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À propos du viol de Casablanca

Publication: Mis à jour:
WOMAN CRYING
Getty Images/Moment Open
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VIOLENCES SEXUELLES - À Casablanca, le vendredi 18 août (une date contestée par la DGSN), une jeune femme a été violemment agressée dans un bus qui a été reconnu comme étant un bus de Casablanca. La vidéo a fait surface le dimanche et la réactivité de plusieurs internautes, y compris celles de cyber-activistes, ont fait que l'attention de l'opinion publique s'est reportée sur ce crime horrible.(YouTube a enlevé toutes les vidéos pour contenu enfreignant les conditions d'utilisation)

6 suspects ont été arrêtés, l'enquête est en cours, la société M'dina Bus a émis un communiqué de presse, des sit-in sont en cours d'organisation en solidarité avec la victime, à Casablanca, à Rabat, à Fès et à Agadir.

affiche sit in viol collectif

L'affiche du sit-in, réalisée par l'artiste Durgamaya.

Je me pose des questions. Où sont nos hommes et femmes politiques? Où sont ces porte-parole du gouvernement qui devraient condamner publiquement cet acte immonde (et qui ont été très doués pour décrédibiliser les manifestations de cet été)?

Un certain Abdelaziz Sadni Andaloussi a été le "poster boy" de la culture du viol au Maroc suite à son commentaire sur une publication à propos du viol.

culture viol

Il est sûr qu'il n'est ni le seul, ni le premier, ni le dernier à faire l'apologie du viol. Mais il est temps de condamner ces dires et comportements qui ne font que perpétuer la culture du viol. Le viol n'est et ne sera jamais la responsabilité de la victime. Ce ne sont ni l'heure où une personne est dehors, ni le lieu où elle se trouve, ni les habits qu'elle porte, ni qui elle est, qui justifient qu'on la viole.

"Personne ne mérite d'être violé-e et RIEN ne justifie le viol."

Un témoignage personnel

Il y a trois ans, j'étais en voiture avec une camarade au lycée, sa mère et l'amie de sa mère. À un certain moment, elles ont commencé à parler d'un incident dont la mère a été témoin. Une fille, dans le tramway à Casablanca, a été harcelée sexuellement (on s'est agrippé à elle et on l'a touchée contre sa volonté). Mais comment parlait-on de l'incident dans cette voiture où je me trouvais? Elles en rigolaient. Elles s'en moquaient. Elles en parlaient comme on parlait de ces vidéos de bébés ou de chats mignons... Je voulais crier. Mais je ne l'ai pas fait. Et je m'en veux aujourd'hui.

C'est pour cela, que j'écris cet article maintenant.

Et c'est pour cela, que je vous supplie d'en parler. Tout le temps. À la maison, au boulot, au lycée, à l'université, partout. Et pas juste à propos de ça. À propos de tout. Le Maroc a raté sa révolution intellectuelle et sociale. Les problèmes sociaux ne s'atténuent pas. Les mentalités ne s'améliorent pas.

Pourquoi? Parce que nous ne sommes pas assez indignés. Nous parlons de ces crimes, de ces problèmes, de ces "faits divers" comme si c'était normal. Nous en parlons un moment et puis nous les oublions. Nous vivons notre vie. Nous allons au boulot, nous allons au bahut, nous dormons, nous mangeons et nous vivons. Nous ne faisons que ça. Nous ne changeons rien. Parce que nous avons peur d'interrompre notre train de vie. Nous avons peur d'un ennemi imaginaire. Ou peut-être n'est-il pas aussi imaginaire que cela...

Nous avons peur des citoyens à l'intérieur de nous.

Nous ne savons pas ce que nous sommes censés faire parce que nous ne voulons pas le savoir. Nous ignorons ce qui se passe autour de nous la plupart du temps.

Et même quand nous sortons de notre coma, que faisons-nous?

Nous nous offusquons dans le monde virtuel. Nous refusons de nous offusquer dans le monde réel.

Et même quand nous nous offusquons dans ce monde réel on nous dit de nous taire. Pourquoi ?

"C'est comme ça". "Mais ils sont stupides, faut pas faire attention à eux". "Tu veux avoir des problèmes ?" "Mais le/la citoyen-ne lambda s'en fout! C'est le morceau de pain qui compte."

Je dis NON à ces prétextes! Et vous?

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