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La mort de la conscience de la nation

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DEATH
Artem_Furman via Getty Images
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Au fait, je mens.

Depuis un moment, quelque temps, je ne ressens plus autant de douleurs face aux meurtres et crimes perpétrés par les terroristes.

Je ne sais même pas ce que j'éprouve sur le coup, c'est un drôle de mélange entre colère, tristesse, rage et envie de vengeance. Mais ça ne dure plus suffisamment pour que cela se cristallise en quelques sentiments que ce soient.

J'ai appris la nouvelle en écrivant un statut Facebook. J'ai foutu un petit somnifère à ma conscience.

J'ai prévu de préparer le dîner à 17h, de piquer une sieste avant, j'ai prévu de sortir ce soir. Tout cela sera fait comme si de rien n'était.

Le soir, si l'envie me prend de parler des deux frères Soltani, on me dira sûrement "brabbi yezzina menkadd" ("Soyons pas moroses!").

Je changerai de sujet et voilà tout.

L'annonce de la mort de Khalifa Soltani m'aura, à tout casser, privée de ma sieste.

Comme je ne dormirai pas je bombarderai ma liste d'amis de statuts dénonçant les promesses non-tenues, l'Etat voyou, les flics corrompus... Mais je ne serai ni triste, ni en colère, ni malheureuse, ni désolée, ni rien...

Je suis devenue ce que je hais le plus: une étendue de "rien" face à ces morts injustes.

Qui sait, peut être que le terrorisme ne tue pas que les corps mais aussi les âmes des sur-vivants.

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