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De nouveau, la stratégie du bourourou!

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Alors que tous les partis politiques, associations ou organisations de la société civile sont régulièrement confrontées aux tracasseries bureaucratiques et policières pour la tenue de la moindre réunion publique, des islamistes algériens, dont la généalogie salafiste et radicale est incontestable, organisent tranquillement de véritables assises pour la refondation de leur mouvement.

Le scénario de leur remise en scène est tellement flagrant qu'ils n'ont pas pris la peine de mettre en vitrine des figures nouvelles, des leaders plus soft ou moins marqués par l'image désastreuse des maquis des années noires de la guerre contre les civils ( et non pas de la guerre civile comme aiment à le répéter les faux amis des algériens).

A dessein très probablement, c'est leur chef militaire, Madani Mezrag, qui est à la manœuvre, d'abord pour annoncer un camp de vétérans, juste soucieux de se retrouver en potaches, et ensuite pour nous annoncer qu'un parti politique est en chantier, que mille délégués étaient présents et que le nom du parti est déjà trouvé. Contrairement aux habitudes, l'agenda du mouvement est déjà balisé à la manière d'un business plan selon l'article richement documenté de TSA du 28/08/2015.

Comme au milieu des années 80, les officines de la manipulation fonctionnent à plein régime car les nouveaux prix du pétrole affaiblissent considérablement le maintien artificiel d'une paix sociale et obligent les gouvernants à choisir entre le maintien d'un Etat régulateur, capable d'atténuer la détresse des plus pauvres et un Etat de prédateurs cupides et insatiables, déterminés à exténuer le pays jusqu'au chaos.

Même Farouk Ksentini, dont la vassalité est légendaire, pressent des violences sociales incontournables dès lors que l'Etat, en voie de démonétisation accélérée, ne pourra plus impunément construire n'importe quoi et n'importe comment en puisant dans ses réserves propres pour mieux alimenter les caisses occultes, ne pourra plus s'adjoindre aussi facilement des jeunes désœuvrés, convertibles en baltaguis le cas échéant, ne pourra plus augmenter ses fonctionnaires à la manière d'un grand-père qui distribue à ses enfants les gains heureux d'un loto.

"La crise est grave, Docteur ?"

"Oui, et elle est tellement grave qu'il va falloir encore prescrire préventivement du bourourou en djellaba et kalachnikov, libérer la hargne des prêcheurs, envisager une police des mœurs, organiser des prières partout, y compris sur les plages "

"Est-ce que ça peut durer longtemps Docteur ?"

"Le temps qu'il faudra pour terroriser les populations et empêcher la moindre riposte sociale", répond encore le Docteur.

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