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Football, sport et business: Un peu d'Histoire

Publication: Mis à jour:
EURO 2016
Vincent Kessler / Reuters
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Rappelons-nous ce que disait George Orwell au début du 20e siècle, "Le sport, c'est la guerre sans les coups de feu".

Pourrait-on dire aujourd'hui la même chose ou cela s'est-il transformé en guerre économique, qui dessert accessoirement des intérêts politiques locaux?

Si on refait un peu d'histoire, la phrase "un esprit sain dans un corps sain" est plus proche de la pensée protestante que catholique.

Le rapport au corps ou projet éducatif global incluant le sport est historique et permanent dans les universités britanniques et américaines, alors qu'il était assez peu présent dans les pays catholiques.

L'Italie catholique fut la première à faire exception, pays reconnu pour le sport dit sobre et discipliné, a vu son église prendre le sport sous son aile après la libération. Le Vatican possédé d'ailleurs depuis 1945, "La Gazzeta Dello sport" le magazine italien du sport.

Quant à la France, le monde de l'éducation considérait que le sport était considéré comme "déséducatif" alors qu'une certaine gauche estimait le sport comme une pratique "bourgeoise".

Alors qu'en Angleterre le football est depuis la fin du XIX e siècle, une industrie se devant d'acheter, de vendre et de générer des profits, en France c'est en fait plutôt une idéologie reflet de la société.

On l'a vu le 12 juillet 1998, avec "toute la France", dite ivre de joie, fêtant sa première victoire en Coupe du monde derrière son équipe Black-Blanc-Beur, censée symboliser l'intégration.

On l'a vu aussi avec la grève de l'équipe de France de football lors de l'épisode de Knysna.

On l'a vu encore récemment avec les controverses sur le racisme.

Sans vouloir assommer de chiffres, l'organisation de la coupe du monde 1998 aurait couté au Comité Français d'Organisation près de 380 millions d'euros, et aurait généré près de 430 millions d'euros de recettes.

Bien sur cet évènement a aussi nécessité des investissements colossaux, dont près de 400 millions pour le Stade de France dont 50 % financé sur fonds publics.

En général l'INSEE ne note pas d'impact significatif sur la consommation des ménages pendant ces grandes compétitions européennes ou mondiales, on assiste plutôt à des substitutions d'achats ou à des anticipations.

Que devra-t-on retenir de cet EURO 2016, c'est tout d'abord qu'il y aura 24 équipes au lieu de 16 précédemment. Cela justifiera 51 matchs au lieu de 31.

Enfin cet Euro se déroulera sur une semaine de plus que les précédents.

Ce changement de paramètres devrait permettre d'augmenter les Recettes de 40%.

De la Valorisation des clubs de football

PSG: Nous n'oublierons pas dans ce "sport business" la vente totale du PSG, en juin 2011, à QSI, du prince Tamim bin Hamad Al-Thani, qui était le seul candidat à la reprise. Il admettait alors à l'époque le patron d'Eurazeo, associé à Colony Capital au sein de Colyzeo, le fonds d'investissement propriétaire du PSG avant la venue du Qatar.

Cette vente aux Qataris faisait suite à la vente en avril 2006, du club, par Canal + à un trio d'investisseurs méconnus du grand public et des supporters du club: Colony Capital, Butler Capital Partners (deux fonds d'investissements) et Morgan Stanley, une banque d'affaires anglo-américaine.

Morgan Stanley revendit ses 33 % durant l'été 2009, Colony Capital avait alors l'obligation de les acquérir... faute d'acheteurs.

La vente aura couté à QSI 40 millions pour les premiers 70 % et 29 millions d'euros pour le solde de 30 %.

FC Sochaux : Le groupe PSA Peugeot Citroën a officiellement confirmé le 6 juillet 2015 la cession du FC Sochaux à la société chinoise Ledus.

Le président de Ledus Monsieur Li Wing Sang, souhaite faire du FCSM une marque internationale pour "approcher de nombreux marchés".

Le club de football, figure de l'élite française (66 saisons), avait été relégué en Ligue 2 en 2014.

Il devient ainsi le premier en Europe à passer sous contrôle chinois. Ledus, est la filiale de la société Tech Pro Technology Development domiciliée aux îles Caïman, est cotée à la bourse de Hong Kong. Le montant de la transaction n'est pas encore connu!

Il semblerait que cette "industrie" qu'est le sport n'apparait pas encore comme un "business" en France, aucun plan gouvernemental global, ne semblant vraiment s'y intéresser. Les américains et les anglais ont eux déjà intégré cette donnée.

