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L'Alzheimer, du traitement chimique à la prise en charge traditionnelle

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On annonce une énième découverte pour soigner l'Alzheimer que des spécialistes considèrent comme une soi-disant maladie. Ma propre expérience m'amène à confirmer cette conception humaniste.

Résumée dans un essai, elle est le résultat d'une douzaine d'années d'accompagnement de ma mère et m'a autorisé à soutenir qu'on peut "guérir l'Alzheimer", nullement avec les produits chimiques, en usant de "bécothérapie", la science du cœur. Celle-ci fait appel aux trésors insoupçonnés en nous d'ondes, de courants, de fluides et d'énergie magnétique, une force bénéfique aussi bien pour le malade que pour l'accompagnateur dans un rapport où l'acte d'amour est un acte médical.

Thérapie alternative de l'Alzheimer

En invitant à délaisser les produits chimiques, je préconise de faire de nos sentiments un moyen de guérir au sens de souffrir le moins sinon point. S'ajoutant à la musicothérapie, la thérapie des bisous atténue nettement les ravages du mal, préservant des effets néfastes des médicaments, les trop fameux effets iatrogènes.

Et leur nocivité n'est plus à démontrer. Une étude de longue durée de The Lancet Neurology montre qu'il y a une forte hausse des risques d'effets secondaires graves et de mort chez les patients recevant des médicaments. Il est établi que "si quelqu'un diagnostiqué avec la maladie d'Alzheimer 'se conduit mal' et manifeste des symptômes neuropsychiatriques, comme l'agressivité et l'agitation, c'est qu'il a souvent reçu des médicaments antipsychotiques".

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Le ratio bénéfices/inconvénients guidant la prescription médicamenteuse est ainsi devenu en défaveur du malade. Aussi, eu égard à la persistance de la tradition d'une prise en charge familiale dans notre société, il est impératif qu'on préserve la tradition du traitement de la maladie, seule dans l'intérêt bien compris du malade.

La "soi-disant maladie d'Alzheimer"

C'est ce que les neurologues américains Peter J. Whitehouse, et Daniel George proposent aux médecins de dire à leurs patients. Paru aux États-Unis, leur ouvrage iconoclaste s'intitule: "Le Mythe de la maladie d'Alzheimer. Ce qu'on ne vous dit pas sur le diagnostic tant redouté" (Ed. Solal, 2009).

Preuves à l'appui, les scientifiques affirment que "les traitements existants sont très peu efficaces et l'espoir d'un remède est basé sur un acte de foi et des extrapolations scientifiques non évaluées" et la prise en charge actuelle "emprisonnerait de nombreux adultes encore fonctionnels dans le couloir de la mort mentale".

Titrée "En attendant Godot", la partie réservée à la médication et aux traitements pointe la responsabilité de l'industrie des multinationales pharmaceutiques dans le flou entretenu autour de la maladie, maintenant l'inquiétude et l'effroi pour le financement de leurs travaux dans le but d'encourager la recherche, ce qui ne demeure pas moins moralement contestable. Selon eux, la complexité des phénomènes rend "absurde" la notion de trouble cognitif léger situé entre la démence et le vieillissement normal, et appellent à accepter dans la société des "troubles cognitifs admis".

La catégorisation en maladie d'états distincts du vieillissement normal est contestable, l'Alzheimer n'étant pas une entité spécifique; "il n'existe aucun moyen accepté par tous pour la différencier du vieillissement normal, ce qui rend ainsi chaque diagnostic seulement 'possible' ou 'probable' et chaque cas individuel hétérogène et unique dans son évolution". Les spécialistes sont catégoriques: "Le diagnostic emprisonne de nombreux adultes encore fonctionnels dans le couloir de la mort mentale" alors que les personnes en proie à des troubles cognitifs conservent un potentiel de vitalité, d'épanouissement et même de sagesse tout au long de leurs années de déclin.

L'Alzheimer en Tunisie

Moins réductrice et plus humaniste du vieillissement cérébral, assumant la complexité des facteurs biologiques, psychologiques, sociaux, culturels et environnementaux, la nouvelle approche conseille d'intégrer les "malades" à la société, les y garder partie prenante à travers des rapports intergénérationnels utiles à leur équilibre.

C'est ce qu'on a pratiqué chez nous avant que la médicalisation à outrance ne change nos habitudes. La conviction en l'utilité de l'approche biomédicale est désormais incrustée dans la mentalité tunisienne, prégnante chez les médecins et les autorités sanitaires continuant à entretenir l'illusion de l'utilité de médicaments nocifs.

La conclusion de l'étude précitée affirme bien qu'il est établi que "si quelqu'un diagnostiqué avec la maladie d'Alzheimer 'se conduit mal' et manifeste des symptômes neuropsychiatriques, comme l'agressivité et l'agitation, c'est qu'il a souvent reçu des médicaments antipsychotiques. Il s'avère maintenant que cette pratique peut être mortelle".

Réhabiliter notre prise en charge traditionnelle est urgent alors que la population, même si elle reste globalement jeune -- la tranche de vie de la population active des 15 à 52 ans représentant les 68 % selon le recensement de 2008 --, commence à vieillir, à mal vieillir, les plus âgés étant estimés à un million. Sur les 10% de la population âgée, on suppute qu'au moins 3,7 % sont atteints de sénilité, et la progression est énorme: si ce chiffre n'était que de 0,135 % en 1985, on prévoit que ces personnes atteindront 17,7 % en 2029.

On n'insistera jamais assez sur l'intérêt de l'hygiène de vie et de l'activité, tant physique que mentale, comme parade pouvant être la plus efficace pour échapper à ce mal, en atténuer les effets. Il urge donc de renouer avec notre passé qui acceptait ses vieux malgré leurs troubles sans médicaments aggravant leur mal.

Signalons enfin le rapport français sur la santé mentale des seniors d'avril 2011 insistant sur la dimension spirituelle du vieillissement et recommandant de développer une hygiène de conscience. La vieillesse est une réserve de vie spirituelle, d'apprentissage de la connaissance de soi qui peut permettre d'éviter le naufrage spirituel à défaut d'empêcher le déclin physique.

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