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"Voyage au bout de l'Amérique de l'an 2008" (Première partie)

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Un texte-souvenir sur l'Amérique de 2008, qui a été publié au mois de mai 2008 dans le quotidien algérien "Algérie-News" à mon retour de mon premier grand voyage en Amérique. Un flash-back historique sur l'Amérique de l'année 2008 et de sa société civile qui a été et reste/restera un contre-pouvoir efficace et déterminé contre les dérives autoritaires du pouvoir politique.

La grande mobilisation des citoyens américains, depuis le 28 janvier 2017, contre le décret du président Donald Trump sur l'immigration au niveau des grands aéroports des USA (JFK à New York, Dulles à Washington DC, San Francisco ...) à l'appel de l'ACLU (The American Civil Liberties Union) pour la défense des droits des immigrants et des demandeurs d'asile venant des 7 pays à majorité musulmane (concernés par le décret), est un bon exemple du rôle majeur de la société civile américaine.

L'extraordinaire mobilisation des marches des femmes américaines à travers les grandes villes des USA, le samedi 21 janvier 2017, pour défendre la démocratie et les valeurs séculaires de la nation américaine, le confirme aussi. Ce texte -souvenir a été écrit en pleine campagne électorale présidentielle de 2008, à la veille d'un shift politique historique majeur qui allait voir l'élection du jeune sénateur de l' état de l'Illinois Barack Obama, comme le premier président d'origine Afro-Américaine des USA en novembre 2008.

La salle d'embarquement pour San Francisco de l'aéroport de Frankfurt est vide ce jeudi 10 avril 2008. Il est juste 6h du matin, mon vol sur San Francisco est programmé à 9h45. Je viens d'arriver d'Alger par le vol de 2h30 du matin de la compagnie Lufthansa, première étape d'un long voyage, dont la destination finale est San Diego en Californie. Avec le décalage horaire de 8h entre Alger et la Californie, j'allais vivre le plus long 10 avril de ma vie. Mon MP3 diffuse dans mes paysages intérieurs la chanson "Stay / Farway, So Close" du groupe U2, chanson phare de la bande son du film "Farway, So close" en allemand "In Weiter Ferne, So Nah" du cinéaste allemand Wim Wenders, sorti en 1992, et qui est la suite de son film "Les Ailes du désir" en allemand "Der Himmel über Berlin" sorti en 1987.


Le ciel au-dessus de Frankfurt

Je fais un long travelling avec la caméra vidéo de mon téléphone portable de la salle d'attente vide et de la piste du plus grand aéroport européen, encombrée comme tous les jours de l'année, d'avions de toutes les compagnies aériennes du monde. Une vue impressionnante sur le nouveau transport aérien à l'heure de la mondialisation.

C'est mon deuxième voyage en Amérique en deux ans. Je commence à comprendre aujourd'hui la fascination et l'influence qu'exerça l'Amérique sur l'œuvre des cinéastes Wim Wenders, Lars Von Trier et d'un certain nombre de cinéastes européens de leur génération.

Tout au long de mon voyage dans l'Amérique de 2008, je ferais comme le personnage de Philipp Winter (joué par Rüdiger Vogler) dans le premier road movie de Wim Wenders intitulé "Alice dans les villes" en allemand « Alice in den Städten » sorti en 1974, je n'écrirai pas de texte sur le paysage américain, mais je prendrais des centaines de photos de l'Amérique avec un appareil photo numérique, au lieu de l'appareil polaroid utilisé dans ce film. Ce qui est nouveau dans ce deuxième voyage, c'est que je serais relié en permanence à Alger, grâce à mon téléphone portable, puisque je peux utiliser le roaming de l'opérateur téléphonique chez qui je suis abonné.

Il est 10h dans le ciel de Frankfurt, je suis dans l'avion en route pour San Francisco, des passagers de diverses nationalités font partie du voyage, mais la majorité est de nationalité allemande. Ma voisine est une américaine qui vient juste de rentrer d'un voyage en Egypte, elle m'offre des gâteaux égyptiens.

L'hôtesse m'informe que le vol durera 12 heures, le service de Lufthansa est impeccable, le voyageur est vraiment chouchouté par l'équipage. J'enlève mes chaussures, de temps en temps, je marche le long des allées de l'avion pour éviter les problèmes de circulation sanguine liés aux vols de longue durée.

