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Bouraada- Mahor Bacha, le superman de l'Afrique est fabriqué en Algérie

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larbi bouraada

Avec 14s15 aux 110 haies ce jeudi matin, Larbi Bouraada a battu son 5e record personnel sur 6 épreuves du Décathlon. Cela ne lui suffira sans doute pas pour revenir sur le podium. Le meilleur décathlonien d'Afrique a un point faible. Les épreuves de force. Celle du poids l'a proprement coulé au premier jour des travaux d'Hercule. 21 e avec un jet à 13m78 qui ne lui a rapporté que 715 points lorsque le 1er en a obtenu 836 grâce à un jet à 15m76.

Avec le disque et le javelot au menu de ce 2 e jour Larbi Bouraada ne sera pas à son avantage. Il va surtout batailler pour préserver sa 5 e place après six épreuves. Le 1500m final devrait lui permettre de regagner des points sur la concurrence. Au milieu la perche décidera de la taille de son exploit.

Entendons nous bien. Larbi Bouraada est dans une autre dimension de l'exploit. Celui qui survient en Terra Incognita. Les épreuves combinées dans l'athlétisme sont la discipline des nations riches. Celles qui ont le PIB, les équipements, les ressources techniques, et la culture sportive qui, mélangés, permettent de produire des supermen. Autour de lui dans le top dix les bannières d'un club fermé : USA, Allemagne, France, Canada, Australie, Belgique. Le Brésil et l'Ukraine font figure d'intrus.

Le décathlon est, avec le triathlon, la nouvelle vitrine sophistiquée de la mutation humaine. Elle déplace le curseur dans le règne animal. Elle combine les qualités de base de l'espèce avec les acquisitions de l'homme. Comme le bâton de perche qui permet de monter si haut. Le décathlon est incompatible avec le mode meeting de la Diamond League. Son exécutoire est univoque. L'arène olympique. Celle du championnat du monde accessoirement.

Pour toutes ces raisons, le festival Bouraada au concours de la Hauteur dans la soirée de mercredi, restera l'autre grand moment algérien de ces olympiades en dehors de celui de Taoufik Makhloufi. Un moment spécial. Ou un double drapeau algérien bien placé dans le champ des caméras a donné une signature visuel à la succession de sauts époustouflants du superman de l'Afrique. Seul survivant de la série A, ou se trouvaient l'américain Eaton et les autres favoris. Tous passés à la trappe. Quand l'Algérien enchaînait lui, devant des commentateurs stupéfaits, les barres de 2m 04, 2m07, puis 2m10.

La 5e place après six épreuves est tout sauf anodine. Il y'avait 32 engagés mercredi matin au Décathlon olympique. Larbi Bouraada a toujours été dans les dix premières place s'il n'y avait pas cette maudite épreuve du lancer du poids. 4e au 400 m, 5e au 100 m et à la Hauteur, 8e à la longueur. Un dosage bionique d'explosivité, de résistance, et de félinité. Il est en avance sur son record d'Afrique de 8 461 points. Il lui avait valu il y'a un an la 9 e place aux championnat du monde de Pékin. Terre Inconnue ? Larbi Bouraada est un conquérant du troisième type.

A 28 ans, il domine son art depuis six années déjà. Si le décathlon célèbre l'athlète le plus complet, il est bien le superman de l'Afrique. Il fait surtout entrer son continent sur cette Terra Incognita des Nations riches. Il le doit aussi à un technicien taillé dans la même roche. Ahmed Mahor Bacha, lui même décathlonien consacré en Afrique et transmetteur hors pair d'un savoir faire rare et précieux.

Le tandem Bouraada-Mahor Bacha donne envie de croire à un génie algérien compétitif au niveau le plus élevé. Une combinaison de talent brute et d'expertise laborieuse. Le clonage des formules n'est pas interdit par le CIO.

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