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Touristes israéliens en Tunisie ou l'abcès à crever d'une politique xénophobe

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Il est des députés qui donnent la plus mauvaise image de l'Assemblée, accréditant l'idée de la nécessité de sa dissolution en faveur d'une assemblée consensuelle,qui soit réellement représentative du peuple tunisien et de l'esprit de la Révolution.

En effet, ce n'est pas en s'agitant à faire circuler des pétitions contre un gouvernement appliqué à redorer l'image du pays pour y ramener les touristes qu'on aidera la Tunisie à sortir de l'ornière où elle se trouve.

Une pétition a circulé contre les ministres du Tourisme et de l'Intérieur pour leur audition à propos de l'affaire des touristes israéliens. Elle aurait recueilli pas moins de 78 signatures, ce qui montre l'étendue des dégâts, les menées xénophobes n'émanant pas que du seul parti Wafa habitué à de pareils esclandres.

LIRE: L'affaire des touristes israéliens rattrape le gouvernement

Une xénophobie politique

Il s'agit bien de xénophobie, un abcès que nos politiques tolèrent sans oser encore le crever tant qu'il est encore temps. Car, dessous, une escarre est constituée et elle est en train de s'étendre nécessitant détersion au plus vite. Il nous faut une attitude claire et nette, ne cédant en rien sur les principes, mais ne tolérant aucune démagogie.

En politique extérieure, elle est de faire de l'État d'Israël un épouvantail, cachant mal la xénophobie de ses tenants. Comme si une telle feuille de vigne suffisait pour le triomphe des principes.

Ceux-ci sont clairs en Tunisie: un mixte d'attachement indéfectible à la légalité internationale et d'action pour une juste solution en Palestine reconnaissant les droits légitimes du peuple palestinien.

Aussi, il ne faut ni amalgame ni confusion de valeurs. La Tunisie en pays ouvert et légaliste ne peut refuser l'entrée sur son territoire à des touristes, quelle que soit leur nationalité, du moment que les formalités requises par une législation juste sont respectées. Celles-ci doivent être les plus souples, eu égard à la vocation touristique de notre pays, terre d'accueil et de tolérance.

Il se trouve que cette image de marque a été flétrie par la regrettable affaire des touristes israéliens interdits de débarquer en Tunisie alors que le navire sur lequel ils se trouvaient faisait une escale à Tunis. Or, l'organisateur de la croisière avait l'assurance que la politique habituelle en matière de délivrance de visa aux frontières serait reconduite. Quelle ne fut sa surprise lorsque le ministère du Tourisme, son interlocuteur, fut désavoué par le ministère de l'Intérieur décidant de ne pas délivrer de visa aux Israéliens.

LIRE: Touristes israéliens, une décision politique et préméditée

La vision de Bourguiba

Il s'agissait certainement de raisons politiciennes. Mais depuis quand nos valeurs font-elles grief aux gens du simple fait des torts de leur gouvernement? Ces touristes avaient-ils mission de représenter l'État d'Israël en Tunisie? Ne sont-ils pas venus en amis? Ne sait-on plus honorer les amis sur notre terre? En les accueillant, agissait-on comme s'il s'agissait d'une reconnaissance de leur État?

Et puis, pourquoi ne pas admettre une réalité internationale dont la légalité impose ipso facto celle de l'État palestinien, surtout que les premiers intéressés -- que sont les Palestiniens -- le reconnaissent? Sa reconnaissance n'est-elle pas une bien meilleure façon de l'amener à respecter la légalité internationale sur laquelle repose son État? Comment peut-on appeler au respect d'une légalité tout en la bafouant?

Autant de questions qu'il est temps de poser haut et fort et d'y apporter la plus expresse des réponses. Elle consiste à crever cet abcès de la xénophobie politique en osant déclarer ce que nombre de politiciens pensent tout bas sur ce pan de la politique internationale. La Tunisie doit revenir à la vision de Bourguiba du conflit de Palestine. Si on l'avait appliquée en son temps, on n'en serait pas encore en pareille situation de préhistoire politique.

Aussi, à cette occasion, le gouvernement doit être très ferme et avoir le soutien le plus net du Dialogue national. Il ne s'agit plus d'adopter un profil bas, comme lors du vote pour l'obtention de la confiance à l'Assemblée, lorsqu'on reprocha à la ministre du Tourisme un transit par Israël en direction des Territoires occupés.

Si l'on veut vraiment un jour la libération de ces territoires, il importe qu'on agisse à cette fin dès aujourd'hui, méthodiquement et rationnellement. Cela suppose de cesser d'instrumentaliser la cause palestinienne à des fins de politique domestique et de rompre avec la langue de bois. Il est temps d'enlever de notre politique étrangère l'immoralité d'une xénophobie aux relents racistes.

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