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Doucement mais sûrement ... Ainsi va Raconte-Arts !

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Une belle clôture pour Raconte-Arts ! Le festival international, dans sa 13éme édition, a touché à sa fin, dimanche à midi, à la placette Tajmait Ufella (Lieu de rencontres), au cœur du village de Souamaa.

Pendant huit jours, du 24 au 31 juillet, les activités culturelles ont été au rendez-vous, notamment avec la clôture en présence de"Khwan" du village de Djema­­a Sahridj, et une performance de l'artiste Denis Martinez, un des initiateurs de cet événement. Cette performance consiste en la réalisation d'une fresque gigantesque, entamée dés l'inauguration du festival.

Raconte-Arts a été créé au mois de juillet 2004 dans le village de Beni Yenni (Tizi-ouzou). Après Iguerssafen en 2015, la Ligue des arts cinématographiques et dramatiques de la wilaya de Tizi Ouzou a choisi l'ex-capitale du Royaume de Koukou, le village de Souamaa dans la daira de Mekla, afin d'y accueillir Raconte-Arts 2016 sous la jolie bannière "Il était une fois le royaume de Koukou".

Selon Hassan Mettraf, co-fondateur du festival, cette initiative est une réponse à la décennie noire et aux trois années de violences qui ont bouleversé la Kabylie pendant le Printemps noir. "Raconte-Arts est une volonté commune de sortir nos jeunes de leur morbidité ambiante et de leurs désert culturel imposé dans les années noirs. C'est aussi un message que nous avons voulu envoyer à nos responsables: on peut avoir une vie normale et instaurer une vie culturelle", dit-il.

Raconte-Arts se veut participatif et pour cela le village, d'une démographie de 3900 habitants a accueilli plus de 15.000 visiteurs, dont 350 ont été hébergé chez les résidents. Arezki Diche président de la LADC (la Ligue des arts cinématographiques et dramatiques) pense que Raconte-Arts est le seul festival organisé à la fois par les citoyens et les artistes. "Le secret de réussite de Raconte-Arts est cette superbe complicité avec les villages de Kabylie qui nous sollicitent pour monter le festival chez eux" explique-t-il. "Par exemple, le Comité du village de Souamma a pris en charge l'organisation et la logistique. Aussi, nous n'invitons pas d'artistes, ce sont eux qui viennent d'eux mêmes, sachant que l'on fait appel à participation dés le mois de mars de chaque année".

Pour rappel, cette 13éme édition a vu la participation de plusieurs personnes venus de dix pays, à l'instar de la France et le Congo."Notre objectif est de renouer avec l'animation culturelle pour revaloriser toute sorte d'expressions, et d'apporter de la proximité culturelle avec peu de moyens financiers mais renforcée par un engouement qui ne cesse de croître par l'époustouflant accueil que nous réservent les populations locales", précise Arezki Diche, tout en rappelant que le festival a peu de ressources. "Généralement, c'est l'APC et l'APW qui nous financent à l'exception de cette année. Nous avons reçu une aide de la part de certains organismes. Malgré ça, le budget est moindre par rapport à une telle manifestation, qui s'ouvre à l'international. Nous avons reçu des participants de Norvège, de France, d'Espagne, d'Italie, du Maroc, de Tunisie, de Mauritanie, du Congo RDC et du Congo Brazza".

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Au-delà de l'action culturelle qui a réuni plus de 7 disciplines artistiques, et 25 ateliers qui ont pris en charge plus de 300 jeunes, Tinhinane Makaci, journaliste et membre de l'organisation pense que le festival apporte une dimension sociale aussi, puisqu'il a tissé des liens entre des villageois et des festivaliers venus d'Algérie et des autres pays participants. "En ramenant la culture parmi nous, dans tous les villages et faire vivre des étranges pendant plus d'une semaine avec nous, on casse l'image de "l'ouverture d'esprit" souvent attribuée à la métropole. Ainsi, on démontre que les villageois considèrent l'étranger comme un roi et non pas un ennemi. Je crois que c'est à partir de ce principe que le festival Raconte-Arts s'est installé", estime-t-elle.

En une semaine d'effervescence culturelle, le village de Souamaa ne finira pas dans l'oubli. Puisque les dessins de Denis Martinez et Yasseur Ammeur (l'Homme Jaune) évoqueront pour les générations futures le passage d'un festival citoyen qui, sans doute, suscitera d'autres vocations chez les habitants de Souamaa. Retenez que la 14e édition de Raconte-Arts se tiendra l'année prochaine, au village d'Ath Ouabane dans la commune de Akbil, Daira de Ain El Hammam.

Doucement mais sûrement ... ainsi va Raconte-Arts !

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Ambiance du festival "Raconte-Arts"
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