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Tunisie: La rue exige la peine capitale et l'exécution du meurtrier du petit Yassine

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Le 17 mai 2016, le petit Yassine, un garçon âgé de quatre (4) ans, issu d'un milieu où paupérisme et promiscuité sont légion, fut enlevé, violé et sauvagement assassiné par un gradé de l'armée nationale.

Un militaire rompu à la discipline de l'armée et qui a prêté sermon pour protéger le pays et ses enfants!

Dans ces milieux désargentés, les familles ont une seule richesse: Leurs enfants!

Ce meurtre défraya les chroniques tunisiennes et continue de nourrir la toile et les réseaux sociaux. La Tunisie est encore sous le choc.

Un meurtre devant lequel, l'innocence même perd courage. C'est un abîme d'atrocités, un vertige d'inhumanité absolue!

Au début, certains individus, essayèrent sur les réseaux sociaux, de faire passer le meurtrier pour un malade mental, dans une tentative d'alléger sa sentence si jugement il y a!

Même avéré, que fait un malade mental dans l'armée nationale?

En effet, le meurtrier, après avoir commis l'innommable, feint la folie, en offrant à sa mère, dans un sac, le corps ensanglanté et sans vie du petit.

La mère outragée dénonça son fils de militaire à la police: "Nice Try" dirait un américain!

Autre fait qui laisse perplexe, le médecin légiste, fonctionnaire de l'Etat, déclara ne pas avoir décelé des violences sexuelles sur la victime bien que le meurtrier avoua le contraire!

Lors du cortège funèbre de Yassine, la foule dont la crispation et la colère se voyaient sur les visages, ne faisait pas dans la nuance en clamant hautement: "Mort à l'assassin"!

Quant à ses proches, les visages burinés, témoignant d'une vie difficile, le regard noyé de désarroi et d'une douleur indicible, font leurs derniers adieux au petit Yassine qui ne fêtera pas l'Aïd cet été.

2015: La peine capitale applicable uniquement aux terroristes!

Ce message aux autorités, soulève la question de l'application effective de la peine capitale en Tunisie.

Après les attentats meurtriers de Sousse en Juin 2015, où périrent 38 touristes, la peine de mort fut légalisée en Juillet de la même année, par l'assemblée nationale, pour les terroristes, seulement pour les terroristes!

Le nouveau texte annule et remplace la loi antiterroriste de 2003, adoptée et largement utilisée, pour réprimer l'opposition, selon les diverses organisations se réclamant de la défense des droits de l'homme!

Il est à signaler, que la peine capitale existe dans le code pénal tunisien. Officiellement, la dernière exécution date de 1991.

En Tunisie, depuis son indépendance en 1956, seulement 264 exécutions furent menées.

À date, prés de 140 personnes attendent dans le couloir de la mort. Leurs peines pouvant être commuées en des condamnations à perpétuité.

Pour la petite histoire, en France, le couperet tomba une dernière fois un 10 septembre 1977 pour trancher sa tête au dénommé "Hmida Jendoubi", un franco-tunisien accusé de meurtre et de proxénétisme.

La peine de mort en France fut abolie en 1981.

De par le monde, 39 États appliquent la peine de mort. Alors que 50 autres Etats ne l'appliquent pas, bien que inscrite dans leurs code pénal. 105 États ont tout bonnement aboli la peine capitale.

Depuis 2007, une coalition nationale tunisienne de lutte contre la peine de mort fait du lobbying, sous la tutelle de l'ECPM (Ensemble Contre la Peine de Mort), pour abolir la peine capitale en Tunisie.

Au demeurant, et du coté de la rue, en avril 2013, une enquête d'opinion révéla que 70% des Tunisiens étaient contre l'abolition de la peine capitale et insistaient pour son maintien et surtout son application.

Pour l'heure, la peine capitale n'est pas abolie, mais un projet de loi l'interdisant circule dans les coulisses de l'assemblée nationale.

Je dirais qu'une telle loi, doit être soumise à un référendum national, car une loi votée par le peuple ne peut être injuste.

Aucune clémence pour ceux qui font fi de la vie d'autrui. Un tel crime écarte de la pensée et du cœur la moindre indulgence.

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