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La crise de la mi-vingtaine

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Ce désir irrépressible de découvrir le monde, de se sentir en vie...

Je suis une personne de contradictions. J'adore voyager, mais lorsque je pars trop longtemps et seule, je sens qu'il me manque quelque chose pour être complète: j'ai besoin d'avoir une vocation, de trouver quelque chose qui fait du sens à mes yeux. Par contre, lorsque je retourne à l'école ou lorsque je retourne au travail, je deviens très rapidement malheureuse et tout ce que je veux est de m'exiler, de me retrouver perdue dans la nature, de vivre l'excitation de la nouveauté, d'être perdue dans une ville inconnue, de vivre des sensations fortes. D'être libre, quoi.

Comment concilier les deux? Est-ce parce que j'ai choisi la mauvaise vocation? D'autres diront que je cherche à fuir? Fuir quoi? Est-ce normal de se sentir constamment incomplète, insatisfaite? D'avoir si peur de la routine?

Cette sensation d'étouffer.

Cette urgence de vivre.

La peur de la mort, la peur du temps qui passe si vite, si vite... Comment donner un sens à sa vie? Comment concilier le fait de devoir faire des études pour faire ce qui nous plaît réellement, ce qu'on choisit comme emploi qui fait du sens à nos yeux, qui donne une vocation professionnelle à sa vie, tout en vivant à 100% le moment présent comme s'il n'y avait pas de lendemain? Parce que s'il n'y avait pas de lendemain, on s'entend que je quitterais assez rapidement ma salle de cours!

Il est où le juste milieu? Est-il vraiment possible? De travailler 35 heures par semaine pour pouvoir avoir l'argent, pour s'acheter une maison, pour subvenir aux besoins de ses enfants, tout en ayant la liberté de voyager, de vivre pleinement?

Est-ce que ces limites viennent du capitalisme, du système dans lequel on vit, ou est-ce qu'en fait certains d'entre nous sont bien dans cette routine et dans ce développement de carrière?

Pourquoi est-ce que j'ai toujours l'impression que la majorité des gens de mon entourage sont comme des petits moutons qui suivent le chemin qui leur a été dicté, et que peu d'entre eux sont inconfortables dans cette situation, alors que moi je suis à côté et je les regarde passer sans être capable de suivre le troupeau?

Les choses qui font du sens et qui ont de l'importance à leurs yeux sont le niveau de scolarité, le bel appartement ou la belle nouvelle maison, la nouvelle émission à la télé, le nouveau cellulaire qui vient de sortir, le travail, la routine, les horaires et, pour certains, le désir de partir en voyage, le sport....

Alors que pour moi, dans ma bulle, la seule chose qui est importante, c'est de faire un sens à ma vie.

De trouver une façon de me sentir vivante, d'être heureuse, de vivre pleinement, de voyager, de vivre des sensations fortes, de trouver un emploi qui ne me donne pas envie de tout lâcher après quelques mois. De retrouver un certain équilibre.

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