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Égalité successorale: Pourquoi en parle-t-on maintenant?

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Subitement, sans que même les plus militants des féministes ne l'aient souhaité, on a fait de la cause de l'égalité successorale la question du jour. Mais pourquoi donc? Est-ce vraiment par esprit de justice à l'égard de la femme?

Une manœuvre politicienne?

La question mérite d'être posée, car il semble qu'il y ait bien une raison inavouée.

Elle doit d'autant plus l'être qu'on sait que certains partisans de la cause se sont sentis dans l'obligation de décliner l'initiative du député qui l'a proposée de but en blanc, dénonçant une manoeuvre politicienne.

Alors, y a-t-il une manœuvre politicienne?

Et s'il y a vraiment anguille sous roche, quelle serait la raison véritable de la démarche impromptue?

Selon toute vraisemblance, la motivation de l'initiative ne serait pas, ou pas nécessairement ou encore pas seulement, pour embarrasser les députés favorables à l'égalité successorale.

En clair, il y aurait bien manœuvre, mais loin d'être essentiellement et exclusivement politicienne.

Quelle serait-elle donc?

Une manœuvre contre l'abolition de l'homophobie

De source occidentale, la vraie raison serait que le parti Ennahdha, derrière une telle une manœuvre, tenterait de faire diversion afin de détourner l'attention d'une autre cause susceptible d'être évoquée à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie, le 17 mai.

Or, il se trouve que, depuis quelque temps, le parti de M. Ghannouchi est mis à rude épreuve par ses soutiens occidentaux en vue de consentir à toiletter la législation tunisienne de la disposition moyenâgeuse qu'est l'article 230 du Code pénal.

Déjà, sous ces mêmes pressions, il a été amené à dire, devant des médias occidentaux, son acceptation de l'abolition dudit article avant de se rétracter une fois en Tunisie en faisant marche arrière.

Des indiscrétions diplomatiques américaines ont même laissé entendre que M. Ghannouchi se serait engagé que son parti vote un projet de loi d'abolition s'il réussit à être présenté à l'Assemblée des Représentants du Peuple.

Un projet a déjà été proposé à son parti et des pressions de plus en plus pressantes se font, du côté occidental, pour amener Ennahdha à le proposer et M. Ghannouchi à tenir sa parole.

Ainsi, le parti islamiste se serait senti obligé de lâcher du lest sur la question de l'égalité successorale pour occuper l'opinion publique et éviter d'avoir à oser proposer l'abolition de l'homophobie. Voilà ce que serait la vraie raison derrière l'initiative inattendue pour l'égalité successorale.

Aussi, à la veille de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie, on aimerait bien que M. Ghannouchi nous éclaire sur la véracité de ces supputations et qu'il nous dise surtout le fond de sa pensée sur la tare de l'homophobie.

Alors, M. Ghannouchi, quelle est votre position exacte sur l'article 230 du Code pénal? Êtes-vous toujours pour son abolition? Et si oui, pourquoi ne pas le faire à l'occasion du 17 mai?

Vous avez un projet de loi sur le bureau des initiatives parlementaires de votre groupe parlementaire, demandez-leur donc de le proposer au bureau de l'Assemblée!

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