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La revanche des cheveux bouclés

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CURLY HAIR
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STYLE - "Jmae dik cha3kouka", qui n'a jamais entendu cette phrase que l'on pourrait traduire joliment par "ramasse cette tignasse"? Pourtant "cha3kouka" est une expression emplie de sous-entendus. "Cha3kouka", c'est un peu comme dire dès son plus jeune âge à une petite fille que ses cheveux ne conviennent pas, qu'ils ne sont pas aux "normes" et qu'ils ont donc besoin d'être ramassés pour être plus beaux.

Si on entendu ça dès ses 2 ans, difficile d'accepter ensuite d'avoir les cheveux bouclés, un peu "wild" et surtout de ne pas succomber aux sirènes des kératines lissantes, des brushings et autres procédés de lissage plus ou moins agressifs.

Il y a deux ans, sur les réseaux sociaux, apparaissait une jeune blogueuse du nom de Moroccan Glamour qui assumait avec force et conviction ses cheveux bouclés après avoir passé des années à les lisser et à cacher leur véritable nature. Elle expliquait dans l'un de ses posts que sa mère trouvait que ça ne faisait pas "classe" d'arborer ses cheveux au naturel. Elle s'était battue contre les préjugés qui avaient commencé dans sa propre famille pour s'assumer comme elle était au naturel.

Aujourd'hui, la tendance est aux boucles. On le voit sur les runways de cette saison. Pourtant, cela n'empêche pas de voir les femmes critiquées pour avoir "osé" assumer leur vraie nature. On se souvient sans mal du dernier scandale capillaire en date: celui de Halle Berry qui s'était présentée aux Oscars avec sa vraie nature de cheveux.

halle berry

Halle Berry sur le tapis rouge de la 89e édition des Oscars, 26 février 2017

La chroniqueuse Daphné Bürki n'avait alors pas hésité une seconde à tomber dans le racisme ordinaire, en qualifiant son look de "coiffure au saut du lit" ou pire, de "coiffure coup de jus": elle expliquait que l'actrice avait mis ses doigts dans une prise électrique et était ensuite sortie se "pavaner" sur le tapis rouge. La polémique avait alors enflé sur le net, laissant apparaître le profond malaise que cette remarque avait suscité.

Par ailleurs, de plus en plus de pages Facebook poussent les femmes à assumer leurs jolies bouclettes. Pour certaines, les cheveux bouclés et afro sont même devenus une revendication et une acceptation de soi.

Toutes au naturel? Ne crions pas victoire si vite, toutes les femmes ont leurs artifices, qu'ils soient d'ordre cosmétique ou capillaire. Aujourd'hui, l'enjeu est plutôt de balayer les préjugés et de pouvoir se dire que la "cha3kouka" peut être arborée aussi fièrement qu'un sleek et que les petites filles n'ont pas à être persécutées dès leur plus jeune âge à cause de la nature de leurs cheveux!

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