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Le combat Béji Caid Essebsi vs Habib Essid n'a pas eu lieu

Publication: Mis à jour:
ESSID CAID ESSEBSI
FETHI BELAID /AFP/Getty Images
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Non, ce n'est pas une nouvelle doctrine de Nietzsche, même si la pensée profonde de plusieurs personnes quant à l'allemand c'est qu'il a un nom de famille compliqué à orthographier, et d'ailleurs on dira de même du canonnier Lewandowski pendant l'Euro qui démarre dans quelques jours.

"Tuer l'acolyte", c'est surtout l'interview du chef de l'État à la télévision nationale, au timing assez significatif à quelques jours de Ramadan.

Sorte de dernier coup d'épée avant un mois d'armistice.

Un grand classique sur le papier, le jeu habituel: situation économique difficile, des petits tacles à droite et à gauche, surtout à gauche.

On s'attendait à un coup d'éclat, le teasing qui a précédé l'événement laissait penser à une déclaration choc.

Gouvernement d'Union Nationale avec toutes les composantes politiques de l'échiquier ou presque. Ce pays a connu un Quartet et une troïka, le président désire basculer en "Big Band" avec cette annonce.

Le Syndicat et le patronat seront de la partie. Une volonté de transformer la Kasbah en arène romaine où on se battrait à mains nues pour préparer les prochains Jeux Olympiques mais peu importe.

La bombe est lâchée, un assassinat politique en canapé, bien que le gouvernement prenait l'eau de partout avec un bilan qui justifierait des plaintes d'associations féministes contre l'anorexie sur les podiums.

Le président a exercé son pouvoir fantasmé, même de façon métaphorique, de décider du sort d'un gouvernement dont il est l'artisan entre autres.

L'acolyte nommé jadis par le vainqueur des présidentielles a vu l'épée de Damoclès pulvériser sa légitimité morale accordée par sa nomination à la tête du gouvernement. Non ce n'est pas la Constitution qui souffre de carences mais l'acolyte est apathique.

Durant son séjour à la Kasbah, l'action gouvernementale étaient régie par des calculs politiques reléguant le chef du gouvernement au rang de simple acteur du jeu.

Certes, la genèse de la formation laissait présager cette issue, mais les égos ont pris le dessus sur le capitaine d'équipe à la dégaine de fonctionnaire rigoureux.

Cet acolyte avait ce vendredi matin une occasion pour jouer son coup de théâtre, à domicile.

Il est resté attentiste bien que toutes les cartes étaient dans sa main.

La première d'entre elles était son pouvoir issu d'un acquiescement du Bardo, atout resté inerte. Prôner son engagement pour la patrie avec entêtement était une redondance antipathique.

L'acolyte n'a pas tenté de fédérer autour de son équipe, n'a pas essayé de jouer la carte Ennahdha qui l'a soutenu dans des moments troubles même si tout laisse penser que le président s'est concerté avec Rached Ghannouchi plébiscité lors du congrès de son parti avant d'annoncer sa nouvelle volonté gouvernementale.

L'acolyte ne s'est pas défendu, ne s'est pas battu et se dirige fatalement vers une faillite politique symbolisée par ce personnage à l'image de cette transition brouillonne à coups de consensus sans vision et sans objectif.

Des consensus aussi superflus pour le pays qu'une biographie d'une actrice de seconde zone seconde à la valeur ajoutée douteuse. Et si cet acolyte ne s'est débattu faute d'envie, faute de conviction. Et si l'acolyte ne s'est pas battu par qu'il désabusé comme la vox populi désintéressée par l'échiquier politique.

Vous vous posez certainement la question de savoir si le son des Doors a retenti avec "The End". On a pas de réponse mais on s'attend à un remake d'Apocalypse Now à venir sur la scène politique.

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