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Mehdi Cayenne, fougue et force tranquille

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MEHDI CAYANE
Genevieve L.Richard
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Le temps d'un Mundial Montréal, c'est comme un voyage dans le monde de la musique du monde. On y croise des amoureux de l'art et de la diversité, tous réunis pour célébrer une musique sans frontières. D'ailleurs, c'est sous le thème de la «Musique sans frontières» que le festival a présenté sa 6e édition.

L'organisation nous fait découvrir des artistes venus de tous les horizons et nous avons eu le plaisir de voir en après-midi, au Club Soda, Mehdi Cayenne. Cet artiste d'origine algérienne est résident de la ville d'Ottawa. Il est souvent de passage à Montréal et voyage partout où sa musique le mène.

Était-il fébrile à l'idée de se produire au festival Mundial Montréal? « Fébrile un jour, fébrile toujours. Hâte de partager la scène avec des excellents artistes, notamment Moe Clark que je côtoie depuis plusieurs années. Je m'attends avec vous à foutre le feu sacré à la place et de faire mentir le cliché des diffuseurs qui regardent des vitrines, hahahaha! Sérieusement c'est une belle gang, un bel évènement et ce sera un beau moment, on va y jouer certaines des nouvelles chansons qu'on a rodées en Italie. J'ai hâte!».

Vers la fin du spectacle, il est descendu de scène et est allé à la rencontre du public. Rapidement, il s'est entouré de quelques danseurs. Le voir sur scène est une expérience mémorable, une force tranquille se dégage de sa fougueuse interprétation.

Comment décrire son style, lui qui fuit les définitions de style? Ses origines multiples trouvent-elles leur place dans son œuvre ? Ses réponses, que j'ai qualifiées de pétales de roses, racontent un parcours inspirant et une grande aventure qui ne fait que commencer.

«Je fuis activement la définition de styles, en moi en tout cas. Mon style, idéalement, c'est la volonté de vivre, la fougue, la dissonance, la grâce, l'animal, l'allégresse, le transformatif. Il serait également impossible d'estimer que mes origines multiples ne trouvent pas leur place dans mon œuvre. Les identités de la diaspora sont paradoxales, ce paradoxe se retrouve toujours au coeur de ce que je fais.»

Il avait six ans quand il a écrit son premier poème. «J'avais des ambitions de compositeur à cet âge-là aussi.»

Il a donc été fidèle à ses premières ambitions. Devenir auteur-compositeur, c'était comment pour Mehdi ? «Tout d'abord la sensation de vivre et de communier, à sa manière, avec ce qui frémit sous le silence, par l'entremise d'un poème ou d'une chanson, est salvateur dans ma vie. Puis la joie ardente de prendre la scène, puis ensuite la joie de maîtriser "le spectacle". Le reste du métier est une quantité inénarrable de rencontres, d'apprentissages, de paradoxes, de refus et de sauts de tremplin.»

Depuis qu'il a commencé à se faire connaître, Mehdi a évolué dans sa façon d'écrire. «Mon écriture se métamorphose définitivement, mais le baromètre n'est pas vraiment le regard des autres, c'est plutôt un mélange d'où je *voudrais* aller, et la réalité de ce que je me dois d'écrire pour simplement faire face à la vie. Les mots peuvent être vides, pour cacher son désarroi... Et puis les mots peuvent être des clés, des aide-mémoire, des incantations. On adapte son remède à la saison.»

C'est avec un regard tendre porté sur le passé qu'il se remémore la naissance de son premier album. «Ayant récemment sorti mon troisième, Aube, je me souviens effectivement du premier... C'était comme déménager un piano dans une maison en feu. C'était naïf et absurde, improbable, d'une bonne volonté d'écolier qui n'attend pas la permission. Bonne job, plus jeune Mehdi.»

Pour Mehdi Cayenne, ça a toujours été important d'aller à la rencontre du public, quel qu'il soit, où qu'il soit. «Il n'y a pas de spectacle sans échange, par le fait même de partager le même espace. La variété des contextes de publics/lieux/salles constitue pour moi un élixir de vie. Donc oui j'aime aller à la rencontre de l'auditoire dans sa *particularité*. En règle générale, c'est d'être à l'affût de la particularité du *moment*, qui augmente les chances qu'une certaine magie opère.»

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