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Sajid, ou l'opposition fair-play

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MOHAMED SAJID
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POLITIQUE - À un mois des législatives, l'ambiance est à la reprise des hostilités. Les clans politiques avancent un à un leurs pions et tentent de renforcer leur influence, par la magie de la communication politique. Autrefois cantonnée aux communiqués partisans, la com' des partis est désormais plus élaborée, ou moins rudimentaire, c'est selon.

Dans la cinquième partie de ce dossier que le HuffPost Maroc consacre à la stratégie électorale des huit plus grands partis au Maroc - sur la base du nombre de voix engrangées lors des dernières échéances électorales - nous proposons un tour d'horizon des principaux ressorts de la com' de l'Union constitutionnelle, son positionnement, celui de son zaïm Mohamed Sajid, ainsi que les défis et les enjeux auxquels il devra faire face.

En arrière-plan, un paysage de l'anti-Atlas digne d'une carte postale. Un homme se dresse debout, grâce à la magie de photoshop, le regard impassible, le visage serein, la tête légèrement tournée à droite. Cette image mettant à l'affiche Mohamed Sajid, patron de l'Union constitutionnelle dans sa ville d'origine, Taroudant, et agrémentée du commentaire "La sérénité en action", n'est pas sans rappeler le slogan emblématique imaginé par le publicitaire Jacques Seguela et le communicant Gérard Colé pour la campagne de 1981 de François Mitterrand, "La force tranquille".

A l'instar du coup de com' magistral de Mitterrand, l'objectif est "de faire passer une idée d'apaisement tout en promettant le changement", nous confie un communicant proche de Sajid. Il faut dire que l'homme d'affaires est loin d'être une bête politique qui mobilise les foules. Miser sur sa "sérénité" apporte de la différence dans un paysage politique marqué par le populisme et la démagogie. Aussi, piocher des idées dans des campagnes qui ont marché n'est pas une stratégie nouvelle chez l'Union constitutionnelle. L'un des artisans de la campagne de Sajid, Anouar Zyne, communicant de talent, homme des médias et secrétaire général de la jeunesse, avait annoncé en mars 2015 sa candidature à la tête de l'UC sous le signe "du changement possible", à la "Yes we can" de Barack Obama.

L'opposition fair-play

Depuis sa nomination à la tête de l'Union constitutionnelle (UC) fin avril 2015, Mohamed Sajid tranche avec le discours habituel des partis de l'opposition, en privilégiant des prises de position mesurées, et en exprimant, parfois, des avis en tout point différents de ceux des autres formations de l'opposition. De quoi faire grincer les dents des chefs des partis de l'opposition qui, s'ils ne cautionnent pas les prises de position de Mohamed Sajid, ne s'y opposent pas ouvertement non plus.

"L'Union constitutionnelle est un petit parti, dont les prises de position sont sans véritable incidence sur la marche des choses", déclare, sur un ton diplomatique, un membre de l'Istiqlal, avant de confier que "le discours du parti ne remplit pas forcément le 'cahier des charges' de l'opposition, et parfois, l'UC commet même des tirs amis, mais il faut de tout pour faire un bloc politique".

A l'UC, on estime que "chaque formation politique a son identité propre. L'Union constitutionnelle est un parti de cadres et de gens honnêtes, qui s'opposent lorsqu'il faut s'opposer. Il serait incohérent que nous nous soulevions contres des mesures de libéralisation que l'UC a longtemps défendu et que ce gouvernement a pu réaliser", explique un cadre du parti. S'il reconnait que "ce discours n'est pas porteur, sur le plan électoral", notre UCiste jure que "le parti préfère remporter deux sièges en conservant le même discours, plutôt que d'en adopter un, plus mobilisateur, mais qui serait éloigné de la ligne politique du parti".

Des Spin Doctors maison

Le pendant positif de cette posture, c'est que les sorties publiques du parti et ses prises de position ne souffrent d'aucune incohérence. Le parti libéral de droite a été le premier à prendre position sur deux sujets qui ont suscité la polémique, là où les partis de gauche se sont murés dans leur silence, sans doute par peur de perdre des électeurs: le blocage de la VoIP et l'agression d'un couple homosexuel.

Outre une poignée de Spin Doctors maison, le parti dirigé par l'ancien maire de Casablanca s'appuie sur deux agences de conseil: Public Affairs & Services, dirigé Hatim Benjelloun, et le cabinet DKC, dirigé par Kenza Dadi, spécialiste en marketing. Il dispose également d'une cellule de com' en interne chapeautée par Abdellatif Belmkadem et Zakaria Lazmat, deux jeunes du parti.

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