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Voyage dans les villes américaines en 2016 : la Nouvelle Orléans (Première partie)

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NOUVELLE ORLANS
Farid Cherbal
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L'airbus 380-800 de Lufthansa vient juste d'atterrir sur le tarmac de l'aéroport international de Houston. Je suis de retour en Amérique.

14 Avril 2016, 13h50 min, Aéroport International de Houston

Comme les héros des films du grand cinéaste allemand Wim Wenders des années 70 et 80 qui étaient à la recherche du script perdu des pères fondateurs du cinéma, j'écris le script de ma vie, depuis dix ans maintenant, entre l'Amérique-Alger-Hammam Guergour/Bougâa.

Comme d'habitude, j'ai retrouvé le temps d'un vol de 11h30min, ma tribu, celle des nomades numériques, qui prennent le petit déjeuner à Pékin et dînent à New York. J'ai quitté Alger le jeudi 14 avril 2016 à 2h05 (heure locale) du matin en direction de la Nouvelle-Orléans.

Le voyage digital est maintenant une réalité en Algérie, pour la première fois, j'ai fait mon enregistrement sur Internet sur le site online de Lufthansa en direction de Frankfurt-Houston-New Orleans. Thanx to Algérie Télécom et à Google Chrome.

C'est mon deuxième voyage en Louisiane. J'avais visité la Nouvelle Orléans en 2008 à l'invitation de mes amis de toujours, Chérif et sa femme Khadidja qui habitent la Louisiane depuis 1994. En 2008, la Nouvelle Orléans était encore sous le choc de l'ouragan Katrina qui avait dévasté la ville le 29 août 2005, provoquant la plus grande catastrophe humanitaire naturelle dans l'histoire des USA.

Le président George Bush et son administration ont été sévèrement critiqués par les américains, pour leur impuissance à gérer cette grave crise humanitaire. Les habitants de la Nouvelle Orléans d'aujourd'hui et les générations futures n'oublieront jamais les 1836 victimes de cette terrible tragédie. Ils n'oublieront pas aussi le chaos et la confusion qui ont caractérisé la gestion de cette grave crise humanitaire par l'administration du président George Bush.

A l'aéroport international de Houston, je remarque qu'il n'y a pas la grande foule de voyageurs et de touristes qu'on rencontre habituellement dans les aéroports de New York, Chicago, Los Angeles, San Francisco, Miami, Orlando, et qui se pressent aux guichets de la police des frontières et des douanes (US Customs and Border Protection) pour le contrôle des passeports.

L'opération de contrôle de mes documents (passeport, visa, prise d'empreintes digitales et photo d'identité) par l'agent de l'US customs and border protection a pris moins de 10 minutes. Je cours récupérer ma légendaire valise made in China sur le carrousel du vol Frankfurt-Houston. Je dois l'enregistrer de nouveau sur le vol d'United Airlines en partance pour la Nouvelle-Orléans.

15 Avril 2016, Rue royale, French Quarter, Nouvelle-Orléans

J'habite la rue royale dans le quartier historique de la Nouvelle Orléans appelé French Quarter. On remarque tout de suite que la population de la Nouvelle Orléans a beaucoup changé depuis la catastrophe naturelle provoquée par l'ouragan Katrina en 2005.

La reconstruction de la ville a ramené les hispaniques et les asiatiques. Les touristes nationaux et du monde entier sont revenus en force pour visiter cette ville historique, célèbre pour sa place unique dans l'histoire de l'Amérique, pour sa contribution à la musique universelle (Jazz et Blues) et bien sûr pour sa cuisine légendaire, un mix de la cuisine française, africaine et hispanique, et on peut manger des crevettes et de la viande d'alligator !

Je suis à la Nouvelle-Orléans pour assister et présenter notre nouveau travail de recherche sur la génétique du cancer du sein et de l'ovaire dans la population algérienne, au 107ème congrès de l'Association Américaine pour la Recherche sur le Cancer (AACR).

Comme en 2008, je visite l'Amérique en pleine primaire pour l'élection présidentielle qui aura lieu au mois de Novembre 2016. Il faut souligner que la campagne des primaires de cette année 2016 est inédite, par l'émergence de deux candidats venus du fond de l'imaginaire de l'histoire américaine et du cinéma d'Hollywood.

En effet, Bernie Sanders, le vieux sénateur démocrate de l'Etat du Vermont et Donald Trump, le millionnaire, héro de la télé-réalité depuis des années, candidat du parti républicain, sont devenus des American heros, grâce à une campagne électorale qui a su capter surtout les électeurs qui avaient déserté les urnes depuis des années.

Donald Trump a su mobiliser l'Amérique blanche et pauvre, victime de la crise économique de 2008, comme l'a souligné le Pr Noam Chomski dans son article publié dans l'édition américaine du Huffigton Post.

Bernie Sanders a réussi l'exploit de mobiliser les jeunes américains grâce à un discours politique et social de vérité. C'est un discours de rupture par rapport au discours dominant des militants néolibéraux de Wall Street.

Bernie Sanders a réussi durant sa campagne électorale, à faire une déconstruction pédagogique (dans le sens du philosophe Jacques Derrida) du discours dominant des élites politiques et économiques de l'Amérique, depuis l'avènement de la révolution néolibérale sous le règne de l'administration du président Ronald Reagan.

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