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Honorer l'islam par une fatwa édictant que l'homophobie viole la religion!

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Il est un fait sur lequel il n'est plus permis de fermer les yeux: l'avancée sournoise d'un terrorisme religieux dans les têtes qui est certes minoritaire, mais qui fait du bruit et des dégâts.

On l'a vu dernièrement à Sfax où certains activistes guère différents des bandits et des terroristes veulent transformer un simple imam en Dieu et la religion qui a aboli les idoles en une maffia.

On l'a vu aussi sur la chaîne de télévision Zeitouna qui, commentant l'action salutaire de l'association Shams, se permet une désinformation éhontée, appelant à la haine en violation de la légalité nationale, la constitution prohibant l'anathémisation.

Rouiched le Menteur?

En cette atmosphère délétère, il est impératif que les plus hautes autorités prennent leurs responsabilités entières afin de mettre le holà à une telle dérive fascisante.

Si la décision du ministre du culte est juste et doit être appliquée, bannissant les fauteurs de trouble de nos moquées qui doivent rester à l'écart du malsain jeu politique, on attend que les responsables politiques prennent les décisions qu'il faut et qu'impose le vivre-ensemble paisible dans le pays.

Le ministre de la Justice a eu en ce sens une saine attitude appelant à l'abolition de l'homophobie; mais ni le président de la République ni le chef du parti de l'opposition islamiste n'ont osé avoir l'attitude juste qui devait être la leur. Et le voilà démis de ses fonctions!

M. Ghannouchi s'est aussi offert de nouveau le luxe de se démentir en refusant aujourd'hui ce qu'il acceptait hier. Aussi, à continuer ainsi à mentir sans vergogne, il finira par mériter le surnom de Menteur.

On sait qu'en arabe la réduction du prénom de celui qui faute par le mensonge est une forme éminente de style pour accentuer la gravité de ce véritable péché en islam.

Que M. Rached Ghannouchi prenne donc garde, à trop user de mensonge, à ce que l'histoire ne fasse de lui l'alter ego de Mousaylima le Menteur (dont le vrai prénom était Maslama), devenant Rouiched le Menteur!

Nous ne lui souhaitons pas eu égard à ses qualités politiques par ailleurs avérées, même si elles sont le plus souvent mal instrumentées et en déphasage avec les exigences de la Tunisie révolutionnaire qui impose que l'homophobie soit définitivement enterrée en Tunisie en tant que marqueur de la démocratie et en respect de l'esprit et de la lettre authentiques de l'islam.

Une exception Tunisie

En cela, la destinée de notre pays est de continuer à innover, justifiant être l'exception qu'on se targue de lui trouver aujourd'hui sans vouloir concrétiser cette réalité bien vérifiée auprès du peuple, tolérant dans sa majorité et libertaire même.

En cette matière, il pourrait ainsi être le premier pays arabe et musulman à bannir l'homophobe sur son sol en conformité avec un islam enfin correctement interprété.

Il le fera comme il a eu déjà le courage de le faire en 1846 quand le Bey de Tunis Ahmed 1er (1837-1855) a aboli l'esclavage en son royaume et ce bien en avance sur tous les pays arabes et musulmans ainsi que nombre d'États européens, comme l'Espagne et le Portugal.

Lisons Auguste Barthélemy saluer cet acte majeur dont nous appelons la réédition pour ce qui est de la tare antédiluvienne qu'est l'homophobie:

"Écoutons! Jusqu'aux cieux un grand bruit est monté:

Hourra! L'Afrique pousse un vent de liberté.

Et ce cri de l'Atlas, que l'écho répercute,

Fait tressaillir le "noir" accroupi sous la hutte.

Pendant que notre loi n'ose encore abroger

Les bazars de chair noire, autour des murs d'Alger,

Le Sultan de Tunis abolit l'esclavage;

Le pied du "noir" est libre en touchant son rivage.

Dans le marché public ou pendait le carcan,

Les fers au lieu de lui sont vendus à l'encan.

Que le Dieu tout puissant le couvre de son aile

Que l'Europe à ses rois l'impose comme modèle,

Que son glorieux nom éternise mes vers!

Sur un cap africain dominateur des mers,

Avec les fers brisés de la traite abattue,

Que l'Europe chrétienne érige une statue,

Où la philanthropie écrive de sa main.

Ahmed Bey de Tunis, ami du genre humain"

Une fatwa pour honorer l'islam

Rappelons que l'abolition de l'esclavage a été rendue possible par un avis religieux (fatwa) émanant du célèbre jurisconsulte mufti de la République Sidi Ibrahim Riahi, considéré parmi les saints protecteurs de l'islam en Tunisie.

Que le mufti, dont on soupçonne à juste titre des inclinations islamophobes prenant source dans l'islam judéo-chrétien qu'est le wahhabisme, suive donc l'exemple de son illustre prédécesseur en osant édicter une fatwa qui ouvre la voie à l'abolition de l'homophobie en Tunisie pour honorer le vrai islam!

En effet, les valeurs de notre foi sont violées par l'homophobie; les préceptes islamiques de tolérance et de justice commandent son abolition au plus vite pour stopper l'avancée sournoise de Daech dans les têtes!

Car de deux choses l'une: où l'islam condamne l'homosensualité, et il faut alors faire comme l'Arabie saoudite en mettant à mort l'homosensuel; ou l'islam ne condamne pas ce sexe naturel chez une minorité humaine, mais parfaitement répandu dans la nature, et on doit alors arrêter de brimer des innocents au nom d'un islam ainsi défiguré!

À quand donc une fatwa du mufti tunisien reconnaissant que l'homophobie viole l'islam et autorisant son abolition en Tunisie? C'est ainsi qu'il se dédouanera des soupçons qui le concernent tout en honorant vraiment l'islam, foi d'amour et de justice.

Si nécessaire, s'il refuse de remplir son devoir de rendre justice à l'islam, le mufti doit être remplacé. Ce sera une raison bien valide pour que l'islam en Tunisie ait, comme par le passé, un véritable serviteur de son esprit pur et non de cette caricature qu'on veut lui imposer, l'Antéislam wahhabite daéchien!

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