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L'empreinte lumineuse des deux sœurs Khadra et Chama Boufedji

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KHADRA ET CHAMA BOUFEDJI
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Cette photo a été prise durant les années vingt à l'école mixte de la Chabiba (la jeunesse), rattachée alors au Cercle du Progrès (Nadi Et taraqqi) à la Casbah d'Alger ...

On y voit les deux sœurs Khadra et Chama Boufedji qui y avaient suivi des cours du Cheikh Tayeb El Okbi avant d'ouvrir elles-mêmes leur propre école de filles dans la propre maison de leur père M'hamed à la Casbah en 1934. Elles avaient alors 14 et 12 ans !

Madrasset Charifat el Aãmel était donc la première école de filles musulmanes dans l'histoire de l'Algérie coloniale mais c'était une école libre et privée et non rattachée à l'association des Ulémas comme aiment à le faire croire certains.

L'objectif y était d'alphabetiser la femme musulmane mais aussi, de lui apprendre un métier afin qu'elle puisse avoir une certaine liberté financière qui lui assurerait une liberté de penser et une possibilité d'agir activement dans la société et dans le mouvement nationaliste en éveil à l'époque.

Les filles qui venaient de la périphérie d'Alger bénéficiaient d'un régime interne dans la maison même de M'haned Boufedji qui les prenait en charge lui et son épouse.

Après quelques mois de l'ouverture, la demande était d'ailleurs tellement forte qu'il devenait indispensable d'ouvrir des annexes à Boulouguine, à Cheraga, à Kouba et à Notre Dame d'Afrique et de noms très célèbres furent parmi les élèves des sœurs Boufedji.

L'Histoire retiendra surtout le nom de la cadette Chama, épouse puis veuve du Chahid Mohamed Sghir Brahem Chaouech avec lequel elle avait farouchement milité dans la région de Bordj Bou Arreridj, et qui, après l'indépendance a continué à militer pour une meilleure condition de la femme algérienne en particulier.

L'aînée, Khadra, Bella pour les proches et les intimes était plus rebelle pour se marier et plus discrète pour accepter de toujours tenir les seconds rôles.

Djamila Boupacha, son élève, l'évoque avec beaucoup de respect et de tendresse.

Et moi qui l'ai connue durant les dix dernières années de sa vie je ne dirais jamais assez à quel point la femme était exceptionnelle! Dans sa façon d'être, dans son dévouement total et inconditionnel, dans ses raisonnements intègres, logiques et impartiaux ... Extrêmement exceptionnelle !

Rabbi yerham'houm!

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