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Pour Kamel Daoud

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On peut avoir ce qu'on veut comme opinion sur l'homme et/ou son oeuvre, mais on ne peut qu'être pour Kamel Daoud.

Voici un homme qui ose penser librement et qui dérange. Aussi, ne pouvant contrer ses idées, contester sa façon de voir le monde, de penser la vie, on appelle à le tuer.

En toute logique, cela relève de la plus basique criminalité, et l'État où pareille atteinte grave à l'ordre a lieu est sommé de réagir, mettre fin à un tel trouble de la paix publique.

C'est ce qui se passe en temps normal, quand l'État a des institutions qui sont au service du plus grand nombre, comme l'exige leur devoir, n'étant point instrumentée par certains.

Or, en Algérie, les autorités officielles affectent une étrange neutralité, une attitude suicidaire, car elle sape les fondements de l'État qui, doit-on le rappeler encore, repose sur le droit exclusif d'user de la puissance publique pour faire régner l'ordre juste dans la société?

En fermant manifestement les yeux sur le forfait d'un homme prétendant abusivement parler au nom d'une religion absolument innocente de sa turpitude, l'État algérien nie sa propre raison d'être et se met aux services d'un voyou.

Car appeler au meurtre, ce n'est rien d'autre que de la délinquance, et pas n'importe laquelle, du banditisme! Et quand une telle horreur se fait au nom de la religion, elle devient tout simplement un péché, le plus grave même, car le malfaiteur se prend pour Dieu pour décider de la vie de ses créatures.

D'autant plus que l'horreur se double d'une tromperie, faisant passer la simple opinion individuelle qu'est la fatwa, en un décret quasiment contraignant pour les croyants naïfs, risquant de manipuler les plus dévots d'entre eux.

Il est donc impératif que l'État algérien se décide à réagir incontinent en mettant fin au trouble caractérisé de l'ordre public que vient de commettre sans vergogne un prétendu musulman faisant fi des valeurs de tolérance et de respect de la liberté de conscience de l'islam.

Il est temps que l'État de droit en Algérie ne soit pas assimilé à l'état de la jungle où seules comptent la force des malfrats et la ruse des fripons. Il y va non seulement de son propre honneur, mais aussi et surtout de celui de l'islam dont les valeurs sont ainsi violées éhontément.

Il suffit de laisser ainsi des bandits user à leur guise d'une foi pacifique et altruiste pour satisfaire leurs pulsions de mort! Il est temps qu'Éros en terre d'islam triomphe enfin du Thanatos intégriste!

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