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Les livres de classe de nos enfants: Utiles ou... plutôt encombrants?

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Alors que la rentrée scolaire pointe son nez dans un contexte social mouvementé, l'éternelle question de la taille, du poids et surtout du contenu de certains livres scolaires se pose toujours avec autant d'acuité aux parents désemparés devant la lourdeur des cartables et les dos souffrants de leurs enfants.

Je prendrai essentiellement pour exemple les livres de sciences physiques au niveau du collège. Mais mon plaidoyer vaut autant pour les livres de mathématiques, de sciences naturelles, ou les livres de calcul de nos bambins de l'école primaire. J'ai dû plus d'une fois faire face au découragement d'élèves qui devaient y préparer une leçon ou simplement essayer de faire leurs devoirs. Il est clair que ces livres sont trop volumineux pour des enfants de cet âge-là. Quant aux leçons, elles sont écrites en arabe (j'y reviendrai) d'une écriture dense en petits caractères (rébarbatif!),et composées de paragraphes touffus pour expliquer des phénomènes élémentaires et simples qui auraient dû éveiller la curiosité naturelle des enfants en étant plus ludiques. En lieu et place une leçon rebutante et des enfants d'abord vite découragés et ensuite (plus grave!) démotivés.

Soutien scolaire généralisé, synonyme de déséquilibre

Ces pré-adolescents, qui devraient pourtant commencer à faire l'effort d'utiliser seuls leur support de classe, sont mis en échec, et beaucoup d'entre eux n'essaieront malheureusement plus de faire cet effort pourtant essentiel pour la suite de leur scolarité. Ils deviendront le plus souvent d'éternels assistés à cause du soutien scolaire à outrance, auquel les parents culpabilisés auront recours pensant agir pour le bien de leurs enfants.

D'ailleurs, ce phénomène de "soutien scolaire" (ou "étude") généralisé pour presque toutes les matières s'étend jusqu'aux premières années de l'école primaire. Ce qui est significatif d'un grave déséquilibre du système éducatif. Ne croirait-on pas que les enseignants ne sont plus en train de faire correctement leur travail en classe? Ou bien est-ce les programmes qu'il faudrait remettre en cause? La sonnette d'alarme doit impérativement être tirée à ce niveau-là aussi! Moins d'heures en cours supplémentaires et plus de temps pour jouer et faire du sport est vital pour l'équilibre de nos enfants. Je ne m'étendrai pas sur les exercices de physique souvent si mal posés que même des adultes s'y perdraient, ni sur le niveau de compétence pédagogique de certains professeurs... Bref, nous assistons depuis plusieurs années à la dévalorisation quasi-institutionnalisée du système éducatif et à la mise en échec systématique de toutes les parties: élèves,parents et enseignants.

D'une pierre, deux coups

L'autre point, à mon sens primordial, à propos de ces livres qui vont du primaire jusqu'à la fin du collège: ils sont écrits en arabe dans un effort (louable) d'arabisation. Pourtant, à mon avis, l'origine du mal vient en grande partie de là. Je me demande souvent comment et par qui sont faits ces livres, et je pense que c'est criminel, le mot est fort j'en conviens, de condamner des générations d'élèves qui penseront souvent à tort qu'ils sont nuls et qui finiront par détester les livres et l'école. Ce n'est sûrement pas le but de la manœuvre, n'est-ce pas?

Si l'arabe fut autrefois le langage de la science, c'est très loin d'être le cas aujourd'hui. Je propose donc que l'on revienne urgemment à des livres écrits en français en langage clair, aéré et accessible. D'ailleurs, à partir du lycée, ces matières sont enseignées en français jusqu'au baccalauréat et plus tard à la faculté. Le passage du collège au lycée, donc de l'arabe au français, a toujours été pénible et fastidieux pour une majorité d'élèves. On ferait alors d'une pierre deux coups puisque le niveau en français s'améliorerait forcément!

Laissons donc aux professeurs de littérature le soin de réapprendre aux enfants la beauté de la poésie arabe.

Il serait judicieux de faire appel à des spécialistes en éducation d'autres pays comme par exemple la Finlande, qui est classée première mondiale sur le plan éducationnel aux niveaux primaire et secondaire. Dans les années soixante, une collaboration tuniso-finlandaise avait vu le jour pour former des ingénieurs forestiers tunisiens. En 2013, nous aurions besoin de leurs compétences, non plus pour reboiser notre pays(quoique...) mais pour nous aider à optimiser l'éducation scolaire de nos jeunes pousses et les faire entrer dans le vingt et unième siècle par la grande porte.