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Si tu vas à Skikda...

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Skikda est connue comme une cité balnéaire dotée d'atouts touristiques indubitables. Dès l'époque romaine, elle acquiert un statut particulier comme garnison militaire grâce à son port (situé à Stora, l'ancien port phénicien), mais aussi comme lieu de villégiature pour riches romains qui construisirent de belles demeures le long de la corniche (route supérieure de Stora).
Les Français lui confèrent à peu près le même statut lors de l'occupation de la région en 1848 et la fondation de la ville la même année.

Pour les plaisirs de l'été, deux destinations sont possibles.

Côté Ouest, pour profiter des petites plages jusqu'à Stora et, plus loin, des magnifiques criques enfilées comme autant de perles, les unes plus belles que les autres, qu'on retrouve une fois dépassée La Grand Plage, et aux noms qui font toujours rêver les locaux: Oued Bibi, Oued Tandja, Oued Saboun, Carpe diem (existe- Il plus beau nom pour une plage ? ) et j'en passe.
D'autres criques ne sont accessibles que par la mer comme Les Calatines.

Côté Est s'étale une des plus grandes plages du littoral algérien : Jeanne d'Arc comme tout le monde continue encore de l'appeler. Pourtant elle a été baptisée du nom d'un de nos plus fameux héros de la Révolution, l'homme au sourire d'airain, tout à la fois sévère et confiant, du héros qui se présente debout devant la porte de la mort , rasséréné par la justesse du combat: Larbi Ben M'Hidi. C'est la plage des familles par excellence. Pour l'anecdote, Larbi Ben M'Hidi, en bon constantinois, aimait, paraît-il, venir s'y baigner.

Skikda n'a pas une cuisine particulièrement typée, mais on peut y manger une bonne soupe aux crevettes, un délicieux couscous au poisson, ou bien une excellente trida au poulet et à la viande de mouton. Par contre, la pizza est l'affaire de tous.
Une anomalie linguistique cependant: à Skikda, on ne dit pas pizza mais "pitse". Une appellation héritée des Napolitains très nombreux ici pendant la période coloniale et qui ont transmis aux Skikdis la recette et le goût de la bonne pitse qui est souvent d'ailleurs une affaire d'hommes, avec une recette simplissime: farine, eau, sel, levure et huile pour la pâte; tomate, olives, anchois et thym pour la farce et, une fois cuite, arrosée généreusement d'huile d'olive.

Mais c'est en réalité de la seule vraie spécialité culinaire de la ville que je voudrais parler: les pois chiches. Les marchands de pois chiches sont de véritables vedettes ici. On ne peut se dire skikdi et les méconnaître.

Dans des échoppes le plus souvent minuscules trônent d'immenses marmites. Là aussi avec une recette basique: de l'eau, des pois chiches, de l'ail, et une sorte de curry qu' on appelle fwah فواح . Le résultat est délicieux: des pois chiches fondants assaisonnés d'huile d'olive, de cumin et pour les amateurs de piment.

Le père fondateur est bien sûr l'inimitable et regretté Braiek , que Dieu ait son âme. Il a laissé un souvenir gustatif impérissable chez tous les amateurs de pois chiches, c'est-à-dire tous les anciens skikdis.
On a eu également la dynastie des Benraïs qui continuent jusqu'à aujourd'hui de nous régaler. Il y a également un marchand de bouzellouf à la braise qui faisait parallèlement des pois chiches avec un goût particulier: Il les faisait cuire en plongeant des restes de tête d'agneau dans le chaudron.
Toujours est-il que le résultat est succulent. Toutes ces échoppes sont concentrées pratiquement au même endroit, c'est-à-dire l'ancien quartier arabe de l'époque coloniale et que l'on désigne maintenant par "essouiqa".
La mer omniprésente, la pitse qu' on peut manger à chaque tournant , et les bons pois chiches à consommer le matin tôt de préférence : un petit tour sympathique de Skikda.

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