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L'oncologie au Maroc ou le niveau zéro du soutien psychologique

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CHEMOTHERAPY
Eric Gaillard / Reuters
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SANTÉ - Le cancer est, de nos jours, une maladie malheureusement fréquente et rares sont les familles qui n'en voient pas un de leurs membres atteint. Cette maladie exige, comme chacun sait, de lourds traitements chimiques ou radiologiques ou les deux à la fois qui pèsent financièrement sur les personnes sans couverture médicale mais aussi par ses effets secondaires.

Le malade voit la plupart du temps ses cheveux tomber, son physique changé et vit un état de fatigue qui peut durer le long du traitement. Ceci, sans garantie de guérison. Pour surmonter cet aléa et le choc de son changement physique, un soutien psychologique lui est plus que nécessaire mais cette réalité ne semble pas concerner les oncologues de chez nous. On a l'impression qu'ils sont persuadés que leur rôle s'arrête au dosage de la chimiothérapie ou de la radiothérapie et à leur administration.

Les cliniques oncologiques ont la même approche de la maladie. Par contre, elles excellent dans l'exploitation de leurs espaces, des fauteuils de chimio sont installés dans le moindre petit coin et même dans les sous-sols sans égard pour l'état psychologique des malades déjà assez sombre. A propos de soutien psychologique, n'imaginez surtout pas que le malade marocain place ses exigences au niveau des prestations des pays évolués où plusieurs psychologues travaillent et se relaient dans les services d'oncologie pour parler aux malades et tout faire pour les soulager.

On y trouve aussi des kinésithérapeutes ainsi que des esthéticiennes qui les aident à dépasser le choc de leur changement physique. Réaliste, ils ne souhaitent qu'une présence, même éphémère, des oncologues dans les salles de chimiothérapie comme une sorte de réconfort et une démonstration d'intérêt. Mais c'est rarement le cas tant ces derniers semblent considérer, comme dit précédemment, que leur rôle est achevé dès que le dosage oncologique est établi et les consignes données pour son administration.

Soutenir, pour justifier cette attitude, que les patients sont de plus en plus nombreux alors que le nombre des oncologues reste le même n'est pas acceptable. Par contre, voir son origine dans la défaillance de la formation des médecins en rapports humains avec le patient est plus plausible. Pourtant, toute personne sensée sait que le malade du cancer a autant besoin d'écoute que de médicament.

L'écoute et le soutien psychologique sont, chez nous, laissés à la charge de la famille ou des amis qui font ce qu'ils peuvent quand eux-mêmes ne sont pas dans le désarroi de voir leur proche atteint par le cancer. Et même quand ils sont de bonne volonté, ils peuvent être maladroits. Car il n'y a pas de meilleur soutien que celui des professionnels qui normalement savent ce que veut entendre le malade, évidemment quand il a les moyens de payer une consultation.

Les autres malades se contenteront de se soutenir tous seuls ou entre eux et de supporter courageusement le lourd traitement. Est-ce vraiment trop demander que de suggérer aux oncologues et aux cliniques oncologiques de réfléchir à l'importance du soutien psychologique et à sa mise en place quitte à rajouter son coût à la facture du malade?

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