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Le corps de la femme, un enjeu de communication?

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SLUT SHAMING
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Depuis les années 60, le corps de la femme est au cœur de toutes les polémiques. Retour sur des décennies de mise en valeur et de slut-shaming.

L'avènement de la mini-jupe

C'est en 1964 que l'on voit apparaître pour la première fois dans le dressing féminin la mini-jupe, créée par la styliste anglaise Mary Quant. Si le corps de la femme avait toujours été un sujet de scandale, avec l'avènement de ce bout de tissu, les plus conservateurs ont crié au scandale. Et pour cause, avec la mini-jupe, les règles du jeu ont changé.

On affiche ses gambettes, on les assume et surtout, on joue. Jusque là, la plus grande transgression des créateurs était le smoking de Saint Laurent ou encore le pantalon pour femmes de Chanel.

Au fur et à mesure, la jupe se raccourcit davantage et, dans les années 2000, on voit même apparaître des jupes tellement courtes qu'on pourrait les confondre avec des ceintures.

Le corps de la femme, un levier d'achat

En même temps que la jupe courte, la publicité est en plein essor. Les Trente Glorieuses et les années d'après-guerre sont passées par là. On utilise donc de jolies femmes pour promouvoir toutes sortes de produits: des aspirateurs, aux machines à laver en passant par les grands magasins.

On met en avant la femme pour donner envie d'acheter tout et n'importe quoi, mais surtout, on met en place un système de valeurs.

La publicité et la femme d'aujourd'hui

Aujourd'hui, la publicité a mis en place son système de valeurs, mais pas que. Elle a mis également en exergue ce que nous devons attendre de l'amour, de la vie et surtout de nous-mêmes. Elle nous renvoie une image de la femme idéalisée, le petit hic avec l'idéal, c'est qu'il est difficilement réalisable.

La femme est toujours plus belle, plus sexy, plus mince et plus blanche. Elle s'occupe tous les jours un peu mieux de son intérieur, de son mari, sait cuisiner... En somme la femme est une Wonderwoman, aux pores inexistants et à la vie parfaite.

Cette femme sans défauts, n'existe (malheureusement) pas. Personne ne peut atteindre ce degré de perfection et par conséquent, de nombreuses femmes sont tout bonnement déçues d'elles-mêmes.

De la femme objet au slut-shaming

Réduire la femme au statut d'objet la met forcément en danger. La Media Education Foundation écrivait en 2010 que "faire d'un être humain un objet est presque tout le temps la justification de la violence".

Avec un être déshumanisé, la violence est donc inévitable. Ce qui explique, entre autres, le grand nombre de slut-shaming qui consiste à culpabiliser, stigmatiser ou disqualifier une femme dont l'aspect physique ou le comportement serait jugé "inapproprié".

Et lorsqu'on parle de physique, on est en droit de se demander à quel moment il peut être inapproprié. Est-ce quand la jupe est "trop" courte, les cheveux "trop" blonds, les formes de la femme "trop" pulpeuses ne passent pas?

La femme a le droit d'ĂŞtre ce qu'elle veut et surtout, qui elle veut. Et si cela doit passer par une jupe, un style de maquillage ou une absence de celui-ci, grand bien lui fasse.

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