Un peu plus à chaque olympiade.

Les émotions que déclenchent les jeux olympiques sont uniques. Un podium olympique est un long sacrifice séculier. Les sportifs ont réussi à le partager avec le grand public. Interviews, reportages, documentaires : le long et obscur chemin qui conduit à l'éblouissement olympique n'est plus un secret. Consécration ou échec en deviennent viraux. L'empathie se mondialise. Réseau émotif. Donc sans bornes.

Quelles sont donc les larmes qu'il faudra retenir dans l'album en devenir de cette olympiade ? Celle qui seront liées à la surprise sportive la plus sensationnelle. La plus emblématique de la fin d'un ordre.

Ce sera donc les larmes de Neymar, médaillé d'or du football, il aura brisé, avec ses coéquipiers de la sélection olympique, la malédiction du pays organisateur qui sévit sur le Brésil depuis la construction du Maracana pour la coupe du monde de 1950. Il faudra pour cela battre le Honduras et peut être un finaliste lourd de traumatisme : l'Allemagne. Le stock des émotions des Jeux est infini.

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