Des images me reviennent en flash-back sur le début des préparatifs de mon deuxième voyage aux Etats-Unis. En ouvrant mon gmail ce vendredi 15 février 2008, je trouve un message de l'association américaine pour la recherche sur le cancer (AACR) qui m'informe, que notre travail de recherche sur : " La génétique du cancer héréditaire du sein et de l'ovaire dans la population algérienne" que je devais présenter au congrès annuel de l'Association Américaine pour la Recherche sur le Cancer (AACR) au mois d'avril 2008 à San Diego (Californie), a été sélectionné par le comité scientifique organisateur du congrès, pour recevoir une bourse internationale de l'AACR et de la Fondation Avon pour la recherche sur le cancer du sein. La marraine actuelle de la Fondation Avon pour la recherche sur le cancer du sein est l'actrice américaine Reese Witherspoon.

En lisant cet e-mail, mes premières pensées ont été tout d'abord pour les patientes et leurs familles qui nous ont permis d'avoir un début de visibilité sur la génétique du cancer héréditaire du sein et de l'ovaire dans la population algérienne.

Un travail de recherche que nous menons depuis l'année 2003, au niveau du laboratoire de génétique de la faculté des sciences biologiques de l'USTHB à Alger. C'est un travail de recherche pour identifier les mutations germinales des gènes BRCA1 et BRCA2, qui sont les gènes majeurs de la prédisposition héréditaire au cancer du sein et de l'ovaire.

Ensuite, j'ai pensé à mes étudiantes qui ont contribué d'une manière efficace et brillante au début de la la réussite de ce projet: Nadjet, Anita, Shahrazade et Dounia ; à mon grand frère Daoud et ma nièce Romaissa qui résident à Paris, et dont l'aide morale et financière permanente a été déterminante pour la réussite de notre travail de recherche.

Cette première reconnaissance internationale venait aussi récompenser un travail d'équipe et de collaboration scientifique avec les médecins du secteur public et privé algérien, des scientifiques tunisiens et français. Parmi les médecins algériens, je citerai le Professeur Boualga Kada chef du service Radiothérapie du centre anti cancer de Blida, Dr Cherifi Ahmed, médecin gynécologue à Ouargla, les collègues tunisiens du Centre de Biotechnologie de Sfax et Christine Toulas, biologiste et responsable des laboratoires au niveau du Centre de lutte contre le cancer Claudius REGAUD de Toulouse (France).

California Dreaming ou Rêve de Californie

12 heures après, nous sommes toujours le 10 avril 2008, il est 10h45 heure locale, le Boeing 767 de la Lufthansa survole la magnifique ville de San Francisco, je reconnais le mythique Golden Gate Bridge, facilement reconnaissable par sa célèbre couleur "orange international" et par l'architecture de ses deux tours. Il relie la ville de San Francisco à la ville de Sausalito.

Comme à chaque voyage en Amérique, dès que j'arrive dans une ville, j'ai toujours cette impression d'être déjà venu, à cause de la banque d'images provenant des films hollywoodiens et des séries télévisées américaines, enfouie au fond de l'empire de ma mémoire. Dès que nous rentrons dans l'aéroport de San Francisco, un des plus grands aéroports américains, nous sommes accueillis par la célèbre fresque murale "Welcome to San Francisco".

Les formalités au niveau de l'US customs and Border protection (l'équivalent des polices des frontières) sont très longues. Les citoyens américains passent par des guichets qui leur sont spécifiquement réservés, le reste des citoyens du monde passent par des guichets réservés aux étrangers. Après les questions relatives à votre séjour, le policier de l'US customs and Border protection prend l'empreinte digitale électronique, ainsi que la photo de chaque étranger qui rentre en Amérique.

L'ambiance au niveau de l'aéroport de San Francisco ce jour-là était particulière, il régnait une très grande confusion, parce que la plus grande compagnie aérienne des Etats-Unis, American Airlines, avait annulé mercredi tous ses vols de Boeing MD-80 pour faire des inspections afin d'assurer leur sécurité et cela selon l'instruction de l'Administration Fédérale de l'Aviation (la fameuse FAA) qui réglemente l'aviation civile aux Etats-Unis.

La FAA avait attiré l'attention de la compagnie sur la fiabilité d'un système de câblage situé dans le puits du train d'atterrissage des appareils Des milliers de passagers ont été obligés de chercher une solution de transport alternative, 900 vols d'American Airlines ont été annulés ce jeudi 10 avril 2008. Plus de 100000 passagers étaient concernés par ces annulations, et se sont retrouvés bloqués dans les aéroports, certains ont dormi dans des lits de camp au niveau des salles d'attente des aéroports.

