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Pourquoi les filles ont-elles la cote sur les bancs des écoles au Maroc?

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ÉDUCATION - Nul ne peut douter de la suprématie "scolaire" des filles aux dépens des garçons, et ce depuis plusieurs années déjà, et les statistiques annuelles du ministère de l'Education nationale sont là pour étayer nos dires. Mais la question que l'on devrait se poser, c'est justement pourquoi, dans la majorité des filières enseignées au baccalauréat, les filles réussissent-elles mieux que les garçons, tant au niveau quantitatif que qualitatif?

L'ébauche d'une véritable réponse à cette question problématique ne pourrait être uniquement d'ordre scolaire, et du coup liée uniquement au mérite et à la valeur scolaire des filles, mais elle devrait trouver origine dans un système complexe de facteurs explicatifs que nous allons essayer de résumer en trois points.

Tout d'abord, nous vivons dans une société machiste qui croit, de par la culture dominante, que l'homme est supérieur à la femme à plusieurs égards et ce de facto et d'une manière immuable. Par conséquent, la gent féminine est contrainte à fournir davantage d'efforts et à faire plus de sacrifices de tout ordre pour corriger les représentations que se font les mâles de leur valeur sociale intrinsèque.

L'école devient ainsi plus qu'un espace de transmission-acquisition du savoir, mais une véritable arène oὺ la fille doit se montrer vaillante et croiser durement le fer avec le garçon, pour actualiser son soi, et effacer cette image qui ne la quitte pas, celle, évidemment, d'un être socialement fragile, faible et inférieur. Le même schéma de raisonnement est reproduisible au niveau du marché de l'emploi oὺ l'on assiste à peu à la même configuration.

Deuxièmement, tous les enseignants s'accorderaient et conviendraient avec moi que les filles sont plus motivées scolairement que leurs camarades les garçons. Elles ont certainement des projets personnels et professionnels qu'elles veulent concrétiser, par opposition aux garçons qui vivent une crise de motivation profonde, liée en partie au fait qu'ils associent "études" et "embauche"; ils se sont bien rendus à l'évidence qu'il s'agit là d'une "inadéquation" plutôt qu'une "adéquation" dans le contexte d'un marché de l'emploi incapable de jouer pleinement son rôle et d'absorber les flux annuels de sortants d'un système éducatif peinant à se faire une réputation auprès des professionnels, et qui a besoin de renaître de ses cendres.

Enfin, pour réussir à l'école, on doit par définition être attentif, discipliné et docile, et les filles arrivent à jouer le jeu mieux que les garçons sur ce terrain, en terme de discipline, elles siègent au premier rang, du fait qu'on leur a appris à être sages et à garder malencontreusement le silence, quitte parfois à se faire priver de leurs droits fondamentaux. Et pour s'en convaincre, vous n'avez qu'à jeter un coup d'œil sur le relevé de notes: vous trouverez que la plupart des filles ont "20/20" dans une case appelée "discipline".

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