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Stop au "Je ne mange pas ci, je ne mange pas ça": Voici mes astuces pour contourner le "Trouble de l'alimentation sélective"

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KIDS FOOD
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"Je ne mange pas ci, je ne mange pas ça". Combien cette phrase peut-elle irriter de parents? Ou alors, vous même, adulte, vous sentez-vous concerné?

Certaines personnes sont difficiles, voire exigeantes, ou peut-on même aller jusqu'à dire, pourries gâtées, des fois. Mais ce ne sont peut-être pas les bons termes.

Pourtant, c'est ce que j'ai entendu toute ma vie. "Ah arrête avec tes manies! Mais tu dois bien manger! Ça va t'affaiblir sinon. Tu n'auras plus de forces. Regarde les autres enfants, ils arrivent très bien à manger les oignons! Mais vas-y goûte, c'est très bon, tu sais pas ce que tu rates".

Les parents, ça les inquiète, ils culpabilisent même. Moi, ça a commencé à m'inquiéter aussi, mais après une bonne vingtaine d'années. Avant, c'était sans espoir.

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Mais il se trouve qu'il y a une solution à tout. De mon côté, j'ai trouvé les bons gestes, afin de remédier à cette situation qui, curieusement, peut-être extrêmement agaçante, autant pour la personne elle-même, que pour son entourage.

Je ne suis ni spécialiste en nutrition, ni en psychologie de l'enfant... Mais je suis passée par là. Aujourd'hui, je fais des efforts, consciente de ce qu'on appellerait bien "trouble de l'alimentation sélective". Bonne nouvelle, il n'est pas difficile de le contourner.

"Adresse-toi à celui qui a de l'expérience plutôt qu'à un médecin" ("es2el el mjarreb w ma tes2elch el tbib"), dit le proverbe.

Je ne prétends pas détenir la potion magique, mais j'ai quelques astuces, que j'espère, pourront vous servir.

Je raconte un peu ma vie

Toute petite, jusqu'à l'âge de 4 ans peut-être, je mangeais de tout. Je donnais même des petits noms sympas aux aliments, que j'adorais vraiment trop, semble-t-il.

Petit à petit, ces mêmes aliments, j'ai commencé à les refuser. Mes parents ont commencé à s'inquiéter, essayant des fois à m'obliger, surtout pendant mon adolescence, quand je ne mangeais presque plus que le jambon et le fromage, les pizzas et les sandwichs (très peu garnis), les lasagnes et un tout petit nombre d'autres plats. Bref, si je devais dresser une liste, celle des aliments que je détestais manger serait de loin la plus longue.

Ils m'ont même emmenée voir un psy une fois, qui a essayé de me convaincre, d'une façon très cartésienne, de l'importance d'une alimentation riche et variée. Non mais franchement, je ne sais pas si c'est parce que je suis très têtue, ou qu'il me fallait beaucoup plus de maturité pour comprendre. En tout cas, ça n'a pas marché.

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Un jour, il était devenu inévitable pour moi de changer mes habitudes alimentaires. Sans pression aucune, sauf celle d'un manque énorme d'énergie.

Ce n'est qu'à l'âge de 25 ans que j'ai, pour la première fois de ma vie, touché à des oignons. C'est à l'âge de 27 ans que j'ai goûté aux courgettes et aux épinards. Maintenant, j'en mange régulièrement.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

Tout d'abord, il ne faut pas penser que vous êtes seul dans tout ça. Ou alors, votre enfant, non, il n'est pas unique, ou différent.

J'ai pu écouter plusieurs témoignages, autour de moi, ou sur internet, de personnes aux goûts culinaires très difficiles.

Il y a même cette fille qui ne mange jamais de plats où les aliments y sont mélangés. Par exemple, si elle veut des lasagnes, elle aura dans son assiette les pâtes séparées de la sauce béchamel, séparée de la sauce tomate, séparée de la viande hachée, séparée du fromage, séparé de... j'arrête, vous avez sûrement compris.

Il ne faut pas vous obliger, ou obliger quelqu'un, à manger quoi que ce soit. Si on n'a pas envie, c'est qu'il y a bien des raisons. En plus, ça ne donne pas de résultats.

Il ne faut pas culpabiliser par rapport à ceci. Chacun a son propre rapport avec la nourriture, il faut juste trouver la bonne formule.

Il faut comprendre le pourquoi de ces refus

Dans mon cas, j'ai finis par faire l'analyse totale, peut-être tardivement, pourtant c'était évident. J'ai, en effet, soit un problème avec la texture, soit avec l'odeur ou, étrangement, le nom qu'on donne au plat. Parfois, c'est le tout.

"Mar9et 9ra3" (sauce à la courge), "Mar9et Khodhra" (sauce aux légumes), "Bsal" (oignons), "9adid" (viande séchée à la tunisienne), etc. Franchement, ça ne me donne pas envie, ça me faisait peur, limite!

L'odeur des oignons, du poisson avant sa cuisson et j'en passe, ça aussi, j'ai du mal à apprécier.

La texture de la viande et de tout aliment visqueux, ça me donne la nausée tout simplement.

Tout ceci n'a pas changé. Mais ce qui a changé, c'est ma façon de préparer les plats, de cuire certains aliments.

Autre point qui peut être fructueux, c'est de faire la cuisine soi-même ou d'y participer.

Le fait de savoir ce qu'il y a exactement dans son plat peut vraiment aider. Cuisinez vous-mêmes vos plats, ou bien, si c'est votre enfant qui rejette certains aliments, faites-le participer.

La bonne recette

En effet, je me suis rendue compte que ce que je n'aimais pas, ce n'était pas l'aliment en lui même, c'était la façon de le cuire et aussi, de le présenter. Il faut donc chercher à trouver la bonne recette.

Si je ne mange pas la viande en morceaux et surtout pas la viande d'agneau (trop fort), j'arrive très bien à manger, et j'adore même, la viande hachée, la viande séchée (Jerky beef), les hamburgers fait-maison, les merguez quasi-grillés, le blanc de poulet ou encore l'escalope coupé en petits bouts. Le poisson, je ne le mange qu'assaisonné avec du sel et du citron. Essayez cela, vous allez peut-être aimer.

Je me suis aussi réconciliée avec les oignons. Eh oui! Quand je les ai goûtés pour la première fois, j'étais agréablement surprise par leur goût sucré. Je parle là des oignons caramélisés. Maintenant j'en mets un peu, car je trouve toujours que ça a un goût fort quand même.

Les courgettes et les aubergines sautées au beurre, ou grillées à l'huile d'olive, j'en raffole maintenant.

Le "Borghol", je refusais de le manger à cause de son nom, alors que je ne savais même pas à quoi il ressemblait. Un ami m'a conseillé de le cuire façon riz. Il m'a décrit son goût et sa texture. J'ai pris mon courage à deux mains et je l'ai préparé moi-même, en y ajoutant de la crème fraiche et moutarde, des légumes sautés, du fromage, de la viande hachée, des poivrons (toujours et toujours des poivrons), etc.

  • Malek Ben Slimene
  • Ayda Labassi
  • Malek Ben Slimene

Voilà, tout est question de goût finalement. Mais surtout, on peut être fine bouche, tout en répondant à ses besoins nutritionnels ou énergétiques. Pour résumer le tout, il suffit de présenter de jolis plats, de varier la manière de cuisson jusqu'à trouver celle qui nous va, peut-être continuer à donner des petits noms mignons aux aliments.

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