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Réveillez moi enfin cette belle endormie qu'est l'UMA!

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Si j'étais président de la belle endormie qu'est L'Union du Maghreb arabe (UMA), cette organisation économique et politique formée par l'Algérie, la Libye, le Maroc, la Tunisie ainsi que la Mauritanie, et bien je tenterais de la réveiller pour le bonheur de ses 90 millions d'habitants!

Plus de vingt-cinq ans après la création de cette organisation géostratégique, pourquoi ne pas en faire un outil seulement économique, et, oublier la politique!

Je nommerais trois ex gouverneurs de banques centrales venant de trois continents différents, et leur donnerait comme premier objectif la construction de trains à grande vitesse et d'autoroutes entre les trois pays centraux.

Car, les peuples de ces trois pays, ne font qu'un quand ils sont à l'extérieur, et se détestent cordialement quand ils rentrent dans leurs pays, des infrastructures inter-pays briseraient cette défiance!

Economiquement parlant ces trois pays ont un PIB nominal de plus de 370 milliards de dollars (Algérie 214 milliards de dollars, Maroc 109 milliards de dollars, Tunisie 49 milliards de dollars), soit plus ou moins le PIB des Emirats Arabes Unis, ou de la Colombie ou de l'Afrique du Sud!

Si on s'en tient aux chiffres et rien qu'aux chiffres, l'alliance économique de ces trois pays, qui auraient un endettement global très faible, (Algérie: 9 % du PIB, Maroc: 64 % du PIB, Tunisie: 59 % du PIB) créerait une zone d'influence significative vis-à-vis des créanciers, investisseurs et autres organisations mondiales!

Quelques rappels sur la situation actuelle:

Algérie: Tous les indicateurs économiques indiquent que l'Algérie se dirige vers une crise économique grave à cause des cours du pétrole en chute constante depuis son pic d'août 2014, à 103 dollars. Et, aujourd'hui, il est à parier que le cours du baril de pétrole se stabilisera à 40 dollars à cause de l'afflux massif de pétrole iranien sur le marché. On sait tous que tous les pays riches de matières premières, sont toujours en grandes difficultés dès que les prix baissent!

L'Algérie, peu endettées, a plus que jamais besoin de grands projets d'infrastructures pour retrouver de la croissance.

Maroc: Ce pays connaît lui un redressement des équilibres macroéconomiques depuis 2013. Après les déficits budgétaires et extérieurs record de 2012 (respectivement 7,4% et 9,7% du PIB), l'année 2013 a marqué une rupture. La croissance économique s'est redressée (+4,4%) et les déficits budgétaire et courant ont commencé à se résorber (à 5,5% et 7,6% du PIB).

En 2015, l'économie marocaine sera, après le Qatar en tête des pays de la région Moyen-Orient, Afrique du nord, en matière de croissance, selon le FMI. Selon l'institution dirigée par Christine Lagarde, au sein de cet ensemble, le Maroc aurait eu en 2015 une croissance de 4,4% qui devrait s'accélérer à 5% en 2016, un niveau inchangé par rapport à ses dernières prévisions.

Le Maroc, déjà très présent en Afrique Sub-Saharienne, devrait grâce à l'UMA améliorer les relations avec son voisin à l'est.

Mauritanie: Ce pays est confronté à des problèmes macroéconomiques étroitement liés les uns aux autres. En 2015, la croissance annuelle de son produit intérieur brut (PIB) réel devrait se tasser à 3,2 % sous l'effet de l'effondrement des cours du minerai de fer au second semestre de 2014. L'agriculture et la pêche devraient progresser au rythme de 4 %. Le secteur de la pêche reste dynamique et bénéficie de la finalisation (en juillet 2015) d'un accord bilatéral négocié avec l'Union européenne. Le secteur des services est le plus important contributeur à la croissance du pays, avec le secteur primaire.

Tunisie: Durant la décennie précédente, la Tunisie affichait une croissance annuelle moyenne d'environ 5%. L'économie a fortement ralenti et c'est compréhensible depuis les bouleversements politiques, économiques et géopolitiques qui ont touché le pays depuis 2009.
En 2015, la croissance est estimée à 1% selon le FMI. L'agriculture (les paysans savent depuis toujours que les révolutions ne nourrissent jamais) est le seul secteur à avoir soutenu la croissance économique en 2015.

Pour 2016, la Tunisie table sur un taux de croissance d'environ 3%.

Libye: nous ne disposons pas de données fiables sur ce pays.

Quels bénéfices chaque pays pourrait-il espérer d'une relance économique de l'Union du Maghreb Arabe ?

Investissements lourds: Tout d'abord la fin de la concurrence régionale vis-à-vis des investissements lourds (automobile, aéronautique, etc) en spécialisant un peu chaque pays. Cela permettrait d'implanter des usines beaucoup plus importantes que celles qui sont planifiées ici et là!

Les deux plus gros marchés en nombre d'habitants étant l'Algérie et le Maroc, ces deux pays devraient pouvoir se partager loyalement ce marché, qui nécessiterait des infrastructures inter-pays utiles au développement économique.

Agriculture: Le Maroc maitrise bien cette activité, la Tunisie des champs, n'a jamais baissé les bras.

Une synergie devrait être facilement identifiable entre ces deux pays afin d'établir une stratégie commune vis-à-vis de l'Afrique Sub-saharienne qui a et aura des besoins énormes en agro-alimentaire.

Tourisme Médical: La Tunisie a une longue expérience dans ce secteur d'activité, elle doit le développer, et regarder à l'est au lieu de regarder au nord, c'est là qu'est son marché.

Tourisme qualitatif: Sur ce marché très lié au contexte sécuritaire, seul le Maroc pour le moment peut espérer tirer son épingle du jeu. Ne rêvons pas, il n'y aura pas d'inversion de la courbe des taux de remplissage avant très longtemps.

Nous n'avons pas assez d'informations fiables pour anticiper les situations de la Libye et de la Mauritanie.

Conclusion:

Sans aucune idéologie et ou préférence, vu de l'extérieur il est relativement facile d'identifier les points forts et les points faibles de chaque pays, mais ce que l'on voit surtout, c'est des espérances un peu utopiques sur l'aide que pourrait apporter la communauté internationale ou l'Europe. N'oubliez jamais que les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent.

Enfin, les solutions sont toujours régionales, il faut surtout pour cette région regarder au sud et à l'est, où la croissance moyenne devrait être supérieure de 1.5% à la croissance européenne, au cours des 20-30 prochaines années.

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Le Maghreb vu du ciel par la Nasa
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