La FAA a renforcé ses contrôles après que les médias eurent fait état de défaillances réelles au niveau des inspections ces dernières années. Défaillances qui ont fait l'objet d'audiences au Congrès des États-Unis.

La ville de San Diego est distante de 700 km de San Francisco. Le vol dura 1h 10min. L'avion était rempli de chercheurs européens qui devaient participer au congrès annuel de l'AACR qui devait débuter le samedi 12 avril 2008. En survolant la ville de San Diego, on voit la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.

L'aéroport international de San Diego situé en bordure de l'océan pacifique est rempli de touristes venus des Etats-Unis, mais aussi du monde entier à cause du climat agréable de San Diego et de ses plages. Je m'installe dans un hôtel appartenant à une célèbre chaîne américaine, situé à mi-chemin entre l'aéroport et le centre-ville San Diego.

Ma chambre donne sur la marina du port de San Diego. Maritza et Sandra, deux américaines d'origine mexicaine, responsables du service clientèle au niveau de l'hôtel, vont s'occuper de moi avec une grande gentillesse et efficacité durant tout mon séjour à San Diego. Je les surnomme Farid's Angels en référence à la célèbre série télévisée "Charlie's Angels" des années 80.

San Diego est une ville côtière du sud de la Californie, située à l'extrême sud-ouest du pays, près de la frontière mexicaine, la ville de Tijuana est située à 20 km du centre-ville de San Diego.

San Diego est la seconde ville de l'État de Californie et elle compte 1 305 736 habitants, elle a été créée comme un poste militaire en 1602, elle appartenait comme toute la Californie du Sud à la colonie de Nouvelle-Espagne. En 1822, elle fut rattachée au Mexique, la ville devint américaine comme toute la Californie après la guerre mexico-américaine de 1847 et fut désignée comme chef-lieu du comté de San Diego ( la Californie devint le 31ème Etat de l'union en 1850) .

En 1885, une ligne de chemin de fer la relia au reste du pays. San Diego fut une importante base navale de l'armée américaine de 1907 jusqu'à la fin de la guerre froide. Elle est toujours le siège de nombreuses installations de l'armée américaine.

San Diego possède une forte influence hispanique et mexicaine à cause de son histoire, les hispaniques constituent officiellement 20% de sa population (sans doute largement plus à cause de l'importante immigration clandestine à partir de la frontière mexicaine) et sont majoritairement présents dans l'agriculture et l'industrie des services : hôtellerie, restauration, transport. J'ai aussi remarqué durant mon séjour que beaucoup de personnes du troisième âge travaillent dans le secteur du tourisme et dans les grands supermarchés. C'était l'indigence de certaines pensions de retraite qui obligeait ces personnes du troisième âge à reprendre une activité.

La langue espagnole est devenue la deuxième langue en Californie et cela est dû à la forte immigration mexicaine qui a commencé à partir des années 1980. La langue chinoise vient en troisième position. Il faut signaler aussi qu'en raison de son importance démographique en Californie, la communauté hispanique joue un rôle important dans les élections présidentielles.

Tout comme en Californie, la population de San Diego est diverse, on retrouve les siciliens, les portugais qui sont arrivés les siècles derniers et la nouvelle immigration des années 90 constituée par les citoyens des pays de l'Europe de l'est, d'Asie et d'Afrique. La cuisine et les diverses nationalités des chauffeurs de taxi sont l'expression vivante de cette diversité ethnique et culturelle de la ville de San Diego.

San Diego est une ville qui respire la richesse et l'opulence, tout comme l'Etat de Californie, elle attire les riches retraités et les jeunes attirés par le fameux California Dreaming immortalisé par la chanson "California Dreaming" (Rêver de la Californie) du fameux groupe de musique américain des sixties"The Mamas and The Papas".

Il faut rappeler que la Californie représente à elle seule 14 % du produit national brut de l'Amérique, si elle était indépendante, elle serait la sixième puissance économique mondiale.

L'agriculture intensive, les biotechnologies, l'industrie informatique, l'industrie cinématographique et le secteur tertiaire (le tourisme et les banques) constituent le fer de lance de l'économie californienne. Il est clair aujourd'hui que ce modèle de développement basé sur l'exploitation effrénée des ressources naturelles est remis en cause.

