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La terre est plate!

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EARTH
uschools via Getty Images
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Quand j'ai entendu parler de la polémique. Je me suis tout de suite dit, "Tiens, un fan des Cleveland Cavaliers et de la NBA". Kyrie Irving aurait été ravi d'entendre ça. Mon amusement fut assez bref, lorsque j'ai découvert la nature sérieuse de la polémique. Un doctorant avance dans une thèse, que la terre est plate.

J'aurais été curieux de voir la réaction des scientifiques du programme de Géolocalisation Galileo, leurs emplois n'auraient plus de sens avec une terre plate il serait plus facile de s'orienter. Si j'étais François Fillon, j'aurais incorporé ça au programme de suppression de fonctionnaires...le n'importe quoi aurait été encore plus édifiant.

La polémique est d'un surréalisme, que Franz Kafka de son vivant, aurait demandé la nationalité Tunisienne. Il serait convié à vivre 5 années en Tunisie et aurait eu, en côtoyant la société Tunisienne la certitude d'un choix très judicieux pour ses écrits.

Reprenons. Si la terre est plate, la Tunisie le serait également. C'est le point manquant à la thèse, l'encadrement de la thèse a malheureusement oublié de le constater. Encadrement, issu de l'Assemblée constituante, lieu où les membres de l'hémicycle ne manquaient pas d'occasions pour mettre en évidence qu'ils sont le centre de cette terre plate.

Les motivations de la recherche sont amplement justifiées ceci dit. La platitude et la Tunisie sont deux termes faisant bon ménage et ceci à plusieurs reprises. Une platitude sur tous les plans ou presque. Je reconnais que la phrase nécessite un effort géométrique considérable que je vous invite à réaliser!

L'embouteillage de la scène libérale avec l'avènement de l'"Alternative Tunisienne", parti souvent qualifié dans les sondages de "Parti de Mehdi Jomâa", bonjour le culte de la personnalité!

Un embouteillage à rappeler la Route X à 17h30, un engin de plus avec à sa tête un Macron tunisien, jamais élu, un profil de technocrate issu d'un circuit politique alternatif et prônant le renouveau. La platitude atteint son sommet (Encore un effort mes vaillants lecteurs) par la création d'un Front du Salut.

Un salut qui passe par des déçus du pouvoir ayant pour seul argumentaire la responsabilité d'Ennahdha dans cette platitude que vit le pays.

L'Université de Sfax ne comporte pas des membres du directoire du parti vainqueur des élections en 2011. Sans oublier, le parti au Palmier rassemblant des correspondances politiques tellement diverses qu'on dirait une soirée Erasmus. Ferid El Beji, la nouvelle recrue annonce dans un journal que son parti pourrait gouverner pendant 100 ans. La vision centriste de l'Islam comprend désormais une révision du code électoral et des mandats d'un siècle, de quoi donner des idées à sa majesté Elisabeth II.

Economiquement et Socialement, l'angle 180° est souvent atteint. Le contrat dignité peine à décoller, les fruits et légumes sont en grève afin d'être cuits avec des marges de gain actualisés et même les recettes des Finances sont en conflit social. La contrebande ne faiblit pas, les rues de la capitale sont une belle démonstration d'une incapacité du pouvoir à trouver des solutions et appliquer la loi. Peut-être que les étals ne nécessitent pas des tractopelles!

Les agents du FMI seraient perplexes devant ce tableau assez sombre il faut l'avouer.
Une terre plate, c'est des dossiers sans profondeur. Force est de constater que les explications et les solutions désuètes proposés sont dans la lignée de la thèse défendue à Sfax...On pourrait même y voir une volonté de décentralisation et d'égalité entre régions.

Pléthore d'exemples d'un court-termisme à se demander pourquoi la Tunisie, se perd à plusieurs niveaux à gaspiller son énergie par un effet joule épuisant par les après-midis d'Avril. Pourquoi, un metteur en scène est agressé, une polémique religieuse sur fond de musique électronique, des chômeurs en grève dans le sud, des régions martyrisées, des lois dépassées et liberticides qui persistent. La surface est saturée de questions en suspens. René Descartes serait bien ennuyé à mettre ces éléments en ordre sur son plan orthonormé sans profondeur désormais, mais pas seulement, il serait en difficulté à déceler quel serait le discours de la méthode afin de mettre en ordre notre pays. On serait même tentés de voir si l'Arabe du Futur, cher à l'excellent Riad Sattouf, mériterait-il un album spécial Tunisie.

Docteur Hedi Timoumi, je vous demande solennellement de vous repencher sur la question "Comment les Tunisiens sont devenus Tunisiens" car chaque jour apporte de nouveaux éléments judicieux ou déroutants.

Et pourtant, elle tourne!

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