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Affaire Tariq Ramadan: "Nous choisissons la justice et la présomption d'innocence"

Publication: Mis à jour:
TARIQ RAMADAN
JEAN SEBASTIEN EVRARD/AFP/Getty Images
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Les signataires de cette tribune sont: Linda Adouane (Médecin, Belgique) Samia Bouzourene (militante associative, Canada), Francirosy Barbosa (Docteur en anthropologie, Université de Sao Paulo, Département de psychologie, Brésil), Fanny Bauer-Motti (Psychologue, psychanalyste, Docteur en psychologie Clinique et psychopathologie, Angleterre/France), Saliha Tuna (Juriste, Turquie), Zineb Ritab (Chef de projet, Maroc), Yelena Muzykina, (Candidate of Science in philosophie, Kazakhstan)

Nous, féministes, humanistes, universitaires, professionnelles, militantes pour le droit des femmes et la protection des droits des Hommes en général, souhaitons aujourd'hui apporter notre regard sur la manière dont les médias et les victimes ou les adeptes de la désinformation accusent et accablent Tariq Ramadan, dans un lynchage sans précédent.

Nous prônons la parité hommes-femmes et nous nous n'empressons pas de lyncher un homme sans aucune preuve. Etre féministe ne se fait pas contre mais avec l'autre, d'égal à égal avec chaque être humain.

Ce qui se passe aujourd'hui dans les médias et sur les réseaux sociaux, tous côtés confondus, n'a rien de neutre ni de bienveillant concernant Tariq Ramadan et Henda Ayari qui rappelons-le, sont tous deux plaignants. Il n'y a pas un coupable et une victime, mais deux personnes égales devant la loi, égales devant les tribunaux, égales dans la quête de justice.

Nous abhorrons ce tollé médiatique, ressemblant à une chasse aux sorcières. Diabolisant un homme via des articles relayant des rumeurs sans preuve. Exhibant sur les plateaux TV une femme fragilisée. Deux victimes du système médiatique.

Oui, chaque femme qui dénonce porte en elle un acte de libération, tout comme chaque homme. Une parole est une parole. La présomption d'innocence est garante de la sécurité de cette parole. Garante du droit de chaque individu à recourir aux instances judiciaires quand il se considère victime d'une injustice, autrement dit, l'Etat de droit.

Nous ne sommes pas juges, nous ne sommes pas une masse ignorante. Nous sommes des témoins du monde, responsables de l'utilisation de nos voix, de nos actes et de nos silences. La liberté d'expression ne doit pas laisser place à la pulsion de destruction.

Ni porc, ni truie sans preuve. Juste un homme et une femme égaux devant la loi.

Nous, militantes pour les droits de l'Homme, dans une neutralité bienveillante, témoignons n'avoir jamais vu d'agissements tels que le décrit la presse ou certains mouvements féministes, colportant rumeurs plutôt que faits. Jugements plutôt qu'analyses prudentes. Nous exprimons aujourd'hui encore notre totale confiance concernant Tariq Ramadan. Cette confiance ne désigne aucun coupable, mais témoigne d'un homme. Nous n'avons jamais vu en lui, un comportement malveillant, avilissant, pervers ou déplacé. Nous attestons de son intégrité.

Cette tribune est un appel au discernement et à la responsabilité que nous avons tous à cet instant. Nous souhaitons que justice soit faite dans une totale impartialité, sérénité et respect des lois et des valeurs éthiques.

Nous sommes et seront toujours du côté des victimes et des opprimés.

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