En effet, la protection de l'environnement et des ressources naturelles est devenue une priorité en Californie et son gouverneur républicain l'acteur Arnold Schwarzenegger est en désaccord profond avec l'administration Bush sur cette importante question, en effet il a initié un ambitieux projet pour lutter contre le réchauffement de la planète : le Global Warming Solution Act. Il faut signaler aussi que la lutte anti tabagique a commencé il y a 20 ans en Californie, ce qui fait que l'interdiction de fumer est de règle dans tous les lieux publics (Hôtels, restaurants, aéroports, etc...) au grand bonheur des allergiques, dont je fais partie.

Ma visite au merveilleux SeaWorld (Monde de la mer) fut une vraie découverte : un parc d'attraction thématique, où l'on peut notamment découvrir des requins, des dauphins, des otaries, des éléphants de mer. Le magnifique Zoo de San Diego situé dans le merveilleux domaine appelé Balboa Park est géré par une fondation à but non lucratif, dont les profits sont réinvestis dans des programmes pour la protection de la nature, comme le Centre de reproduction des espèces en danger (Pandas, Gorilles,...). La visite de ces deux lieux me confirma que la préservation de la diversité biologique est réellement une préoccupation majeure en Californie. Le musée de Balboa Park et le village hispanique sont des merveilles d'architecture.

La recherche scientifique et l'éducation au cœur de la cité de San Diego

L'éducation et la recherche scientifique sont au cœur de la ville américaine. En effet l'histoire de la formation sociale et historique américaine a toujours mis l'université et le savoir au cœur de la cité.

La ville de San Diego possède la prestigieuse Université de Californie de San Diego, plus couramment appelée sous ses initiales UCSD, qui est classée 13e meilleure université du monde en 2007.

Le congrès annuel 2008 de l'Association Américaine pour la Recherche sur le Cancer (AACR) se déroula du 12 au 16 avril 2008 au niveau du Convention Center de San Diego (Palais des conférences), un des plus importants aux Etats unis, situé à quelques dizaines mètres du cœur historique de San Diego , face à l'Océan, à côté du magnifique port.

Toute la ville est au courant des travaux du congrès, ou que vous alliez en ville avec votre badge du congrès : restaurants, hôtels, taxis, etc... Vous êtes chaleureusement accueillis, et on vous presse parfois de questions sur les dernières découvertes sur le cancer. Durant les cinq jours du congrès, des visites pour les élèves des collèges et des écoles sont organisées au Convention Center afin de les familiariser avec le monde de la recherche scientifique.

L'AACR a organisé le premier jour du congrès, le samedi 12 avril 2008, une réception au niveau de l'hôtel U Grant situé au centre-ville de San Diego (équivalent du Crillon de Paris ou du Carlton à Cannes) en l'honneur des boursiers qui sont invités pour présenter leurs travaux à ce congrès. Les boursiers viennent des quatre coins du monde, on parle toutes les langues, une vraie tour de Babel.

Je suis parti à la réception, habillé avec une chemise de marque "Redman" et des chaussures de marque "Manuca", pour rendre hommage au secteur économique algérien productif, qui est aujourd'hui en danger de mort à cause de la politique économique néolibérale des pouvoirs publics.

Je fais partie d'une génération qui est rentrée à l'université algérienne grâce au projet politique et économique souverain du Président Houari Boumediene, aux luttes et sacrifices des militants Keddar Berekaâ, Houari Mouffok et Mahdi Mahmoud dit Zorba et de leurs camarades de l'UNEA historique (Union Nationale des Etudiants Algériens 1963-1971).

J'ai étudié et je travaille dans une université (l'USTHB à Alger) qui a été conçue par l'architecte brésilien Oscar Niemeyer. Elle a été réalisée entièrement par une société nationale du bâtiment à 100% algérienne appelée la DNC. J'écris cela pour lutter en permanence contre les termites de l'amnésie (comme dirait l'écrivain Milan Kundera) qui sont en train d'envahir notre pays.

Le lendemain, Mona et Nancy, les deux jeunes assistantes de l'AACR qui s'occupent des chercheurs lauréats d'une bourse invités pour assister au congrès annuel, m'accueillent chaleureusement au niveau du centre d'accueil des membres associés de l'AACR, en me disant : "Welcome to AACR".
En effet, ma candidature comme membre associé de l'AACR a été acceptée au mois de mars 2008.

Durant les cinq jours du congrès, les dernières découvertes en matière de recherche en cancérologie sont exposées, des sessions spéciales avec des experts sont organisés à partir de 7h du matin (le travail commence à 7h du matin en Californie). J'ai présenté mon travail le mercredi 16 avril, durant quatre heures, j'ai eu des riches discussions avec les chercheurs du monde entier.

