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Les femmes connectées vont prendre le pouvoir

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CONNECTED WOMEN
Mohammad Ismail / Reuters
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Visionnaires et ultra-connectées, les femmes devenues hyper influentes sont-elles en train de conquérir le monde digital.

Cela nous amène à poser la question suivante aux entreprises. Ne serait-il pas temps de féminiser vos équipes de management et d'accepter enfin cette "EveOlution", car, n'ayez aucun doute la dessus, la révolution numérique après l'éducation, n'est jamais qu'une nouvelle étape de la féminisation du monde.

Il serait temps dans ce nouvel univers non régulé et non normé, qui accroît la liberté de communication et de décision, que les marques s'adressent enfin aux femmes d'une manière différente, et admettent que la fameuse ménagère de 50 ans, c'est fini depuis longtemps. Celle-ci a fait place depuis quelques années à la femme d'influence connectée et très informée.

Pros des réseaux sociaux, intuitives, solidaires, les femmes ont en moyenne plus de 6 contacts par jour sur internet mobile, elles sont très présentes sur Linkedin, 60 % des pages vues sur Facebook le sont par des femmes, ce pourcentage est encore plus important sur Instagram (Etude Kantar Médias).

Globalement, les femmes sont donc aujourd'hui, semble-t-il, plus connectées que les hommes. Vous l'aviez peut-être déjà remarqué dans votre cercle familial ou professionnel. Je citerais pour exemple la nouvelle plateforme communautaire de femmes entrepreneuses Bouge ta boite.

Autre exemple, allez dans un espace de co-working, ou dans un incubateur, vous verrez que la frontière économique homme-femme, ou ce que l'on appelait autrefois, le plafond de verre a bel et bien disparu. Ces espaces partagés n'ont pas seulement modifié notre rapport au travail, mais ils sont surtout permis aux femmes d'égaler, voir de dépasser les hommes dans les applications, le marketing relationnel ou d'influence, la big data, le digital et le numérique.

Car, le numérique, c'est un monde de management totalement horizontal, où la hiérarchie "à la papa" a été bousculée et déboulonnée. Un monde, où les femmes plus sensibles aux organisations matricielles que pyramidales s'imposent de plus en plus.

Enfin, bien qu'on n'ait jamais voulu le voir, la femme est déjà depuis longtemps, la décisionnaire principale des achats, de la voiture au logement en passant par les vacances ou l'habillement. Admettons-le enfin, elles préemptent déjà entre 70 et 80 % de toutes les décisions (Etude Mediamétrie).

Grâce à l'évolution du digital, nous avons donc maintenant un meilleur équilibre des deux sexes dans la vie privée. Mais, et il faut le regretter, force est de constater que cet équilibre est encore à venir dans le monde professionnel. On attend toujours cette féminisation du top management.

Les acteurs du "marketing à la performance" ou du "marketing d'influence relationnel" devraient ne pas oublier que le niveau d'études féminin a très fortement augmenté au cours des dernières années, et, que les femmes sont aujourd'hui souvent plus diplômées que les hommes. Ils sollicitent beaucoup les femmes pour leurs campagnes de marketing d'influence Instagram, mais encore assez peu pour la femme du 21e siècle, pour des postes stratégiques et décisionnels. Une femme façonnée par la crise, qui consomme plus intelligemment, qui s'est recentrée sur l'essentiel, la famille, les enfants, les amis...

Il serait bon aussi de se rappeler, que le comportement féminin est plus pragmatique, plus orienté vers une consommation éthique, plus protecteur et moins show off. Des femmes au pouvoir modifieraient les messages et les discours de beaucoup de marques. Cela permettrait d'améliorer les équilibres des communautés et des sociétés. Un certain positionnement vindicatif pour ne pas dire "macho" de certaines marques s'estomperait.

Enfin, rappelons-le encore, la ménagère de 50 ans a disparu, l'âge et le sexe sont devenus totalement déconnectés des décisions de consommation. Les comportements de consommation des post-bobos sont de plus en plus liés aux rôles sociétaux et au niveau d'éducation globaux.

Conclusion:

La société est en retard. Il faudrait inciter les entreprises à considérer les femmes comme des interlocutrices majeures, car malgré que, dans le numérique, les femmes soient déjà bien présentes -entre 17 et 20 % des startups-, on doit admettre qu'on ne les voit pas beaucoup lors d'événements nationaux . Pour que cela change, les femmes doivent se jeter à l'eau et, être un peu plus utopistes, et qu'enfin elles oublient leur syndrome de l'imposteur dans le monde du business, afin de devenir des manageurs.

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