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Eros contre Thanatos ou contrer le terrorisme par le sexe

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Le magazine Égoïste affiche à la une de sa dernière livraison la photo dans le plus simple appareil de l'actrice iranienne Golshifteh Farahani.

Une femme rebelle

Rebelle dans son pays, cette actrice de talent avait fui pour l'exil en France son pays depuis avoir joué dans un film qui n'a pas plu aux autorités iraniennes « Mensonges d'État » de Ridley Scott, sorti en 2008.

Elle avait déjà osé dévoiler un sein avant d'oser relever le défi de poser ainsi nue pour le photographe de mode Paolo Reversi.

Ce faisant, cette comédienne qui est une star reconnue par Hollywood, manifeste bien sûr sa vocation d'être une femme libre.

Une militante pour la vraie morale

Plus important encore, elle milite ainsi pour la liberté d'expression dans son pays et au-delà, dans le monde arabo-musulman et même l'univers tout entier, gagné actuellement par une pudibonderie criminogène.

Bien plus que la morale prude qu'elle violente ainsi, comme ne manquent pas de le dénoncer les autorités intégristes en Iran et ailleurs, elle conteste la volonté de ces dictatures d'instrumentaliser la religion, comme naguère en Occident, pour dominer leur société en usant d'une morale qui n'a rien d'islamique.

En effet, j'ai déjà apporté la preuve dans divers articles que la nudité n'était pas un péché en islam et que même le sexe n'y est pas tabou.

Le sexe, métaphore pour les libertés

J'affirme et je réaffirme donc ici que, dans un monde devenu fou, étant menacé par l'intégrisme non seulement religieux, mais aussi profane, le sexe est désormais une métaphore pour les libertés.

Les dictatures arabes et musulmanes ne peuvent plus se cacher derrière la feuille de vigne de leur morale pudibonde qui est bien plus judéo-chrétienne qu'islamique. Pour attester leur esprit démocratique, ils sont tenus d'abolir toutes leurs lois supposées morales et islamiques, étant scélérates, car ni morales ni islamiques.

Aujourd'hui, pour prouver leur volonté de démocratisation, tout État arabe musulman est dans l'obligation de lever la moindre réglementation susceptible d'empêcher les gens de s'aimer librement. Il faut qu'il soit désormais possible en terre d'islam de faire l'amour et le sexe aussi afin d'y détourner de la pulsion de faire la guerre.

Éros doit y être célébré, car la sensualité, malgré les interdits officiels, a toujours régné en terre arabe sous une forme que je qualifie d'érosensualité, étant un trait ontologique de la personnalité arabe que l'islam n'a pas gommé, l'affirmant même.

L'homo islamicus est eroticus

Cela est inévitable en notre époque postmoderne qui est celle des communions émotionnelles et de l'homoeroticus. Il est donc temps de reconnaître dans l'homo islamicus un homo eroticus qu'on ne peut plus nier.

Qu'on se le dise donc : il est temps en terre arabe islamique de s'adonner non plus à la guerre, mais à l'amour et au sexe aussi ! C'est la pulsion de vie qui le commande au moment où la pulsion de mort gagne terriblement du terrain.

Que les consciences libres et les sincères volontés de l'humanité s'en rendent compte et y travaillent; c'est soit Eros soit Thanatos !

Jacques Brel ne disait-il pas déjà: Quand on n'a que l'amour...?

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