Ma voisine, une jeune indienne nommée Harini, silhouette haute et fine, dessinée à l'encre de chine, a le look d'une star du cinéma indien, sortie tout droit d'un film de Bollywood. Elle a émigré aux USA depuis 5 ans et elle est titulaire d'un PhD en biologie moléculaire. Elle présenta un travail intéressant sur l'effet des molécules anti oxydantes sur les cellules cancéreuses. C'est un travail de recherche qui a été réalisé à l'université de Louisville dans l'Etat du Kentucky. C'était la première fois qu'elle rencontrait un algérien, et elle fut surprise par ma grande connaissance du cinéma indien.
Un moment fort du congrès, fut la conférence du Professeur Sydney Brenner, un des fondateurs de la biologie moléculaire et qui est d'origine sud-africaine. Il a obtenu le prix Nobel de médecine et physiologie en 2002. Avec un humour très britannique, une grande humilité et dans la tradition des scientifiques européens comme Albert Einstein, Niels Bohr, Paul Dirac, Jacques Monod, François Jacob, Laurent Schwartz ... Il décrypta pour la nombreuse assistance, les nouvelles tendances de la génétique moléculaire humaine à l'heure des cellules souches et du clonage des êtres vivants.
Il rendra un hommage particulier au grand intellectuel américain Noam Chomsky, en proposant d'une manière ironique aux généticiens qui "découvriront" le "gène du langage" de l'appeler le gène de Chomsky!

Elections présidentielles de novembre 2008, hausse du prix de l'essence, guerre en Irak et Hollywood contre Bush

En lisant le journal à grande diffusion qui est "USA today" et en regardant les télévisions du réseau hertzien qui sont NBC, ABC, CBS, et Fox, on constate que l'actualité politique dans l'Amérique de 2008 est bien sûr dominée par les futures élections présidentielles qui auront lieu en Novembre 2008, par la hausse du prix de l'essence et la guerre en Irak.

Concernant les élections présidentielles, ceux sont les longues élections primaires du parti démocrate entre la sénatrice de l'Etat de New York Hillary Clinton et le jeune sénateur de l'Illinois Barack Obama qui focalisent tous les médias et l'opinion publique. Une vraie série américaine qui oppose une politicienne de la dynastie des Clinton et un jeune afro-américain aux origines modestes de père kenyan et d'une mère américaine. Bien sûr, Hillary Clinton avait gagné les primaires de Pennsylvanie le mardi 22 avril ce qui lui a permis de revenir dans la course, c'était juste un répit.

En effet, la vague Obama allait par la suite tout emporter, puisque grâce à sa victoire dans l'Etat de l'Oregon le 20 mai 2008, le sénateur de l'Illinois a gagné la majorité absolue de la catégorie "délégués ordinaires" issue des primaires.

Bien sûr, c'est les super délégués qui sont les cadres du parti démocrate, ils sont au nombre de 796, qui vont faire la différence. Mais il est impensable de croire que les super délégués iront contre le vote populaire qui a déjà plébiscité Barack Obama, pour donner leurs votes à Hillary Clinton.

Ce serait catastrophique pour le parti démocrate. Il faut souligner que malgré la victoire de Hillary Clinton le 1 juin à Porto Rico et quelque soit les résultats des primaires du Dakota du sud et du Michigan, le sénateur Obama aura toujours le plus grand nombre de délégués.

A moins d'un miracle de la dernière minute pour Hillary Clinton, le parti démocrate désignera lors de sa convention fin Août 2008 à Denver, Barack Obama comme candidat du parti démocrate face au candidat du parti Républicain le sénateur John McCain.

Ce sera une élection présidentielle inédite et très symbolique, le candidat démocrate Barack Obama, un jeune afro-américain aux origines modestes âgé de 47 ans ( il est né en 1961) sera opposé au candidat républicain John McCain âgé de 71 et qui est un vétéran de la guerre du Vietnam. Aujourd'hui, le sénateur John McCain est un ardent soutien de la guerre en Irak et un partisan d'une intervention en Iran .

La future candidature d'Obama Barack aux élections présidentielles sera le fruit des luttes et des sacrifices du mouvement pour les droits civiques des années guidé par le Pasteur Matin Luther King et de la société civile américaine. La campagne des primaires du parti démocrate, traduit à mon avis un profond changement de la société américaine qui est désormais prête à accepter une femme comme présidente ou un afro-américain comme président des états unis. Une véritable révolution dans une Amérique dominée depuis 8 ans par l'idéologie des néoconservateurs.

