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Conférence "Tunisia 2020", le gouvernement en place a-t-il fait ses devoirs?

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Les 29 et 30 novembre 2016 se tiendra à Tunis la Conférence Internationale sur l'Investissement "TUNISIA 2020".

Participeront à cette conférence plus de 1 000 invités venus de 70 pays.

Des conférences-débats seraient tenues sur des thèmes aussi divers que variés: Économie Numérique, Tourisme, Éducation, Industries mécaniques et électriques, Santé, Industries pharmaceutiques, Industries textiles, Économie verte, Électricité, Énergies renouvelables, Agriculture, Industries agroalimentaires, Gestion de l'eau...

"TUNISIA 2020" espère assister les investisseurs potentiels privés à identifier les secteurs et les filières à fort potentiel de croissance avec une dimension régionale.

A juste titre, le ministère du Développement, de l'Investissement et de la Coopération Internationale présentera les nouvelles réformes structurelles et fiscales pour favoriser les investissements et drainer les capitaux.

Mais est-ce bien le bon moment pour la tenue d'une telle conférence, quand les derniers rapports internationaux DAVOS 2016 " The Global Competitiveness Report 2016-2017", et dernièrement le fameux rapport "Paying Taxes 2017", ne sont guère élogieux de la Tunisie.

Déjà, le rapport "DAVOS 2016" sur la compétitivité économique, classe la Tunisie à la 95ème position. Des résultats très peu édifiants.

En effet, la dégringolade de la Tunisie était plutôt rapide, passant de la 83ème position en 2013 à la 95ème en 2016, dont les détails ont été explicités dans un précédent article.

Fiscalité: La Tunisie a-t-elle perdu son attractivité?

Le rapport "Paying Taxes", est l'unique rapport préparé par le bureau international PwC et de la Banque Mondiale qui mesure et évalue la facilité, pour les entreprises de taille moyenne (PME), de payer les taxes auxquelles celles-ci sont assujetties dans leurs pays d'activités.

Dans la 11ème édition du rapport "Paying Taxes 2017", la Tunisie n'est malheureusement, encore une fois, pas à l'honneur.

Dans ce rapport, la Tunisie est classée 106ème sur un total de 189 pays!

Dans un but comparatif, on peut dresser le tableau sur le classement de la Tunisie et des pays du Grand Maghreb durant les 10 dernières années:

tableau

Durant la période 2008-2011, la Tunisie gravit rapidement les échelons dans le classement pour passer de la 148ème position à la 58ème.

Un gain de 90 places en 4 ans: Faut-il inscrire cette prouesse au crédit de l'ancien système?

Cependant, depuis 2011, année de chute de l'ancien régime, la descente aux enfers commence pour la Tunisie.

En effet, la Tunisie vit une régression continue durant la période 2011-2017, passant de la 58ème position à la 106ème: Un recul de 48 places en 6 ans.

Ce qui n'est pas pour rassurer les investisseurs.

Les prouesses du Maroc

Le Maroc est à la tête du podium, grâce à une fiscalité souple et légère et une série de sages réformes fiscales.

Ce pays est passé de la 132ème position en 2008, à la 41ème position en 2017 soit un gain de 91 places en l'espace de 10 ans: un exploit.

Il est à rappeler aussi, que ce pays est classé 70ème dans le rapport DAVOS alors que la Tunisie traîne à la 95ème position!

Faut-il peut-être s'inspirer du "miracle marocain", un pays qui avance à pas sûrs. Un pays très sollicité par les investisseurs aussi bien institutionnels que privés.

Pour l'heure, nous espérons toutes et tous que cette conférence ne prendrait pas les allures d'un miroir aux alouettes, et qu'elle se déroulerait dans une atmosphère bon enfant et sans incidents, car le cas échéant, perdant toute crédibilité et avec une image ternie, la Tunisie verrait impuissante son économie faire un pas de plus vers le gouffre de la banqueroute générale.

Hélas, dans une Tunisie morcelée par un jeu de conflits et d'alliances politiques et victime de passe d'armes entre des syndicats intransigeants et un exécutif acculé, le chemin est encore long et parsemé d'embûches."

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