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Lettre à la Syrie

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SYRIA
Anadolu Agency via Getty Images
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Vendredi 07 avril 2017, 02h01. La Syrie me hante, le cauchemar est réel. Ce qui, autrefois, cessait lorsque nous ouvrions les yeux, continue, depuis plus de cinq ans ; l'horreur est bien là, éveillé ou endormi. Des tas de questions se bousculent dans ma tête, sans trouver réponse.

Je ne suis ni "pour" Bachar, ni "pour" les rebelles. Je suis le peuple syrien. Sur une même image, deux discours, où donner de la tête, qui croire ? Des actes inhumains dans les deux camps : bombardements, boucliers humains, attaques aux armes chimiques...

Je vois ces derniers jours, beaucoup de personnes, de personnalités, de médias, accuser le gouvernement syrien de crime de guerre, avec pour crédit, une image endeuillée d'Khan Cheikhoun, d'autres, le supporter en soutenant l'innocence du régime. Alors c'est ça, choisi ton camp et défend-le, en tirant profit d'images du peuple martyr, dans le but de toucher les gens et les faire adhérer à ses propos.

J'entends, d'un côté, "le régime tue et massacre les civils", de l'autre, "les rebelles utilisent les civils". Choisi ton camp. Chacun dit défendre le peuple, mais au final, les deux l'agressent. Chacun des camps utilise le peuple pour justifier les atrocités qu'il commet.

J'entends dans certains gouvernements "Assad doit partir". Ce qui est insupportable, c'est cette non-ingérence dans une crise, qui est avant tout, politique. La seule chose qu'ils se doivent de faire, au nom de la démocratie, de la liberté des peuples, au nom de la paix, de l'humanité, de toutes les valeurs prônées dans ces pays, c'est éradiquer le terrorisme, avec l'aide de toutes les organisations qui le combatte, étatique ou non, puis, une fois la situation stabilisée, laisser le peuple choisir son président.

Mais, une étape, a semble-t-il, été oubliée. Qui est terroriste ? Avant de lutter contre le terrorisme en Syrie et dans le monde, définissions, OBJECTIVEMENT et unanimement, dénué de tout intérêt, ce qu'est un terroriste, car un terroriste chez l'un, ne l'est peut-être pas chez l'autre...

Au fond, si le but des deux camps est la liberté du peuple, pourquoi ne pas jeter les armes, faire une trêve, une vraie, une pause dans l'horreur, et organiser des élections -démocratiques bien-sûr- sous contrôle des organisations internationales compétentes. Ainsi le peuple aura parlé, aura décidé, et aucune contestation ne sera possible. Proposition utopique bien entendu et trop compliquée à organiser, car quand le pouvoir est en jeu, le peuple ne compte plus.

Un gouvernement qui reprend ce qui, après tout, lui revient de droit, car les "zones rebelles" reste en Syrie, pays ayant un gouvernement, certes contesté, mais à quel prix ? Une rébellion souvent composée de groupes djihadistes, voulant créer un nouvel état, négligeant une opposition attachée à son pays, mais gouverné par d'autres personnes, et à quel prix ?

Comment aspirer à un monde meilleur, quand certains pays se vantent d'être les meilleurs vendeurs d'armes, quand ces mêmes armes, tuent des peuples innocents.

Je retourne me coucher, rêvant à un monde de paix, en sachant qu'aux quatre coins de cette si belle et précieuse planète, c'est la guerre.

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