Huffpost Algeria mg
LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Ihsane El Kadi Headshot

Benchabla face au Boxit et au sortilège caché de Hocine Soltani

Publication: Mis à jour:
Imprimer

hocine soltani

Il s’appelle Joshua Buatsi. Il a 22 ans, il est britannique. Il menace l’Algérie de Boxit. Sortie de l’Algérie du tournoi de boxe. C’est lui qui se dresse sur le chemin de Abdelhafid Benchabla (81kg). L’avant dernier boxeur algérien encore en course à Rio de Janeiro avant l’entrée en lice de Mohamed Flici (52kg)

Le sort de la participation algérienne aux jeux olympiques se résumait en deux grands itinéraires. Celui des boxeurs et celui de Makhloufi. Le reste aurait été divine surprise. Voilà que le destin s’est étranglé. Des huit boxeurs de la délégation algérienne, deuxs peuvent encore rapporter une médaille. Premier Verdict ce dimanche à 15h45 heure d’Alger.

Au début du week end, ils étaient encore trois à pouvoir le faire. Réda Benbaaziz, est arrivé au combat clé des quarts de final, dans la catégorie des 60 kg. Vendredi soir, il a été dominé à l’unanimité des trois juges par le mongol Dorjnwambuu. Le boxit dz se dessine donc au bout des gants d’un britannique.

Le boxit dz tient donc au bout des gants d'un britannique.

Abdelhafid Benchabla, 29 ans, arrive avec plus d'atouts devant ce seuil des quarts des finales qui conduit automatiquement aux médailles. En boxe, les deux perdants des demi finale sont récompensés par le bronze. Il fait partie du top 5 de sa catégorie depuis de si longues années.

Il a surtout frôlé deux fois déjà le podium olympique sans le monter. 5e à Pékin 2008 et à Londres 2012. Une "tragédie" privée un peu semblable à celle de la judokate Salima Souakri, qui a tant tourné, en vain, autour du podium olympique.

Benchabla a du, comme les autres boxeurs, s'adapter au lifting de la discipline conduit au pas de charge par la fédération internationale de boxe amateur, après un tournoi de Londres 2012 calamiteux. Exit la scoring machine qui déresponsabilise les juges. Plus de casques qui empêchent de bien reconnaître les boxeurs. Retour aux trois rounds de trois minutes chacun. La réforme a fait mouche. Ce tournoi était plus télévisuel. Et les boxeurs pros qui s'y sont aventurés, dérogation exceptionnelle de la fédération internationale, ont pu se rappeler combien la boxe amateur est un univers à part. Tous éliminés.

La boxe algérienne est après l'athlétisme, la discipline qui a le plus participé aux 15 médailles algériennes de l'histoire olympique. Elle a surtout était la première à faire entrer le pays dans le tableau, grâce à Moussa et Zaoui à Los Angels 1984. Son étoile l'a abandonné depuis Sydney 2000 et le bronze de Allalou.

Abdelhafid Benchabla ne doit donc pas boxer contre sa seule propre malédiction. Il n'a pas uniquement face à lui le menaçant britannique au prénom biblique. Et le risque du boxit. Il doit aussi, mais il ne le sait pas, dénouer un sortilège caché de la boxe algérienne. La seule médaille d'or hors demi-fond a été remportée à Atlanta 1996 par un esthète de l'art pugilistique. A la cérémonie il s'est enveloppé du drapeau algérien.

Hocine Soltani le boxeur algérien le plus titré de l'histoire a disparu quelques années plus tard à Marseille. Règlements de compte de la pègre locale a t'on chuchoté. Ses ossements exhumés ont discrètement trouvé une sépulture digne dans son fief Boudouaou.

La fédération algérienne de boxe n'a jamais plus revendiqué la gloire olympique de Soltani. Elle l'a déshérité de sa part de lumière. Et peut être que ce dimanche à 16 heures si la malédiction devait se poursuivre pour Benchabla et pour la boxe algérienne, elle se souviendra enfin de Hocine Soltani. Et de l'exigence céleste de lui rendre justice.

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.