La fiction rejoint la réalité ! En effet, dans la célèbre série américaine "24", le président des Etats-Unis est un afro-américain dans les 3 premières saisons de la série.

Il faut rappeler que Barack Obama bénéficie du soutien des jeunes, des américains hostiles à la guerre en Irak, de la famille Kennedy et d'un certain nombre de stars de Hollywood comme les actrices Halle Berry, Sophia Bush et Scarlett Johansson, les acteurs George Clooney, Matt Damon, Will Smith, Ben Affleck, la romancière Toni Morrison ou l'animatrice de télévision Oprah Winfrey, personnalité extrêmement influente dans son pays, notamment au sein de la communauté afro-américaine. Le 21 avril 2008, il a obtenu également le soutien du cinéaste Michael Moore.

Le refus en 2002 de Barack Obama de cautionner les explications des néo-conservateurs au sujet d'une invasion nécessaire de l'Irak lui a permis de gagner les voix des opposants à la guerre en Irak. Ce refus lui servira de référence tout au long de sa campagne pour l'investiture de l'élection présidentielle américaine de 2008 pour contrer ses adversaires démocrates comme Hillary Clinton.

Il est clair aujourd'hui en Amérique, les opposants à la guerre en Irak sont majoritaires. La société américaine a pris beaucoup de recul sur cette question fondamentale, elle est entrain de dépasser le traumatisme du 11 septembre 2001.

Il est loin le temps ou les faucons néo conservateurs trompaient le peuple américain sur les soi disant "armes de destruction massive" que possédait le régime de Saddam Hussein, pour justifier l'invasion de l'Irak, pays souverain, membre des Nations Unies, en violation avec le droit international et la charte des Nations Unies.

Il faut rendre hommage au courage de l'intellectuel Noam Chomsky, à l'actrice Susan Sarandon et son mari l'acteur Tim Robbins, à l'acteur Sean Penn, au producteur de la série télévisée "ER" Michael Crichton, aux réalisateurs Michael Moore et Brian de Palma qui ont été parmi les premiers à s'opposer à cette guerre coloniale d'un autre âge contre le peuple irakien. Malgré le retour du Maccarthysme à Hollywood, pas moins d'une vingtaine de films sont sortis depuis octobre 2007 et qui traitent du sujet de la guerre de l'Irak. La plupart de ces films interrogent la politique américaine menée depuis l'attentat du 11-Septembre, les manœuvres et mensonges de l'administration Bush pour sa guerre contre « l'Axe du mal » et le prix à payer.

Parmi ces films on peut citer : "Redacted" de Brian de Palma, "In The Valley of Elah" de Paul Haggis, "Home of the Brave" de Irwin Winkler, "Grace Is Gone" de James C. Strouse, etc.
Ces films reflètent l'angoisse et l'inquiétude du peuple américain :160 000 soldats américains sont toujours stationnés en Irak cinq ans après le début de l'invasion, 4 000 y ont perdu la vie.

Il ne faut surtout pas oublier les centaines de milliers de victimes irakiennes. A voir toutes ces œuvres, on ne peut qu'être d'accord avec le romancier Romain Gary qui disait que "le cinéma est le livre ouvert de la société américaine".

Ces films annoncent une grande offensive du cinéma américain contre la guerre en Irak, la politique étrangère de l'administration Bush au moyen orient et les mensonges d'État. C'est la censure exercée par le pentagone sur l'information provenant d'Irak qui a été une des clés de l'embrasement d'Hollywood.

Pour l'Irak, la censure a été la règle, inaugurant le reporter "embedded", c'est-à-dire embarqué au cœur des troupes, dans la fraternité soldatesque et sous le contrôle de services de communication de l'armée. En effet, Brian De Palma a déclaré au festival de Deauville en 2007 : "Ce que le Pentagone a appris du Vietnam, c'est de garder les journalistes loin de la guerre". D'ailleurs, Brian de Palma et Paul Haggis ont trouvé tous les deux les sujets de leurs films sur Internet. Le réalisateur Paul Haggis a déclaré : "J'ai pris l'habitude de prendre les infos qui ne passent pas sur les médias institutionnels. C'est pour dénoncer cette censure que Brian De Palma a recouru à un mot rare pour titrer son film "Redacted" qui veut dire expurgé !

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