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9 attitudes à adopter face à quelqu'un qui souffre de maladie mentale

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DEPRESSION
Shutterstock / altanaka
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On ne sait pas toujours comment agir de la bonne manière face à quelqu'un qui souffre de dépression ou de maladie mentale. Voici mes conseils.

1) Ne dites rien

Un conseil qui semble heurter le sens commun. Quand quelqu'un va mal, on se sent obligé de lui parler: de lui demander comment ça va, s'il veut discuter de quoi que ce soit, si quelque chose le préoccupe, s'il a mangé, s'il a soif, s'il a envie de sortir prendre l'air ou de se reposer un peu. Parler est essentiel, notamment pour instaurer une relation avec une personne sur le point de craquer. Mais le silence n'a pas moins d'importance. Dans mes moments de grave dépression, simplement avoir quelqu'un à côté de moi m'apportait un réconfort inestimable. Je ne suis pas obligée de répondre ni de remplir les blancs, ce n'est pas envahissant, je peux simplement rester assise là et sentir une présence près de moi qui allège un peu ma solitude.

2) Ne nous demandez pas de vous aider à comprendre

C'est souvent à celui qui souffre d'expliquer ce qui ne va pas. Malgré l'abondance de livres et d'informations sur Internet au sujet des différentes maladies mentales, les gens s'attendent encore à ce que l'explication vienne de la personne touchée. Ce genre d'interrogations peut passer (et encore, pas toujours) une fois la personne guérie, mais ne sert à rien avant. Aucun malade, physique ou mental, n'a envie de passer son temps à répondre à des questions sur son état. Renseignez-vous par vos propres moyens. Faites votre propre éducation.

3) Ne vous vexez pas

Quand on va mal, la seule chose qui compte est de s'en sortir d'une manière ou d'une autre - d'ailleurs, tout le monde n'y parvient pas. Vous pensez peut-être que la fête organisée pour vos cinquante ans sera forcément géniale, ou qu'on va bien s'amuser avec cette sortie cinéma suivie d'un bon resto, ou encore qu'il ne faut absolument pas manquer ce samedi soir au bar avec tous les copains. Mais pour la personne atteinte de maladie mentale, tout cela n'a aucune importance. Elle, elle se bat pour survivre à chaque minute interminable, à chaque nouvelle seconde d'agonie. Elle se bat pour ne pas se laisser aller, pour ne pas abandonner la partie. Elle se raccroche au moindre élément qui représente encore un peu de bien-être et de paix intérieure.

4) Ne cherchez pas à nous réparer

Ne confondez pas maladie mentale et casse. Ne nous prenez pas pour des créatures faibles et impuissantes qu'il faut réparer. Après tout, chacun a ses fêlures, dans ce monde - ceux qui se croient parfaitement sains sont sans doute les plus abîmés. Vivre avec une maladie mentale exige de la force, du courage et de la persévérance. Nous devons rester concentrés pour nous adapter aux difficultés, mais également ouverts et lucides. Cela requiert flexibilité, créativité et une grande autonomie. Cela implique un engagement à ne pas renoncer. Où est la faiblesse là-dedans? Vous pouvez ranger votre superglu.

5) N'essayez pas d'ignorer le problème

Je sais, c'est difficile. Personne n'a envie de voir un proche souffrir. Mais la souffrance fait partie de la vie. Tenter de l'écarter parce qu'elle vous met mal à l'aise vous soulage peut-être, mais n'arrange rien pour nous. Restez à nos côtés, et faites preuve de courage, vous aussi.

6) Ne nous traitez pas comme des enfants

Il semble que la vulnérabilité et la fragilité associées aux maladies mentales poussent certaines personnes à se comporter envers nous comme envers des enfants. J'en ai moi-même fait l'expérience, comme si en plus d'être malade, j'avais subi des dommages intellectuels. Certes, nous nous montrons parfois confus, incapables de comprendre les choses les plus simples ou de prendre soin de nous-mêmes, mais cela ne justifie pas une débauche de condescendance. Faut-il vraiment évaluer notre compétence dans la vie à partir d'un moment de souffrance exceptionnelle?

7) Ne nous dites pas ce que nous ressentons

Souvent, surtout quand on est déprimé, on attire comme un aimant ceux qui croient savoir pourquoi on semble si démoralisé. Si je recevais un euro pour chaque leçon de psychologie de comptoir à laquelle j'ai eu droit, alors ma maison, ma cuisine et sans doute mes toilettes seraient plaquées or. Les gens cherchent peut-être à nous aider, ou peut-être est-ce une histoire d'ego. Dans tous les cas, si nous vous expliquons, écoutez, et sinon, n'essayez pas de deviner.

8) Ne nous dites pas de nous ressaisir

Croyez-moi, si c'était possible, nous le ferions. S'il existait un bouton pour rectifier tout ce qui ne va pas et coller un grand sourire sur notre visage, nous nous jetterions dessus. Ça ne marche pas comme ça. Soyez patients, ou laissez-nous tranquilles.

9) Ne nous dites pas de prendre des médicaments

Si vous pensez encore que les psychiatres disposent d'une collection de jolies petites pilules qu'ils peuvent gaiement distribuer pour nous faire voir la vie en rose en un jour ou deux, sortez-vous cette idée de la tête. Les médicaments peuvent aider, mais cela prend du temps. Cette notion simpliste qu'il existe un traitement miraculeux pour tous les problèmes fait plus de mal que de bien.

10) Parlez

Riez, plaisantez, soyez vous-mêmes et laissez-nous l'être aussi, que ce soit beau à voir ou non. Nous vivons dans une société qui craint tout ce qui s'écarte de la norme. Soyez donc celui ou celle qui nous tendra la main et nous offrira une lueur d'espoir. Qui sait, vous pourriez en avoir besoin à votre tour, mais aujourd'hui, c'est nous qui avons besoin de vous.

C'est à peu près tout. Et vous, qu'est-ce qui vous semble utile ou contre-productif? Dites-le-moi dans un commentaire.

Ce blog, publié à l'origine sur le HuffPost américain, a été traduit par Charlotte Marti.

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