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13 ans...

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13 ans... l'âge des éternelles rêveries! Foudroyé, souillé, violé! Oui violé. Trêve de balivernes... Il a vingt ou vingt-et-un ans, elle n'en a que treize. Cela s'appelle du viol. Et ils s'y sont mis à plusieurs.

Le criminel tout d'abord, le Don Juan... faites-le monter à l'échafaud et décapitez-lui l'infect tentacule qui lui pend entre les cuisses! D'un coup ... Chlak! Et qu'on en parle plus.

Ses parents ensuite... Tout aussi complices. Cet honneur si sacré qu'ils pensent préserver en servant leur fille en offrande à son bourreau se paie au prix d'une âme humaine, et pas n'importe laquelle! Une âme à l'aube des premiers murmures, une âme qui n'est coupable que de sa propre candeur. Ça les poursuivra jusqu'à leur dernier souffle sur cette terre, et puis encore tout en bas à se faire bouffer leur chair moisie par les insectes, qu'ils y pensent là-bas aussi à leur saleté d'honneur.

La justice également... Cette machine sans cœur et sans cervelle, crevassée par la bêtise et l'immondice. Cette machine qui ronge, qui infeste, qui broie. A sa tête, le juge qui a agréé ce mariage. Il a suivi la loi en vigueur? Qu'il se la carre là où je pense sa loi et qu'il se torche avec sa robe. Voilà qui est dit.

Une partie de la société enfin. Celle qui considère que les femmes portent déjà en elles l'origine de leurs propres offenses. Celle qui pense que le corps de la femme est un hymne au blasphème. Celle qui se cache derrière des apitoiements convenus pour mieux poignarder par la suite. Celle qui, à travers sa domination culturelle perfide, a permis qu'une telle loi survive au souffle des décennies.

Les gouvernants de ce pays doivent abroger au plus vite cet article "227 bis" et avec lui bien d'autres abominations qui souillent notre code pénal. Que de temps perdu... Que de destins brisés.

Sauvons ce qu'il reste à sauver.

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