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Un jour, j'ai grossi d'avoir trop voulu maigrir

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DIET
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J'aurais pu écrire cet article le six mai, consacré au " No diet day". Il aurait déjà été d'actualité (d'ailleurs, je crois qu'il n'y a pas de bon moment dans l'année pour balancer un pavé dans la marre). Mais, en ce moment, ça n'aura échappé à personne, c'est la fête au régime dans la presse. C'est déjà le cas la plupart du temps mais, en été, je trouve que c'est encore plus accablant. Il faut dire que j'attends depuis longtemps le jour où la presse sera réglementée sur ce sujet. Comment peut-on encore nous rabâcher les oreilles avec toutes ces stratégies minceur (et ce, en toute impunité!) alors que l'on sait pertinemment que ce sont des bombes à retardement? J'ai encore dans la tête le désastre Dunkan mais ce n'est qu'un parmi tant d'autres.

Personnellement, j'ai appris à mes dépens que vouloir maigrir à tout prix fait grossir. Et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas là.

J'ai des problèmes de poids depuis mon enfance. Cela a longtemps été le cheval de bataille de ma mère. A six ans, je connaissais déjà les mots restriction, calories, surpoids, courbe, avoir la faim qui tenaille plus une belle collection de vacheries enfantines sur mes bourrelets. Plus tard, je me suis occupé moi même de mes kilos en trop et je suis tombé dans l'enfer des régimes. Oscillant entre un état d'hyper-contrôle où je pèse tous les aliments et où j'additionne toutes les calories (WW est mon ami) et un lâcher prise total où je mange tout et n'importe quoi dans des quantités astronomiques, perdant de vue les bases élémentaires de la nutrition et de l'alimentation "équilibrée". Je ne pense pas exagérer quand je dis que les régimes sont à l'origine de mes désordres alimentaires. Restriction cognitive, hyperphagie, régime sévère à visée punitive ou réparatrice...

Un véritable cercle vicieux. J'étais inscrite dans le schéma "prise de poids - perte de l'estime de soi - déprime - besoin de me consoler par la nourriture - prise de poids - régime" et ainsi de suite. Manger est devenu une souffrance et mon rapport aux kilos, un enfer quotidien ( je me pesais plusieurs fois par jour, ce qui est complètement aberrant quand on sait que le poids varie de deux à trois kilos par jour selon divers facteurs totalement indépendants de notre volonté). C'était devenu obsessionnel. Et cela occupait pas mal de temps dans mes journées. Manger est devenu trop compliqué et j'avais toujours ce sentiment que, quoi que je fasse, c'était mal. Toujours trop, pas assez équilibré, pas assez diététique, trop industriel, trop pollué, trop transformé, trop gras, trop sucré, trop salé...

J'étais coupable. Forcément coupable. Et mon niveau d'exigence était toujours trop bas.

La preuve, je perdais un peu de poids pour ensuite tout reprendre et même ajouter un ou deux kilos supplémentaires au compteur.

Implacable effet yoyo.

Et oui, quand on habitue le corps à fonctionner avec peu de carburant, on modifie les hormones régissant le métabolisme. Ce dernier va s'adapter afin de conserver les mêmes performances ( et assurer le fonctionnement des organes vitaux) tout en brûlant moins de calories. Prenons un exemple : une personne suit un régime à 800 calories pendant plusieurs semaines puis repasse à une consommation de 1200 calories par jour (ce qui est toujours bien en dessous du quota des 2000 calories dont une femme à besoin ou des 2500 pour un homme). Il a été observé qu'elle va fatalement reprendre du poids. En effet, le cerveau va s'imaginer qu'il est face à un excédent de calories et va les stocker, en prévision d'une prochaine restriction (si on réfléchit, quelle belle parade que l'organisme, vraiment plus malin qu'on ne le pense celui là!) .

Ainsi, certaines personnes, même en mangeant un ratio calorique raisonnable se retrouvent en surpoids, voir obèses. C'est comme ça qu'en un peu moins de dix ans, j'ai pris dix kilos. Je pesais 68 kilos à 18 ans, un poids tout à fait correct et tout à fait normal pour ma taille à l'époque (bien que je ne voyais pas les choses ainsi, cela va sans dire) et aujourd'hui à 26 ans, j'ai atteins le seuil fatidique des 78 kilos. Et mon Imc ne s'encombre pas des bonnes manières pour me balancer mon surpoids dans la figure.

Aujourd'hui, je flirte avec le body positivisme. Du moins, j'essaye. Parce qu'entre nous, j'ai plus le courage de faire "un régime". Je sais que mon alimentation est globalement équilibrée, même si je garde des stigmates de toutes ces années de torture (je perds facilement le contrôle quand la faim se fait sentir et j'ai beaucoup de mal à me raisonner devant certains aliments qui étaient bannis de mon alimentation). Non, je ne veux plus faire "attention". Non, je n'ai plus envie de me priver. Non, je n'ai plus envie de baver sur la glace de mes voisins au restaurant alors que je suis condamnée à la tisane sans sucre. Non, je ne veux plus m'angoisser dans les rayons du supermarché pour savoir si mon caddy est assez healthy.

Depuis septembre, je ne m'interdis plus rien. Et franchement, je suis bien plus heureuse comme ça. Comme dirait Mathou, ma bonne humeur est proportionnelle à la taille de mon cul (et là, tu vois, je vais plutôt bien). Je vis ma vie comme je l'entends. Je mange des glaces, des frites, des fruits, de la feta et des salades comme ça me chante. Je ris, je paresse avec un livre et je me ballade au crépuscule, si ça me chante. Je danse en faisant mon ménage, je chante en voiture, et je bois des litres de thé vert à la rose, si ça me chante. Je profite de la vie et elle est bien plus douce maintenant.

Et vous? Que pensez-vous des régimes? Du concept du No Diet Day? Que pensez-vous de l'influence de la presse sur ce sujet? Lisez-vous encore ce genre d'articles? Avez-vous subi l'effet yoyo? Que vous inspire le mouvement "body positive"? Dîtes-moi tout!

Ce billet est également publié sur le blog Les Chroniques de Di'.

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