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Russie, 2017, faire l'effort de comprendre ce pays!

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RUSSIA PUTIN
Sputnik Photo Agency / Reuters
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Il faut se souvenir, que les Russes dispersés à travers le monde, avaient déjà tout perdu lors de la révolution russe, ou plus spécifiquement lors la prise de pouvoir par les bolcheviks.

Deux millions de Russes, hommes, femmes et enfants, furent contraints à l'exil au lendemain de la révolution d'octobre 1917 et durant les trois années de guerre civile qui ont suivi. Ceux-ci ont perdu leurs parents, leurs terres, leurs situations sociales, leurs professions, et leurs argents. Il ne leur restait que le charme slave. Un charme qui leur permettait de continuer à rire, souvent un peu nerveusement. À cela, on pourrait ajouter qu'ils ont aussi conservé cette duplicité slave, que les "prétentieux" français, les perfides britanniques, et les dominateurs américains ont du mal à accepter (on a tous nos défauts).

Dans notre Russie postsoviétique d'aujourd'hui, dans ce grand pays par sa surface et par sa culture, il faut toujours avoir à l'esprit que ce qui domine, c'est une forme de narcissisme dépressif. Ce pays est hanté par la peur d'être à nouveau englouti par le mode de vie occidental, qu'il considère comme dépravé. Ce pays se sent aussi humilié par cet occident qui ne comprend pas ses peurs. Néanmoins, ce pays est à nouveau aujourd'hui plein d'espérance de grandeur retrouvée, espérance générée par ce héros russe des temps modernes Vladimir Poutine.
Ces sentiments expliquent ce que nous ressentons nous comme une nouvelle impulsion, ou le retour inattendu de la Russie sur la scène mondiale.

Il y a toujours eu chez les Russes, un débat entre occidentalistes et slavophiles. Il est à peu près certain que nous occidentaux, alimentons ce sentiment paradoxal. Nous voulons bien leur vendre des produits agricoles, des équipements, des armes ou navires de guerre. Mais nous voulons aussi leur faire accepter une vraie simplification, une uniformisation consumériste rationnelle. Une simplification manichéenne présentant une vision binaire du monde. Vision particulièrement dangereuse par ses excès d'optimisme. Dont, un répété, à foison depuis une dizaine d'années, le triomphe de la démocratie tolérante à l'occidentale, et du bonheur qu'elle est censée apportée. Le problème, c'est que les Russes ne veulent pas de notre modèle.

Si la Russie n'a pas retrouvé sa place parmi les premières puissances économiques mondiales comme au temps de l'Union soviétique, elle fait malgré tout partie aujourd'hui des 10 économies les plus importantes au monde. De surcroît, il ne faut pas oublier, que la Russie possède des compétences scientifiques et techniques, dont militaires, parmi les plus avancées au monde.

Si l'on s'intéresse maintenant à la confiance en ses dirigeants, on doit noter qu'après 20 ans de baisse, la population de la Russie augmente à nouveau depuis 2011, repassant en 2016, au-dessus de 146 millions d'habitants. Le pays a failli passer sous la barre des 140 millions d'habitants, contre environ 150 millions dans les années 1990. Cela, est à mettre en parallèle au nombre de cartes bancaires en circulation, 244 millions, et à la vente de smartphones par an soit 30 millions, Chiffres qui démontre le dynamisme de la société russe.

Enfin le PIB par habitant est passé de 8.000 $ International en 1990, au lendemain des évènements, à près de 25.000 $ en 2015, il a donc été multiplié par trois, et, cela jusqu'à la crise ukrainienne.

La question qu'on doit donc se poser aujourd'hui, est, pourquoi donc les Russes, malgré ces progrès économiques, sont-ils toujours obsédés par leurs échecs?

C'est assez simple, en ces deux années d'évènements de 1989 à 1991, la Russie a perdu, son empire (dissolution de l'URSS) elle a en même temps perdu les symboles enseignés par le système, pendant 70 ans, le socialisme ou communisme. Ses références qui sont subitement devenues honnies, et qui ont été remplacé par le capitalisme ou libéralisme et la démocratie, modèles mis en accusation pendant 70 ans. Avouez que, digérer l'éclatement de ce qui fait l'identité d'un pays, c'est-à-dire, l'État et l'armée, peut vous rendre schizophrène.

En simplifiant, nous pourrions comparer Poutine à De Gaulle (ceci peut expliquer cela, dans la position de certains hommes politiques aujourd'hui ) ...

Un de Gaulle, qui après la défaite dévastatrice de la France, après l'humiliation par les Américains, a su réécrire l'histoire en faisant de la France un pays de résistants vainqueurs. De Gaulle qui a su mettre en marche rapidement une reconstruction, et cela en s'alliant aux communistes français alliés alors de l'URSS.

Pour continuer à faire un parallèle, en citant les frontières extérieures, cela a pris 17 ans à la France pour abandonner ses colonies qui, elles étaient éloignées. Cela fût et est plus compliqué pour la Russie dont les "colonies" Ukraine, Géorgie, Biélorussie, étaient à ses frontières.

Enfin, et pour conclure et, malgré le blocage des échanges, les Russes ont plus confiance dans leur pays et dirigeants aujourd'hui qu'il y a cinq ans, cela, à cause de l'amélioration de leurs conditions de vie, mais surtout grâce à leurs opérations en Syrie, ils ont le sentiment d'être redevenus un acteur sur la scène internationale, et aussi d'avoir une armée victorieuse pour la première fois depuis très longtemps. Enfin, et c'est paradoxal, les sanctions occidentales ont surtout relancé la recherche en Russie, et ce pays est aujourd'hui capable de fabriquer des produits ou équipements qu'ils importaient avant les sanctions.

La Russie va redevenir rapidement un partenaire, n'ayez aucun doute là-dessus!

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