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Il veut toujours être dans nos bras, est-ce ma faute?

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HIPSTER MOTHER BABY
Oleh_Slobodeniuk via Getty Images
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Je discutais avec une cliente ce matin. Elle doutait... Eh oui, nous doutons bien des fois. Sa pédiatre lui a dit que si sa fille était si intense, si colleuse, c'était de sa faute...

«Et si j'avais créé ça, et si toute son intensité, en fait, venait de moi...»

Je les ai entendues des dizaines de fois, ces phrases où nous serions responsables du besoin de sécurité de nos enfants, un peu comme si nous causions immanquablement cette anxiété, de trop les gâter, de ne pas assez les frustrer, de leur permettre cette liberté.

Et si nous étions plutôt les parents que nous sommes parce que nous avons ces enfants-là? Et si nous étions plutôt ouverts à leurs demandes, alors que d'autres y sont moins sensibles?

Par chance mon BABI (bébé aux besoins intenses) était mon deuxième enfant. Je peux donc vraiment observer la maman que j'étais la première fois. Malgré un caractère très affirmé, je n'ai jamais déployé autant d'énergie à calmer mon aînée. Et mon deuxième, mon colleux, mon bébé à bras, mon intense, mon sensible, lui, m'a ouvert bien d'autres horizons.

Eh bien, je ne suis pas la même maman. Je ne développe pas les mêmes habiletés. Être à son écoute me demande une autre implication. J'avais toujours peur que ma fille trébuche parce qu'elle tombait souvent très mal sans mettre les mains ; je n'ai jamais eu peur que mon fils ne se fasse mal, lui, car il est agile et a de bons réflexes. J'étais donc beaucoup plus présente pour elle lorsqu'elle explorait, alors que pour lui, je suis bien plus zen de ce côté.

Et si nous nous faisions confiance?

Ma grande n'a jamais eu d'angoisse de séparation. L'intégration à la garderie s'est faite comme un charme. Maman ou papa? Aucune différence. Elle a dormi dans son lit sans trop de difficultés. Mais mon bébé, lui, a BESOIN de moi. Je ne l'invente pas, je ne me cache pas derrière lui, je ne me mens pas, je ne génère pas cela chez lui. Il est comme ça...

Les enfants ne sont pas capables si jeunes de manipuler des comportements, ils ont des besoins parfois forts et essaient à tout prix de les combler pour s'apaiser. Ce n'est pas contre nous, c'est avec nous, un pont vers le calme.

Nos enfants sont, et nous nous adaptons. Bien sûr que notre histoire à nous est un prolongement, mais je ne connais aucune mère qui s'inflige de bercer trois heures par jour son enfant pour l'endormir s'il n'en a pas besoin. Par contre, je connais un paquet de parents qui réalisent que bercer est nécessaire pour apaiser et permettre à l'enfant de se déposer.

Et si nous nous faisions confiance? Nos enfants ont sûrement compris que nous sommes réceptifs, alors ils demandent avec confiance. Certains ont moins de besoins, et d'autres se résignent plus rapidement. Mais répondre aux appels de son enfant est toujours, toujours, une bonne réponse. Être concerné, être impliqué, être à l'écoute, être disponible est un message fort pour celui dont on prend soin: je t'accompagne.

Si nous ressentons cet élan de vie, cette pulsion de prendre soin, courons vers notre instinct. C'est que lui est toujours resté connecté, malgré les pressions sociales et la culture qui parfois nous oppressent...

Découvrez d'autres textes de Chloé Boehme sur son site web chloeboehme.com ainsi que sur sa page Facebook.

Ce blog a été initialement publié sur le HuffPost Québec

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