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La valeur à l'emploi face à la stigmatisation

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STIGMATISATION
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Il est dit que des problèmes de santé mentale peuvent causer absentéisme, présentéisme (être physiquement au travail sans être pleinement productif) et démission. Cependant, ces événements peuvent aussi se produire avec des employés sans dits problèmes de santé mentale ou des employés qui reçoivent du soutien avec leur programme d'aide aux employés ou à l'extérieur dans le privé ou le public pour des problématiques reliées à la santé mentale, et ce, qu'ils occupent un poste depuis longtemps ou pas.

C'est malheureusement aussi pour des craintes reliées à ces considérations que des personnes dites avec trouble mental ou maladie mentale se trouvent à occuper des postes de bénévolat année après année même en ayant de solides qualifications et en étant disposées à travailler sérieusement. Elles sont écartées pour certaines des postes rémunérés par mesure de sécurité et finissent par être conditionnées à survivre avec le minimum et accepter une destinée de difficultés financières persistantes tout en se faisant juger d'être des assistées.

Emploi rémunéré et bénévolat

Engager, c'est prendre le risque calculé de miser sur quelqu'un à court ou à long terme, selon le mandat, et de compter aussi bien sur ses compétences professionnelles et son sens des responsabilités que sur sa capacité à maintenir un équilibre dans sa vie, soit, entre autres, ne pas trop s'absenter, ne pas faire du présentéisme et ne pas démissionner.

Dans le domaine de la santé comme ailleurs, on emploie des bénévoles, et ce aussi bien en intervention que pour d'autres fonctions. Les bénévoles sont des travailleurs qui répondent aux mêmes exigences que les salariés et ils sont nombreux à occuper leurs postes pendant très longtemps.

Quand on manque d'argent pour rémunérer, on emploie des bénévoles, on reconnaît donc leur contribution et il semble que pour le bénévolat, il y ait beaucoup moins de discrimination à l'emploi que pour les emplois rémunérés. Pourquoi des gens compétents qui ont pu faire leurs preuves au travail dans des conditions de vie difficiles, puisque sans salaire, avec le minimum, tout en veillant à leur santé mentale, ne sont pas assez considérés pour des emplois rémunérés?

Les portes ne sont pas toutes fermées, mais il reste à en ouvrir bien plus pour qu'une bonne partie de la population puisse se réaliser professionnellement et profiter d'une bonne qualité de vie.

Pourquoi la discrimination?

C'est la stigmatisation qui creuse un faussé invisible et condamne des innocents à la solitude et la précarité financière, car si l'on a pu miser sur une personne sans la rémunérer pourquoi ne serait-il pas possible de miser sur cette même personne en la rémunérant?

On pense que cela prend forcément plus d'énergie et de ressources à mobiliser pour travailler auprès de personnes avec un problème relié à la santé mentale, mais ce jugement hâtif est souvent mal fondé, un bon roulement au travail est question d'organisation, de communication efficace et de collaboration.

L'on estime le pourcentage de personnes dans la population qui ont souffert ou souffriront d'un problème de santé mentale au cours de leur vie d'assez important, il est donc nécessaire de se mobiliser en employabilité pour faire face à cette réalité.

Des étiquettes à décoller et des fausses croyances à questionner

Il est facile de disqualifier un coureur à cause d'une mention de santé mentale pour une condition ayant été jugée permanente ou même temporaire en justifiant de ne pas prendre trop de risques ou d'éviter des pertes de temps et d'argent.

Cependant, à considérer les choses autrement, c'est surtout faire preuve d'une résilience phénoménale et de créativité que de prendre soin de sa santé mentale et physique en vivant avec peu, de contribuer à la société en tant que bénévole, de subir la stigmatisation dans toutes les sphères de sa vie et de malgré tout continuer à croire en ses capacités et vouloir avancer sur un chemin plus ensoleillé.

Il est très utile de sensibiliser et bien renseigner des personnes clés en recrutement, gestion et supervision afin de mettre les choses en perspective, penser à une organisation optimale et inclusive, et faire que le professionnalisme exprime curiosité saine envers son prochain et intelligence émotionnelle. D'ailleurs, d'excellents ateliers en santé mentale et leadership se donnent pour justement travailler à améliorer les rapports et promouvoir la santé au travail, sachant que de nos jours, nous parlons de plus en plus d'une bonne santé mentale possible même en présence d'un diagnostic ou d'un suivi médical ou psychologique relié à la santé mentale.

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