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Liaisons dangereuses entre le "pays des droits de l'Homme" et la "puissance occupante"

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COLONIES JEWISH
THOMAS COEX via Getty Images
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Mardi 29 mars 2017, un rapport émanant conjointement de plusieurs organisations telles que la CGT, l'association France Palestine, la Ligue des Droits de l'Homme, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme ou encore FairFinance France, rapporte que plusieurs banques et assurances française financent la colonisation des territoires palestiniens par Israël.

Ce dernier fait suite à la très récente lettre adressée par l'Observateur permanent de d'Etat de Palestine auprès des Nations-Unis, Riyad Mansour, aux Présidents de l'Assemblée Général et du Conseil de Sécurité ainsi qu'au Secrétaire Général.

Daté du 13 mars 2017, le diplomate palestinien alertait ses collaborateurs précités que le gouvernement israélien poursuit "son programme de colonisation" et que celui-ci permet "la construction de milliers de nouveaux logements pour les colons, à l'intérieur de la ville occupée de Jérusalem et sur son pourtour, notamment à Chouafat, Beït Jala et Oualaja". Il affirme également que les colons travaillent à la construction de route à l'intérieur même du territoire palestinien dans l'objectif de relier les implantations en Cisjordanie au territoire israélien.

Le 23 décembre dernier, le Conseil de Sécurité de l'ONU adopta la résolution 2334 condamnant la colonisation des territoires palestiniens par Israël. Dans les heures qui suivirent, le gouvernement israélien annonçait des "représailles". C'est désormais chose faite ! Dans la nuit du 29 au 30 mars 2017, l'Etat Hébreu annonce une coupe de sa contribution budgétaire de l'ordre de 2 millions de dollars aux agences de l'ONU. La mission diplomatique israélienne à l'ONU affirme que cette mesure n'est que la première d'une longue série de représailles...

Le rapport en date du 29 mars révèle que cinq organisations financières (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, BPCE, AXA) détiennent des actions d'entreprises ou de banques israélienne qui participent au financement des colonies illégales, notamment en matière de construction d'usines, d'habitations ou encore de connexion aux réseaux téléphoniques et internet.

Ce dernier nous apprend également que la BNP Paribas, la Société Générale, LCL (du groupe Crédit Agricole) et Natixis (du groupe Banque-Populaire - Caisse d'Epargne) ont accordés des prêts à hauteur de 288 millions d'euros, s'étalant sur une période allant de 2004 à 2020, à l'entreprise publique Israël Electric Corporation -qui gère l'approvisionnement en électricité l'ensemble des colonies- pour le projet d'extension de deux centrales électriques au gaz.

Le rapport responsabilise l'état Français au niveau du droit international, de l'obligation de protection de droits humains contre la violation de ceux-ci par des tiers et en tant qu'actionnaire d'Alstom à hauteur de 20%.

Le 22 mars, le candidat du mouvement En Marche, Emmanuel Macron assura, lors de la réception au CRIF -Conseil Représentatif des Institutions Juives de France- qu'il ferait modifier s'il était élu, la résolution de l'UNESCO sur Jérusalem qu'il a qualifié d'"erreur historique". Rappelons que cette résolution visait à reconnaître le caractère musulman des monuments palestiniens. En d'autres termes, ne plus utiliser l'expression "Mont du Temple" pour désigner l'"Esplanade des mosquées".

La 8 août 1996, le Congrès américain adopta la loi dîtes "Amato-Kennedy", qui interdit aux entreprises du monde entier d'investir plus de 40 millions de dollars par an dans le secteur des hydrocarbures en Iran et en Libye.

Au printemps 2015, la banque française BNP Paribas fût condamnée à une amande record (8.9 milliards de dollars) pour avoir fait transférer de l'argent pour le compte de ses clients Iraniens, Cubains et Soudanais via les USA.

Sources: Moyen-Orient 32, Monde Diplomatique 754, Rapport de la FIDH, Communiqué de l'Assemblée Général du Conseil de Sécurité, Résolution UNESCO et Le Monde.

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