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Bonne fête ?

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Quand on lit ou relit la superbe lettre ouverte d'Abdennour Bidar qui nous remet les yeux en face des trous en diagnostiquant lucidement les errances et les contradictions de l'Islam, peut-on encore sincèrement se souhaiter bonne fête ?

Comment se souhaiter bonne fête au moment où des monstres se prévalent si facilement de l'Islam aux quatre coins du monde, mettant en scène la pire des bassesses humaines ?

J'ai toujours pensé que la fête célébrait la tranquillité, voire la sérénité, des esprits. C'était lorsque les musulmans se sentaient fiers de leurs œuvres culturelles ou scientifiques, fiers de leur influence grandissante dans les affaires du monde, fiers de leurs médecins et de leurs astronomes, fiers de leurs bibliothèques et de leurs infatigables traducteurs dont les travaux finiront par insuffler la Renaissance puis les Lumières dans une Europe trop longtemps endormie à l'ombre tutélaire d'une Eglise rigide dont la doxa fut écrite, hasard de l'histoire, par un évêque Bônois.

J'ai toujours pensé que la fête renvoyait au sentiment de sécurité induit par la bonne gouvernance ou la prise en compte de l'intérêt général et la défense des plus pauvres ou encore par la satisfaction de voir ses propres enfants prospérer, apprendre et s'épanouir, loin de tout dogmatisme mortifère.

Alors comment se souhaiter bonne fête lorsque, au même moment, les musulmans, malgré toutes leurs dénégations, doivent péniblement assumer l'avènement de ces monstres islamiques qui défraient la chronique depuis plus de vingt ans déjà, beaucoup d'entre eux gardant de façon indélébile leur traçabilité wahhabite ?

Comment se souhaiter bonne fête au moment où l'Islam est curieusement balisé par les puissances de l'argent et les démons de l'inculture la plus intolérante ?

Comment se souhaiter bonne fête quand les musulmans, tous rites confondus, inventent eux-mêmes les trappes qui risquent de les faire disparaître durablement de l'histoire ?

Comment se souhaiter bonne fête lorsque l'Islam est malheureusement (aussi) incarné par les vociférations haineuses d'un muezzin de Raqqa, les délires criminels des frères Kouachi ou encore les ambitions urbanistiques démentielles des autorités saoudiennes dont l'intérêt spirituel se consume dans la cupidité et l'irrespect scandaleux des droits de l'homme ?

C'est pourquoi, vous me permettrez de ne souhaiter bonne fête à personne afin de ne commettre aucune indécence.

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