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Souvenir de la visite de Castro à Alger

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fidel castro alger 1970

Ce n'est pas la madeleine de Proust, mais l'effet est le même. Je regarde la photo et tout d'un coup cela déclenche une bouffée de souvenirs très précis.

Nous somme en 1972. L'Algérie est indépendante depuis dix ans. Pour certains c'est court, pour d'autres c'est long. Question d'appréciation. Dans l'histoire d'un pays, c'est une parenthèse.

L'Algérie est en pleine mutation, les changements sont notoires. L'industrie, l'enseignement, la santé l'armée: plus rien ne rappelle l'Algérie coloniale. Le pays est un vaste chantier. La culture n'est pas en reste avec le Panaf.

Sur le plan diplomatique, dés le début des années 1970, l'offensive de l'Algérie se déploie sur tous les fronts (Afrique, Asie, ONU).

À Alger, en ces temps-là, il faisait bon vivre. Et pour ne rien cacher, c'est la Mecque des révolutionnaires. Nous somme en 1972. Boumediene accueille Fidel Castro, le Lider Maximo de la révolution cubaine. Les deux hommes sont aux avant-postes de la lutte anti-impérialiste.

Dans le contexte de l'époque, c'est à la fois un événement national et international.

Les deux hommes ont des personnalités très marqués, des méthodes différentes, des objectifs communs. Les débuts de leur relation ont été difficiles. Castro avait une affection réelle pour Ben Bella et a mis beaucoup de temps à accepter le coup d'Etat de Boumediene.

Mais en 1972, tout ça c'est du passé. Alger ouvre ses bras au chef cubain des guérilleros et ami du "Che" et les Algérois sont de la fête.

Le cortège officiel doit faire le trajet Aéroport-Palais du peuple en longeant la Moutonnière, le Boulevard Front de mer, la Rue Ben M'Hidi.

Arrivé à hauteur du MAMA actuel, le cortège s'immobilise et les deux présidents descendent de voiture pour faire une partie du trajet à pied. L'ambiance est bon enfant et sous contrôle : aucun débordement n'est possible.

En ce temps-là, j'étais étudiant à l'Institut d'Etudes Politique d'Alger qui se trouve sur la rue Ben M'Hidi, juste en face du Milk Bar. Avec les autres étudiants présents, nous sommes sortis sur le balcon où nous avions une vue imprenable sur le cortège.

Lorsque les deux hommes sont arrivés à la hauteur de l'immeuble, nous nous somme tous mis à applaudir pour attirer l'attention.

C'est à ce moment que Castro lève la tête, et nous fit un signe de la main, sous le regard amusé de Boumediene, toujours en retenue dans ce genre de situation.

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fidel castro

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