Il faut dire que les chiffres sur cette activité, semblent être très fragmentés en France, non consolidés, (nous vous en communiquons de quelques-uns dans ce billet).

Dans cette "industrie", il apparait que, comme souvent, les allemands et les anglais démontrent beaucoup plus d'intérêts, pour le business du sport.

Les anglais ont eux créé une structure, nommée UK sport, structure qui regroupe les grands évènements sportifs, les relations internationales (diplomatie) et aussi la performance sportive.

Notre idéologie nous interdit peut être de considérer le sport comme un business?

Si on s'intéresse à l'Europe, il y a aujourd'hui, un peu moins de deux milles équipementiers, générant près de cinquante milliard d'euros de chiffre d'affaires (indirect), proche de 3% du PIB européen, et employant cinq millions de personnes!

Globalement, le marché mondial (revenus directs & indirects) du sport est proche de 450 milliards de dollars, (directs 125 Mds ,indirects 325Mds) avec une croissance moyenne, depuis la crise, de plus de 3,5%, supérieure à la croissance moyenne des secteurs marchands.

Ce marché comprend (de façon directe) la billetterie, les droits TV, le sponsoring, le merchandising, et bien évidement (de façon indirect) la construction et maintenance, achats d'équipements et les impôts et taxes.

Les entreprises du sport, en général présentent une rentabilité bien supérieure aux entreprises des autres secteurs marchands, elles se doivent d'être compétitives et innovantes.

Il y a encore dans ce secteur de nombreuses pépites sous capitalisées, présentant des perspectives motivantes.

Cette activité, peut être liée aussi bien sûr, au développement touristique. Un investissement dans un club à forte notoriété, vous permettra de consolider votre investissement en créant, un centre de soin ou de remise en forme, une thalasso, dont l'activité/saisonnalité ne sera pas liée aux compétitions.

Quelques Chiffres sur le marché mondial du sport, revenus directs seulement:

  • Total Monde: 125 milliards de dollars
  • Amérique du Nord: 50 milliards de dollars
  • Europe + Moyen Orient + Afrique: 43 milliards de dollars
  • Asie Pacifique: 23 milliards de dollars
  • Amérique du Sud: 9 milliards de dollars
  • Provenance des recettes en pourcentage: entrées 32 %, sponsoring 32%, droits TV 24%, et merchandising 13%.

Les citoyens du monde ont tous aujourd'hui un temps disponible, plus important à ce qu'ils avaient auparavant.

Ce temps libre, rencontre une tendance: la convergence, le rapprochement entre le sport, et, les spectacles et divertissements, ce qui explique qu'en septembre 2015, la filiale sportive du groupe Lagardère, qui s'appelait alors, Lagardère Sports, ai changé de nom pour devenir Lagardère sports and Entertainment!

Les citoyens du monde sont aussi des consommateurs, d'où la très forte augmentation depuis quelques années, du sponsoring et des droits TV, qui sont des sources de revenus publicitaires pour les chaines.

Il est néanmoins clair que le développement d'outils numériques mesurant l'impact du sponsoring de ses évènements sportifs sur les achats est nécessaire, car encore aujourd'hui, on mesure mal, le retour sur investissements.

Ce qui a aussi tendance à se développer, dans le domaine sportif, comme pour les spectacles, c'est le "mix" des actions "post-évènements".

Cela permet d'approcher les fans et supporteurs, de faire du buzz sur les réseaux sociaux vecteurs de consommation, et surtout de créer des bases de données intelligentes, qui permettront bientôt de qualifier ces nouveaux prospects. Toujours le numérique.

Ne pas oublier, qu'aujourd'hui, pour de grands évènements sportifs, très couteux en salaires des grandes stars sportives, on peut encore remplir les stades, les arènes, ou les circuits, mais l'augmentation du prix des billets, peut avoir bientôt un effet dissuasif.

En parallèle, les sponsors si ils se trouvent confrontés à des difficultés pourraient revoir leurs budgets à la baisse.

Enfin la corruption de certains opérateurs ou sportifs, pourrait aussi freiner "l'envie", la motivation, des supporteurs.

Conclusion:

Comparé à de nombreuses activités, Le sport business a toujours un avenir radieux devant lui. Cela, tant que le prix des entrées ne sera pas totalement dissuasif, on imagine mal, les chaines de télévision payant des montants prohibitifs pour retransmettre des compétitions qui se jouent dans des stades vides, le sport est un business comme les autres!